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ARTS,

MÉTIERS ET CULTURES

DE LA CHINE.

1 | 4 |

——

IMPRIMERIE DE LE NORMANT.

ARTS MÉTIERS ET CULTURES

DE LA CHINE, REPRÉSENTÉS DANS UNE SUITE DE GRAVURES

EXÉCUTÉES

D'après les Dessins originaux envoyés de Pékin, accompagnés des explications données par les Missionnaires français et étrangers, pensionnés

par Louis XIV, Louis XV et Louis AXVL.

ART DU VERNIS,

PAR LE P. D'INCARVILLE.

>) A l ÎA RIS 9 NEPVEU, Libraire, Passage des Panoramas, 26. se D

1814.

CTÉLTELI T1 1 111111 1111111.

AVIS.

A U lieu d'employer le ta-

lent des artistes à orner des productionssemblables à celles que chaque hiver voit naître et mourir, nous croyons l’uti- liser d'une manière aussi in- iéressante pour eux qu'agréa- ble pour le public, en faisant paroître , d’après les dessins et les manuscrits envoyés par les savans missionnairesen Chine, plusieurs suites d'arts et mé- üers, On ne sera pas réduit,

ET

6 AVIS.

en voulant offrir des présens ; à n'avoir qu'à tourner dans le même cercie. N’auroit-on ja- mais à présenter à la jeunesse que des productions l’agré- ment se irouve si rarement à côté de la morale; à nos dames et aux gens du monde, que les insipidités poétiques inhumées tous les ans dans des

ouvrages éphémères, ou les

compilations historiques, si rebattues , si tourmentées et si dénaturées par les formes du roman ?

Nous croyons offrir , en pu- bliant cette suite, des objets

AVIS. 7

? 1 Nasa CN 4 dignes d’une curiosité soute- nue , et qu'un examen plus ré-

fléchi ne réléguera pas dans

les antichambres. Les Anglais

ont publié- des livres de ce genre dont le luxe et le format, souvent Z7-folio, ne permet- tent pas l'acquisition à la plupart des lecteurs.Leur com- merce si étendu , si suivi avec l'Asie, ne leur à jamais pro- curé des objets aussiintéressans que ceux que nous obtenions, avant la révolution, du zèle éclairé de nos missionnaires. La puissance navale des An- glais, l'or dont ils sont si pro-

& AVIS.

digues , ne leur rapportent que

ce que le commerce peut

vendre. Ils n’obticnnent à Can- ton, seul endroit qu'il leur soit permis de visiter, que des thés , des laques, des porce- laines, des peintures brillantes à la vérité, mais qui ne sont que les produits des manufactures particulières. Aucun de leurs ministres, de leurs ambassa- deurs, n'a pu réunir, comme M. Bertin, comme le duc de Chaulnes, et même comme le libraire Delatour, des ma- nuscrits précieux sur l’his-

toire , les arts et la littérature,

AVIS. 9

des dessins exécutés d’après

les demandes positives d'Eu-

rope , par les Panzi, les Cibot,

et les artistes chinois attachés au service de l'Empereur lui- même. Le texte de l'ouvrage que nous donnons a été écrit par le P. d’'Incarville, sous la dictée, pour ainsi dire, d’un des ouvriers attachés au palais, et qui a travaillé momentané- ment pour le compte de la mai-

son des Jésuites,

Vérnus

Un puche la &rre., on 2amasre des fe

ls branches eut veloppees a qu e et dispose

aux pds des arbres à Vérnis. On scie boutures et on va les planter

L'ART

DU VERNIS DE LA CHINE.

PV AANARARANANAAAAANAANAAANAA AAA

lre PLANCHE.

On pioche la terre, et on amasse des feuilles aux pieds des arbres à vernis. On scie les branches enveloppées d’ar- gile , et disposées pour boutures, et on va les planter.

Ox sait maintenant, en Europe,

que le vernis de la Chine n’est point

L'ART

DD

H

une composition, mais une gomme ; ou résine qui coule d’un arbre que les Chinois appellent ési-chou, ou arbre du vernis.

Cet arbre croit dans plusieurs provinces méridionales de la Chine ; il croît, sans culture, dans les mon- tagnes : on en trouve dont le tronc a un pied et plus de diamètre. Ceux

que l’on cultive dans les plaines , et

sur quelques montagnes, ne viennent

S Chinois les épuisent ; aussi ces

guère plus gros que la jambe : les

arbres ne durent pas plus de dix ans.

L'arbre de vernis reprend facile

ment de bouture. Dans l’automne,

on remarque les branches dont on

veut se servir pour transplanter ; on

les entoure de terre détrempée un

peu ferme, à quelques pouces de

DU VERNIS. 13

l'endroit l’on veut couper la branche ; on forme de cette terre une boule grosse comme la tête ou en- viron, on l’enveloppe de filasse , ou de linge, pour contenir le tout jusqu’au temps des gelées; on arrose de temps en temps la boule de terre pour l’entretenir fraîche ; la branche pousse des racines : au printemps, on scie cette branche au-dessous de la boule de terre, et on la trans- plante. ( Voyez la planche n°. I.)

Cet arbre vient également bien en

pleine campagne comme sur les mon-

tagnes, etle vernis en est tout aussi bon, pourvu que le terrein soit bien situé. Les arbres qui n’ont pas une bonne exposition, ou qui sont plus à l'ombre, donnent plus de vernis,

mais moins bon, Cet arbre ne de-

o

EL

14 L'ART mande d’autre culture que de re- muer un peu la terre au pied , et d’y rassembler des feuilles, qui, en pourrissant, lui servent de fumier, ainsi que le représente la planche n°. [Cet arbre a l'apparence du frêne par la feuille et par lécorce. Il s’élève à la hauteur de quinze pieds. Le vernis se recueille en été : si c’est un arbre cultivé, chaque année on en tire trois fois du vernis ; celui de la première fois est meilleur que celui de la seconde, et celui de la seconde meilleur que celui de la troisième. Si ce sont des arbres qui croissent sans culture dans les mon-— tagnes, on n'en tire qu'une fois par an; ou si on en tire trois fois dans une année, on les laisse reposer

trois ans sans en tirer,

DU VERNIS.

VAAIMAANAAAANANANANAAAAAAAAAAAAN AAA UWMAANA AY

II: PLANCHE.

On récolte le vernis en faisant des inci- sions aux arbres et en y plaçant des coquilles. On verse le vernis que con- tient chaque coquille dans des seaux

de bambou.

Pour faire sortir le vernis, onfait,

avec un couteau, trois entailles dans l'écorce de l'arbre jusqu’au vif, sans lever cette écorce : ces trois entailles forment un triangle dont la base est opposée aux branches. A la pointe

2.

16 L'ART

opposée de ce triangie on insère une

petite coquille de moule de rivière. Cette coquille est de la grandeur de nos écailles d’huîtres; elle reçoit Ja liqueur qui en découle de deux lignes collatérales du triangle; et c'est ce qui se pratique aux arbres cultives. Quant aux arbres sauvages, on fait une entaille dans l'arbre avec la hache, comme on fait en Europe pour tirer la résine du pin. On peut farre jusqu’à vingl entailles à ces gros arbres ; mais aux arbresculiivés, on y place au plus trois ou quatre coquilles à la fois, et l’on fait de nouvelles entailles à chaque fois qu'on veut tirer du vernis.

Il arrive quelquefois aux gros arbres sauvages, qu'après y avoir

fait des entailles, le vernis ne coule

DU VERNIS. 17 pas : il faut alors humecter un peu l'endroit par doit couler le vernis, Pour cela'on se p'écautionne desoies de cochon; l'on cn prend quelques

brins que l’on mouille, au défaut

d’eau, avec de la salive, etl'on passe

à 2 y } s L ces soies sur l’endraït, lequel, en LA | s humeclant, ouvre les pores de ; : E l'arbre dans cet endroit, et facihte | le passage au vernis. ) A Quand un arbre sauvage paroît épuisé, et qu'on n'espère plus en tirer de vernis, on en entoure la cime d’une petite botte de paille; on ÿ met le = : * Se ! u leu, et tout ce qui reste de vernis dans 1h ire dll en arbre se précipite dans les entailles qu on à faites en quantité en bas de cet arbre. Ceux qui vont recueillir le vernis partent avant ie jour; au petit Jour ils placent leurs coquilles.

2

18 L'ART

Chaque homme n’en place guère qu’un cent. On laisse ces coquilles environ trois heures en place ; après quoi on ramasse le vernis qu'on y trouve, commençant par la première placée. Si on laissoit ces coquilles plus long-temps en place, le vernis en vaudroit mieux, mais il dimi- nueroit , Le soleil évaporant l’aqueux qui s’y trouve; ce ne seroit pas le profit du marchand.

Ceux qui recueillent le vernis portent pendu, à leur ceinture, un petit seau de bambou dans lequel ils font tomber le vernis. Pour le faire tomber , ils humectent un doigt en le passant sur la langue, et en es- suient la coquille; le doigt étant

mouillé le vernis ne S'y attache point,

U yen a qui se servent d’une pe-

DU VERNIS. 19

dite spatule de bois qu'ils trempent

dans l’eau, ou qu'ils passent sur la langue, pour faire tomber le vernis des coquilles. Ce que chacun a ra- massé dans son petit seau, ille porte chez les marchands, on le ren- verse dans des barils. Ces seaux et ces barils sont soigneusement cou- verts d’une feuille de papier, comme les confiseurs couvrent les pots de confitures d’une feuille coupée en rond pour entrer juste dans le pot. Ceux qui ramastent le vernis ne se donnent pas la peine de couper ainsi le papier; mais ils lPappliquent exactement sur tous les bords du vase, pour que le vernis se conserve mieux, et qu'il n’y entre point d'or- dures. Leur papier qu'ils nomment

mau-theou-tchi, est très-commode

20 L'ART

A. " à pour cela : ilest fait de chanvre. Il faut prendre garde , en couvrant et découvrant les vases qui contiennent le vernis, de s’exposer à sa vapeur : on tourne le tête pour | eviler; sans cette attention l’on courroit risque 1 at te Rial . ae gagner 10S clous de Vernis. Lis OL assez de rapport avec ceux que cause L ] : à ë S l'herbe à puceen Canada, avec celte différence qu ils sont plus doulou- re: x et causent une chaleur insup- porlabie, et du gonflement aux parties de la génération. Pour apai- ser le feu de ces sortes de clous, avant qu'ils soient aboutis, on les r * s [: r = A 2

lave avec l'eau fraîche ; mais quand ils sont percés, on les frotte avec le jaune qui se trouve dans le corps

des crabes, ou, à son défaut, avec

la chair des coquillages, qui, par sa

DU VERNIS. 21

grande fraîcheur, soulage la douleur, Très-peu de ceux qui travaillent au vernis sont exempts de ces sortes de clous. Ce qu'il y a de singulier, cest que les gens vifs et colères les gagnent plus facilement que les

phlegmatiques; quelques-uns de ces

derniers n’en ont jamais été attaqués,

Pour conserver le verms, on place les vases qui le contiennent dans des caves fraîches et peu humides ; étant bien couvert, il s’y conserve tant qu’on veut.

Le vernis ,quandil sortdel’arbre, ressemble à de la poix liquide; ex- posé à l'air, sa surface prend d’a- bord ue couleur rousse ; et, peu après, il devient noir, mais d’un noir non brillant à cause de l’eau

qu'il contient,

22 L'ART

Les Chinoisdistinguent trois sortes de vernis, le nien-tsi, le si-tsi et le kouang-isi , les trois mots, nien-tsi, et kouang, sont trois noms de villes principales d’où se tirent les trois es- pèces de vernis, savoir : nien-tcheou- Jou, si-tcheou-fou, et kouang-tcheou- fou. Tcheou--fou signifie ville du pre- mier ordre.

Le nien-tsi et le si-tsi, sont les deux espèces de vernis qu'on-em-— ploie pour faire le vernis noir. Le nien-tsi seul vaudroit mieux, mais

il est très-difficile d'en trouver de

pur. Les marchands y mêlent du

si-tsi.

Le canton se recueille le nren- si est de peu d’etendue. Aussi ne peut-il suflire à tous les ouvrages

de vernis qui se font à la Chine. Le

DU VERNIS. 23

nien-tsi est d'un noir plus brillant

que le si-tsi. Il coûte, à Pekin, en-

viron cent sous la livre. Le sé-4si n’y coûte que trois livres. Le kouang-tsi tire sur le jaune; il coûte, à Pékin, neuf livres ; ilest plus pur, et con- tient moins d’eau que le nien-tsi et Je si-ts1. Il a un autre avantage, c'est que, pour l’employer, on y mêle environ la moitié de fong-yeou, qui est un autre vernis , OU plutôt une huile très- commune à la Chine, qui, sur les lieux elle se recueille, ne coûte que deux ou trois sols la livre. Elle ressemble à de la téré— benthine. Si le kouang-tsi est très- pur, on met plus de moitié de tong- yeou; sil est chargé d’eau, on y en

mêle moins de moitié.

Derrus

ÆEvaporakon du Vernis. Hule de le quon cu sur

dans une cuiller de fèr de l'arsente qu'on doit me 4

2 feu pour la rendre sicalioe. Preparation

ler avec L'haute de he.

DU VERNIS.

AAAANAANMAAAAAAANANAN MAAMAAANAOVAANANR ANA RAA AA ANA

III: PLANCHE.

Evaporation du vernis. Huile de thé qu’on cuit sur le feu pour la rendre siccative. Préparation dans une cuiller de fer, de larsenic qu’on doit mêler avec l'huile de thé.

Pour dépouiller le vernis de ce qu'il

contient d aqueux , el le disposer à devenir brillant, on Îe fait évaporer A el di le verts Haies au solerl, en Ie versant sur de grandes mannes, faites de jonc ou d'osier clissé, induites d’une couche de com-

position de terre ou de cendre, et

3

L 26 L ART d’une couche de vernis commun: Ces sortes de plateaux, dont le Ï , rebord n’a pas plus d’un pouce

et demi de haut, sont commodes

pour faire évaporer le vernis, et

le ramasser ensuite facilement.

Si le soleil est un peu ardent, deux ou trois heures suffisent pour enlever tont l’aqueux du vernis, dont on ne met au plus qu’un pouce d’é- pais sur le plateau : tandis qu'il s’éva- pore, on le remue avec une spatule de bois, presque sans discontinuer, le tournant et le retournant : ( Voy. pl. n°. IL.) D'abord, il se forme des bulles blanches qui , peu à peu, di- minuent, et deviennent plus petites ; enfin, elles prennent une couleur violette ; alors le vernis est suffisam—

ment évap oré.

DU VERNIS. 27

Quand de ce vernis, qu’on sup- pose du n'en-{si, auquel on a ajouté environ le quart de si-tsi , on veut faire le beau vernis ordinaire de la Chine, après l'avoir fait évaporer environ à moitié, on mêle cinq ou six gros de fiel de porc pour une hvre de vernis ; il faut que ce fiel ait été, auparavant, évaporé au soleil Jusqu'à ce qu'il devienne un peu épais. Sans le fiel de porc, le vernis n'auroit pas de corps ; il seroit trop fluide.

Après avoir remué pendant un quart-d’heure le fiel de porc avec le vemis, on ajoute quatre gros de vitnol romain par livre de ver- nis : On fait dissoudre ce vitriol au- paravant, dans une suffisante quan- tié d'au; on continue de remuer

à:

28 L'ART

le vernis jusqu’à ce que les bulles qui se forment dessus prennent une couleur violette. Ce vernis, ainsi préparé, se nomme, en Chine, kouang-tsi, ou vernis brillant. La lettre £ouang signifie brillant. Ce n’est que vers le milieu du dernier siècle environ que les Chinois ont imité le brillant du vernis noir du Japon. Ils le nomment yang-1s1, vernis qui vient d’au-delà de la mer, le Japon étant séparé de la Chine par la mer. Les Chinois qui ne sont pas au fait, croient que ce nom de yang-tsi a été donné au vernis façon du Japon, parce que le secret en venoit d'Europe. Le yang-{si ne diffère du kouang-tsi que par lad-

dition faite à ce dernier d’un gros

d'os de cerf calciné, en poudre im-

DU VERNIS. 20 palpable. Le père d’'Incarville y fit substituer devant lui du noir d'i- voire, el l’ouvrier ‘trouva qu'il fai- soit mieux. Outre les os de cerf cal- cinés en noir, les Chinois ajoutent au vernis une once d'huile de thé,

après avoir jeté dedans, en hiver, 5o grains d’arsenic moitié rouge ou réal- gal, et moitié gris ou blanc; eneté, 36 grains suffisent : ils remuent con- nuellement cet arsenic dans l'huile avec une spatule. Pour juger si l'huile est suffisamment siccative, us en laissent tomber quelques gouttes sur un morceau de fer froid ; si, posant le bout du doigt sur cette huile figée, et le levant doucement,

elle s'attache au doigt, et file un

peu, elle est à son point: cette huile

donne le beau brillant au vernis.

a D :

30 L'ART

Les Chinois disent que toute autre huile que l'huile de thé ne sécheroit pas dans le vernis, et que toujours elle sortiroit en de- hors. Cela ne paroît pas prouvé. Le tong-yeou, rendu siccatif , ne sort point; il est probable que quel- qu'autre huile, bien siccative, pour roit faire le même effet.

Cette huile de thé se tire des fruits d’un arbre de thé particulier qui ressemble un peu à nos pru- niers: on ne le cultive que pour ses fruits, et non pour ses feuilles. Le fruit ressemble à nos châtaignes, excepté que la peau extérieure n’est pas hérissée de pointes comme celle

des châtaignes. Le fruit du tong-

chou, dont on fait le oug-yecu, lui ressemble assez.

sn

se

LS

1 j ve EI,

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GRR: dE

Freparaton des feuilles de cobn sur les quelles on ne

vernis endre ces couches de coton enveloppet dune to:

re du vernis evapore’. On Le «prune VA

. claire Jusqu à drors fois

DU VERNIS. 31

DA AU MANS AAA AAA AAA AANRAAN ANA AAA AY

IV: PLANCHE.

Préparation des feuilles de coton, sur lesquelles on verse du vernis évaporé. On exprime le vernis entre ces couches de coton, enveloppées d’une toile claire, jusqu’à trois fois.

L 4 première chose qu’il faut faire,

c’est de filtrer le vernis pour le pu- rifier , le plus qu'il est possible, de toute ordure et poussière : pour

cet effet on prépare du coton comme

32 L'ART

quand on veut piquer une courte- pointe. ( Voyez la planche IV, la Jemme occupée à ce travail. ) On met trois lits de coton ainsi préparé , on les étend sur un morceau de toile claire ; sur ces lits de coton, on verse le vernis, soit yang-isi, soit kouang-tsi évaporé; et on l’enve- loppe bien exactement avec le coton, lit par lit, retranchant, s’il est né-— cessaire , dans les plis, un peu de coton, pour quil se couche plus aisément et pius uniment ; quand les trois lits de coton ont été ainsi couchés sur le vernis, les uns après les añtres , on enveloppe le tout de la toile pour exprimer le vernis ainsi enveloppé par la machine re- présentée dans la planche suivante,

et dont le mécanisme est fort simple.

DU VERNIS. 33

Le vernis tombe dans une Jjatte de porcelaine : quand :ïil ne découle presque plus de vernis ,; on ouvre toile, et Mon dépèce avec les doigts les trois lits de coton, pour en exprimer derechef ce qu’on peut ; on réitère cette manœuvre deux ou trois fois , jusqu’à ce qu'il ne reste plus de vernis ; on jette en-

suite ce coton , et l’on recommence

la même opération avec irois lits de

coton neuf.

Les brosses pour appliquer le vernis sont faites de cheveux, celles qui servent à laver les pièces sont de barbes de chèvre : on peut se H

UT ] re à Ato servir de queues de vacne. la pate

dont on se sert pour lier ou effeuil- ler le poil qui compose ces brosses,

est faite avec le /ong-yeou, la litharge

34 L'ART

ét le tou-tse lequel sert à faire sécher

las vite lamatière on l’emploie; à ce mélange on ajoute un peu plus de la moitié de sang de cochon, préparé avec l'eau de chaux : une autre composition pourroil Servir de même, pourvu qu’elle fût liante, ét qu’en travaillant il ne s’en dé-

tachât pas de la poussière.

Vernis .

di. |

Préparation des couches de Sémien . Me

! /

1

MN DZ \\ DE 25 API 0

7 AL LERER

. Machine à exprimer Le vernis.

DU VERNIS.

ARARANANANANNANAANAANNAANAAAAANAAAAANAAARAAANANNANNNN/ VS

PLANCHE.

Préparation de couches de S$ée-mier Machine à exprimer le vernis.

Ox passe une troisième fois le ver-

nis : à cette troisième et dernière fois, on ne se sert pas de coton, mais d’un lit de la bourre qui en- veloppe la nymphe du ver à soie, nommée sée-mien. On étend sur la toile claire, au lieu de coton, sept

ou huit doubles du sée-mien : on en

36 L'ART

enveloppe le vernis, comme on a fait avec le coton, et on l’exprime: Le vernis ainsi passé trois fois est censé très-pur ; pour cette opéra— tion 1l faut être dans un endroit bien net , et il n’y ait à craindre aucune poussière, De peur que dans la suite il ne tombe quelque grain de poussière sur Ce vernis ainsi Pu- rifié, les Chinois , après l'avoir reçu quand il couloit, en l'expri- mant dans un vase de porcelaine bien net, couvrent ce vase d’une feuille de papier, dit mau-teou-tchi , dont on a déjà parlé , et le mettent dans un endroit propre, jusqu’à ce qu'ils veuillent s’en servir; elors ils ne découvrent pas tout le vas, mais ils lèvent seulement un coin du pa-

pier qui le couvre.

y À A

EE v a Appluation d'une gere couche de composition pour Loucheh be fentes ,

les jointures. lolwsage avec une perre rude avant de vériur . Appl u

: à | 4 fntes du bois et de bandes d: 4 mer ou de gaxe pour mardertr ,

CR Applcabon de l premiere couche de vel us

DU VERNIS. 37

ASANAAANAAANANAAANAANAAARANAAAAAANAAAANAANAAA AAA

VI‘ PLANCHE.

Application d’une légère couche de com- position pour boucher les fentes du bois, et de bandes de p: apier ou de gaze. Polissage avec une pierre rude avant de vernir. A ppligation de la première couche de vernis.

Lorsqu'on veut faire de belles boîtes de vernis délicates, comme celles du Japon, il ne faut pas qu'elles soient sujettes à s'ouvrir aux jointures : il faut couvrir ces

jointures de petites bandes de pa-

4

38 L'ART

pier, dit che-tan-tchi. Les Japonais

Pemploïent aussi bien que les Chi- nois , pour rendre leurs ouvrages plus solides; mais en Chine l’on ne prise pas autant cette grande lé— gèreté de boîtes ou des autres ou- vrages, au lieu de che-tan-tchi, on se sert de Aiuen , qui est une espèce de canevas de soie; alors jamais les boîtes ne se démontent.

Le laboratoire doit être un en-— droit extrêmement net, et autant qu’il se peut à l'abri de toute pous- sière; pour cet effet on le tapisse de nattes ; par-dessus ces nattes on colle du papier exactement partout, tellement qu’on n’aperçoit pas le plus petit endroit des nattes ; la porte même du laboratoire , qui

doit fermer bien juste , est tapissée

DU VERNIS. 39

et collée comme le reste. Si la gra- vure en regard ne présente pas ces dispositions, c’est qu’elles au- roient nui à l'effet du tableau, et qu'il suffit qu'il en soit fait men- tion dans le texte.

Quand les ouvriers ontà appliquer quelques couches de vernis, surtout la dernière , si c’est dans une saison il n’y a pas à craindre le froid, ils ne portent que des caleçons , pas même de chemises, de peur de porter de la poussière dans le labo- ratoire ; si la saison ne permet pas de se dépouiller ainsi de ses habits, on a bien soin de les secouer avant que d’entrer dans le laboratoire; on

ne porte en outre que des habits sur

lesquels la poussière ne s'attache

pas aisément. On a attention de ne

4.

40 L'ART

pas trop remuer dans le laboratoire, et de n’y pas souffrir de gens inu- tiles.

Ce que dit l’empereur Kamhi sur le vernis, peut faire juger à quel point son éclat et sa beauté sont susceptibles d’êtres altérés.

« Le vernis du Japon est d’une

finesse | d’un éclat et d’un poli

qui charment l'œil; celui de la

Chine lui est inférieur. Tout le

monde en fait honneur à l’adresse

des Japonais : c’est une méprise

de préjugé et d’ignorance. Nos

ouvriers surpassent ceux du Japon dans des choses d’un travail plus difficile et plus délicat que le ver- mis. Il y a une injustice à leur faire un reproche de ce qui ne dépend

pas d’eux; l'application du vernis

DU VERNIS. 4

demande un air doux, frais, humide et serein ; celui de la Chine est rarement tempéré, et

presque toujours chaud ou froid,

ou est chargé de poussière ou de

sels. Voilà pourquoi les pièces de vernis qu'on y fait n’ont pas l’é- clat de celles du Japon, qui, étant au milieu de la mer, jouit d’un air plus propre à faire sécher le vernis, sans le rider ni le ternir. » La première chose que font les ouvriers, c’est de bien nettoyer les brosses dont ils veulent se servir : ils ont, dans une petite jatte, un peu d’huile dans laquelle ils les net- toient, de peur qu'il n’y ait dans les brosses quelques grains de pous- sière ; On essuie ensuite soigneuse—

ment les brosses avec un linge, pour

J'

42 L'ART enlever toute l'huile. Les brosses

étant bien nettes, on découvre un

coin de la jatte est le vernis qui

a été passé trois fois, comme je l’ai dit. Pour prendre le vernis avec la brosse, on ne fait que l’effleurer, et, en retirant la main, on tourne deux ou trois fois la brosse pour couper le fl que laisse après soi le vernis; on sait que, pour appliquer du ver- nis, quel qu'il soit, il faut passer d’abord la brosse en tous seus, ap puyant également partout, et en finissant, ilfaut passer la brosse partout dans le même sens.

Chaque couche de vernis n’a, au plus, que lépaisseur du papier le plus fin; si le vernis est trop épais, il fait des rides en séchant : pour

manger ces rides il en coûte; ger ces rides il te; on

DU VERNIS. 43

est même quelquefois obligé de les enlever avec un ciseau , au lieu de s'amuser à les polir avec les bâtons composés de poudre de brique, Quand même il ne se seroit pas formé de rides, le vernis auroit beau- coup de peine à sécher.

Le bois dont les Chinoiïsse servent pour leurs boîtes, est aussi léger que celui qu'emploient les Japonais; et si les ouvrages de la Chine sont p lus pesans que ceux du Japon, ce n'est que parce que les Chinois, qui communément envoient leurs belles pièces de vernis à Pékin, veulent qu’elles soient solides, de peur qu'elles ne se trouvent pas à l'épreuve de l’air de Pékin ; ce qui, malgré leurs précautions , ne man-

que pas d’arriver, parce qu’ils ne les

46 L'ART

passé au tamis : le tout se délaie avec le vernis non évaporé, quand la composition est bien claire et bien fine. Les Japonais n’emploient pas quelquefois le che-tan-tchi, et se contentent de frotter les pièces, avant d'appliquer la première couche de vernis, avec de la cire, pour em- pêcher que le vernis ne pénètre dans le bois. Les Chinois font aussi quelquefois la même chose, mais ces sortes de pièces ne sont pas so— lides, et ne manquent guère de s’en. tr'ouvrir aux jointures, surtout à

Pékin, l'air fait extraordinaire-

ment tourmenter le bois, quelque vieux qu'il soit, «1

Vernis

: 1! : | , L Apphcakon d'ne seconde couche de vernis. On passe use moi 11: 2‘ couche de verms avec un morceau de Brique prépañlmoure de

17 00 V0 LMD 00

| morullee sur une piece avant de la por. Polissage de la

ae de naltes pour mettre secher Les pièces verIuss els

DU VERNIS. 47

AAA AAA AAA NS

VII: PLANCHE.

Application d’une seconde couche de vernis. On passe une brosse mouillée sur une pièce avant de la polir. Polis- sage de la deuxième couche de vernis avec un morceau de brique préparée. Armoire de nattes pour mettre sécher les pièces de vernis.

Quaxp la première couche de

vernis est bien sèche, àl faut la polir; si elle n’étoit pas bien sèche, en

polissant on enlèveroit quelques en-

48 L'ART

droits. Ün jour après qu’on a mis sécher une pièce sur l'étagère d’en

bas du laboratoire, on la visite pour

voir si elle est bien sèche ; pour cela, on passe doucement le bout du doigt dessus : si, en le retirant, il laisse une tache comme de graisse, le vernis n'est pas assez sec pour souffrir le poli. On ne risque rien de laisser une pièce plusieurs jours ; plus le vernis sera sec, et mieux il se polira. {1 faut seulement avoir at- tention, dans les temps humides, que le vernis ne contracte pas irop d'humidité; car alors il se ternit, et jamais il ne revient : si c’est une dernière couche, elle est perdue, et alors il faut en ajouter une autre. Pour remédier à cet inconvénient,

on ne met point alors les pièces

DU VERNIS. 4

sécher sur les dernières étagères d’en bas, mais sur la seconde et sur la troisième ; 1l vaut mieux que le vernis sèche plus lentement. Quelque polie que soit la base sur laquelle on ap- plique le vernis, ils’ytrouvetoujours quelques petites inégalités qu’une ou deux couches de vernis ne pour- roient effacer. C’est pourquoi on est obligé de polir chaque couche : le vernis, qui seroit trop mince, serait sujet à être facilement enlevé. Quelque soin que l’on prenne, il se trouve toujours quelques grains de poussière dans le vernis, qui font autant de petites inégalités que le poli enlève; d’où il suit que si à chaque couche on ne polissoit pas, la dernière couche seroit la

plus imparfaite. La planche VII 5

50 L'ART

offre, sur la droite, un ouvrier appliquant une seconde couche de vernis; un autre ouvrier passant une brosse mouillée sur une pièce; un troisième ouvrier, qui polit une couche de vernis avec un morceau de brique préparée ; enfin, l’on voit une armoire se mettent cher les pièces vernissées.

Pour pohir le vernis, on forme des petits bâtons composés de poudre de brique, passée par un tamis fm et lavée en trois eaux claires : après lavoir remuée dans l'eau jusqu’à la rendre trouble, on décante cette eau dans un autre vase, et l’on jette ce qui s'est précipité, comme trop grossier : on répète trois fois cette

opération, et on laisse bien reposer

l’eau ; quand elle est bien reposée

DU VERNIS. 5r on la verse par inclinaison, on couvre le vase est le sédiment, et on l’expose au soleil pour sécher ; étant sèche, on la passe par un tamis fin, on la délaie avec le tong-yeou, il entre du {oi-tse, et un peu plus de moitié de sang de bœuf préparé avec l’eau de chaux. Pour former les bâtons, on roule de cette matière dans de la toile; on leur donne la forme que l’on veut; ensuite on les met sécher à l'ombre, sur une planche couverte d’un papier, de peur que la poussière grossière ne tombe dessus, ce qui, en polissant

le vernis, formeroit des raies. Si

l'on mettoit sécher de ces petits

bâtons au soleil, ils se fondroient.

des moules, on tend dessus une feuille dpapur, P

On détache Les pie +s des moules, on 4 applique unéemche, de

On moudle

Dernes.

Pr, purs un morceau de tole enduit de composthon:

de composition que lon poli avec une pierre rude.

D à 4 a a

TR _

DU VERNIS.

AAA PARA AV AV AAA A AAA A

NIII PLANCHE.

On mouille les moules, on étend dessus une feuille de papier , puis un morceau de toile enduit de composition. On détache les pieces des moules, on y applique une couche de composition que l’on polit avec une pierre rude.

Sur la planche en regard, le pre-

amer ouvrier à droite passe une brosse mouillée sur les moules avant d’ap- pliquer le papier ; le deuxième étend sur le moule une feuille de papier

ke

54 L'ART avec une brosse mouillée; le troi- sième étend une couche de compo- sition sur un morceau de toile; le quatrième applique la toile, enduite de composition, sur le papier; le cinquième détache une pièce du moule , coupant avec un ciseau ce qui déborde au-dessus du moule ; le sixième applique par-dessus la toile une couche de composition ; le sep- tième polit avec une pierre un peu rude la couche de composition.

Il convient de faire connoître ici la préparation du sang de cochon

avec l’eau de chaux. KElle se fait

ainsi : on prend une poignée de

paille battue et grossièrement ha- chée, de la longueur de trois ou quatre pouces ; avec cette paille on

manie le sang comme font les char-

DU VERNIS. 55

cutiers pour ôter les grumeaux de sang; après quoi on le passe par un linge; on verse dans ce sang à peu près un tiers d'eau de chaux, ioutc blanche, sans la laisser déposer: on fait cette eau sur-le-champ, et on la verse aussitôt; on conserve le sang ainsi préparé dans une terrine couverte.

Pour polir le vernis, on trempe dans l'eau le bout des petits bâtons de poudri de brique , et l’on frotte assez ferme partout pour enleverles petites inégalités causees par quel- ques grains de poussière qui se se-

: AE roient trouvés dans le vernis ou dans

les brosses, et de temps en temps

on passe une brosse à longs poils, 1 O 1 trempée dans l’eau, tenant la pièce

au-dessus du vase l’on trempe

56 L'ART

la brosse pour la laver et ôter la boue qu’a faite le bâton de poudre de brique, afin de voir s’il y a en- core quelques petits défauts et les polir avant que d'appliquer la se— conde couche de vernis ; c’est sur- tout à la troisième couche qu'il faut chercher à éviter tous les grains de poussière.

C’est depuis peu d’années, sous l'empereur Kien-Long, que le se-

cret du yang-1si, ou le. vernis qui

imite le brillant de celui du Japon,

a transpiré hors du palais. Il y a environ trente ans qu’un particulier de Sou-Tcheou, une des villes se font les plus belles pièces de vernis de la Chine, trouva le secret ou plutôt le tira de quelques Japonais,

les marchands de Sou-Tcheou com-

DU VERNIS. 57

merçant avec le Japon. L'empereur Yong-Tching, père de Kien-Long , voulut avoir ce secret ,ctne voulut pas qu'il sortit de son palais. En effet, ce secret est demeuré inconnu au dehors pendant plusieurs années; enfin, Kien-Long, n'étant pas si cu-

rieux du vernis que son père, ne

s’est pas embarrassé que ce secret

transpirât au dehors.

{1

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LAS,

ll il

:

1 |

MU

Or lanuse de. la poudre de brique, on mel unétouche d

nerr'e deuce On met la derniere couche de vernis et L'on C / «

TE nn

CH

ke de composition, fine quon polt avec une

L , pre, fait secher dans une armoire de nattes .

DU VERNIS. 5g

AAAAAAANAANAINANAAAVAAR AAA AAA RAA)

IX° PLANCHE.

On détache une pièce du moule et le papier qui y tient ; on met une couche de composition dans l’intérieur; on la polit avec une pierre un peu rude , et l’on remet une couche de vernis.

Nous ne répéterons pas ce que

nous avons déjà dit plus haut, au sujet de l’étroit isolement doivent se trouver les ouvriers vernisseurs, et du soin avec lequel ils s’ôtent, pendant le temps de leur travail,

toute communication avec l’air exté-

60 L'ART

rieur, en condamnant même leur porte avec des bandes de papier collé. Certes, la gravure IX et les précé- dentes ne confirmeroient pas cette assertion, si nous n’avionsd éjà obser- véque les accessoires ont'été choisis arbitrairement pour donner plus de variété à chaque sujet. Ici, le pre- mier ouvrier à gauche, détache une pièce du moule ; le deuxième , assis sur un banc, enlève, avec une brosse mouillée, le papier qui tenoit au moule; le premier ouvrier à droite met une couche de composition en dedans d’une pièce : celui du milieu polit la couche de composition avec une pierre un peu rude; l’ou- vrier à la droite de ce dernier, re- met une couche de vernis.

Ayant Foug-Tching, les Chinois

DU VERNIS. Gr

ne faisoient que du vernis qu'ils nomment {oui-kouang. Kouang si- gnifie brillant; et tou, enlever, (vernis qui a perdu son lustre), parce qu'ils polissoient la dernière couche de vernis comme les deux pre- mières, et, par là, lui enlevoient son brillant. Pour y suppléer un peu, après avoir poli cette troisième couche exactement, ils lui don- noient un dernier poli avec un pa- quet de cheveux qu’ils trempoient dans de l’eau, ils avoient jeté de la poudre bien fine; ensuite ils essuyoient la pièce avec un morceau d’étoffe de soie bien douce: et, avec le dedans de la main, ils frottoient ferme jusqu’à ce que le vernis de-

vint clair. Dans les endroits la

main ne pouvoit pénétrer, ils insé-

6

62 L'ART

roient au boui d’un petit morceau de bois, un peu d’étoffe de soie, dont le bâton étoit entouré ; enfin, en dernier lieu, ils frottoient la pièce de vernis avec un morceau de soie un peu imbibé dans lhuile claire, n'importe laquelle, ce qui rendoit au moins un peu de bril- lant, mais non comparable à celui qu'ils appellent yang-1s:.

Ce dermier, à cause de l'huile de thé qui y entre, et qui lui donne son brillant, ne peut souffrir le poli. Ainsi, il faut encore plus de soin pour éviter la poussière, qu’en faisant des pièces de Zoui-kouang. Le seul remède pour cacher les défauts est, en peignant les pièces de vernis, de faire en sorte que

le dessin cache ces défauts,

DU VERNIS. 63

Pour faire les pièces de yang-tsi, on n’emploie ce beau vernis qu’à la dernière couche : le kouang-tsi dont on fait le {oui-kouang , est tout aussi bon pour les deux avant-dernières couches, puisqu'elles doivent être

polies. La dernière couche de vernis

doit, surtout, demeurer long-temps

sur les étagères d’en haut du labo- raioire, pour le moins une quin- zaine de jours, avant d’y faire au- cune peinture : on risqueroit de bar- bouiller le vernis ; l'or s’attacheroit dans les endroits qui ne seroient

pas entièrement secs.

Vernis

=

D U7L.

On détache une pièce du moule et le papier qu y lent, o de La puce , On la pol avec une pierre uv peu rude et L

on met une couche de vomposrkon dans l'intérieur

Lon remet une couche de vernés .

DU VERNIS. 65

AAA NN NAAAAANAANANAAANANAAAN AR

PLANCHE.

On tamise de la poudre de brique; on met une couche de composition fine qu’on polit avec une pierre douce; on met la dernière couche de vernis, et l'on fait sécher dans une armoire dg natte.

Ourre les préparations de vérnis;

dont on a parlé plus haut, les Chi- nois en ont encore trois autres, sa— voir : le fchao-tsi, le kin-tsi et le

hoa- kin-tsi': le premier est celui

6.

66 L'ART

qu'ils jettent sur leur poudre d’or, pour imiter laventurine ; {chao si- gnifie envelopper, couvrir, comme qui diroit vernis extérieur. Ce vernis est d’un jaune transparent : il est composé de moitié kouang-tsi, et de moitié {ong-yeou, rendu siccatif; le deuxième tire son nom de la couleur d’or (kin}, en effet ce vernis est d’un jaune doré : il est composé avec le si-tsi le plus commun, et lc 4ong- yeou, par moitié. C’est sur une cou che de ce vernis qu’ils sèment leur poudre d’or, sur laquelle ils jettent une couche de £chao-tsi ; la poudre d’or, ainsisemée entre ces deux cou ches de vernis, imite l’aventurine ; mais ce n’est que long-temps après,

car elle est beaucoup plus belle au

Bout de quelques années, qu'au bout

DU VERNIS. 67 dequelquesmois: j'enail’expérience. Le hou-kin-tst est le vernis à délayer les couleurs (hoa peindre, kin or, )

dont se servent les peintres dans

leurs dessins d’or : il est composé

de moitié #chao-tsi, et moitié kien-— dsi.

La planche X représente les dernières opérations des ouvriers vernisseurs sur les petits ouvrages en vermis; c’est surtout alors qu'il faut apporter la plus scrupuleuse atten— tion à ce que le laboratoire soit inac- cessible aux plus petits atomes de poussière : de cela dépend le brillant qu'aura la pièce vernissée.

Nous allons maintenant parler de

la peinture sur vernis.

L'ART

Peinture en vernis.

La peinture en vernis ne con- vient que sur les meubles, sur de grosses pièces qu’on ne regarde pas de trop près; mais sur de petites pièces quidemandent des dessins dé- licats, elle choque la vue; de même des fonds de couleursen vernis ne pa- roissent convenir qu’à des meubles, ou à des intérieurs de boîtes, sur- tout si elles sont grandes.

Les seuls dessins en or font bien sur les ouvrages délicats : ceux du. Japon sont supérieurs à ceux de la Chine, l’on ne connoissoit pas, à l'époque écrivoit le père d’In- carville, le secret du vernis trans-

parent comme de l’eau que les Ja-

DU VERNIS. 69

ponais appliquent sur leurs dessins en or. Le vernis transparent de Chine est jaune.

Sur un dessin du maître peintre les élèves suivent tous les traits au pinceau avec de l’orpiment délayé dans de l’eau, et ils impriment aussitôt le dessin sur la pièce de ver- nis, en passant les doigts sur tout le dessin, afin qu'il reste exacte ment tracé sur la pièce; ayant re- tiré le papier , ils emploient encore l’orpiment délayé avec de l’eau en- collée, et repassent sur tous les traits avec le pinceau.

Nous avons déjà dit que le vernis employé par les peintres en vernis, se nomme hoa-kin-tsi: c'est ce ver- uis qui sert de mordant pour appli-

quer l'or ; c’est aussi avec ce vernis

70 L'ART qu'ils délaient toutes leurs cou- leurs.

Pour rendre ce vernis plus liquide, ils y mêlent tant soit peu de camphre qu'ils ont auparavant bien écrasé et mêlé avec du vernis ; ils en font une pâte qu'ils pétrissent ou mêlent pen- dant un bon quart d'heure avec une spatule ; c’est de cette pâte dont ils prennent un peu pour délayer leurs couleurs. Quand les couleurs sont bien délayées, on les passe par le che-tan-tschi : is en passent com- munément très-peu à la fois, peut- être un gros ou deux; ils l’envelop- vent dans le che-tan-tschi simple, et tordent les deux bouts avec les doigts, recevant la couleur à me- sure qu’elle passe , sur un des doigts

qui ne sont pas employés à tordre ;

DU VERNIS. 71

il la déchargent sur leur palette ,

qui n’est qu’un morceau de bambou

fendu en deux par la moitié : avant que l’on soit au fait, le papier crève souvent. Il faut, aussitôt que la cou- leur commence à transpirer, dé- tordre un peu le papier sans le Hà- cher des mains, mais avec un des doigts libres, passer de cette cou-— leur qui commence à sortir, sur tout l'endroit est renfermée la cou- leur, prenant garde d'ouvrir le papier. Cette attention empêche, pour l'ordinaire, le papier de crever.

S1 l’on veut que l’or que l’on doit appliquer soit plus haut en couleur, on mêle du cinabre dans le mor- dant; après avoir appliqué le mor- dant, on met la pièce sécher au la-

boratoire ; douze heures ou environ

72 L'ART

suffisent pour que ce mordant soit au point qu'il faut pour y appliquer l'or,

On prépare de l’or en coquille , on en charge des tapons de sée-mien, on frotte légèrement les dessins au mordant , l’or s’y attache ; on es- suie avec ces mêmes iapons, et l’on trouve l’or appliqué sur tout le dessin. Si l’on craint que l'or ne s'attache dans quelques endroits hors du mordant , parce que le ver- nis ne seroit pas assez seC, On écrase du bol blanc, et avec un morceau d’étoffe de soie on passe légèrement sur les endroits pour lesquels on craint : après avoir bien essuyé la pièce , on peut hardiment passer l'or sur le mordant.

Dans quelques occasions , les

DU VERNIS. 73

peintres en vernis ne mettent point sécher au laboratoire les pièces sur lesquelles ils ont posé du mordant; mais c’est avec du {chou-tchi ( pa- pier fait de la pellicule qui embrasse chaque nœud de bambou, dont il se fait une grande quantité, sur le- quel la plupart des livres sont im- primés , et qu'on met entre chaque feuille d’or dans les livrets) , qu'ils appliquent dessus le mordant à dif- férentes fois, jusqu’à ce que le mor- dant ne laisse plus dessus aucun vestige; alors on passe l’or en co- quille, Por s’en détache mieux, mais il a moins d'éclat ; dans des nuances cela a son bon, d’ailleurs l'or est mieux couché.

Les Chinois emploient trois sortes

d’or, le 4a-tchi, l'or ordinaire, le

7

74 L'ART

tien-ichi, l'or pâle, ie hïum-tchi ; l'or fait avec des feuiles d’argent ; auxquelles on a donné la couleur d’or, en leur faisant recevoir la va- peur du soufre. Pour donner des nuances , il ne faut que passer sur la première couche d’or, qu’ils ap— pellent #a-tchi, un autre tapon de sée-mien, qu'ils ont fait passer sur l’or en coquiile. Le hium-tchi ne leur sert guères que pour les bords des vases, et quelquefois pour des nuances extraordinairement pâles. Pour dorer les bords des vases , ils passent au tamis du hium-tchi, et avec le bout du doigt qu'ils posent sur cette poudre d’or, ils Pappli- quent sur les bords ils ont posé immédiatement auparavant le mor-

dant , sans se servir du échou-tchi

DU VERNIS. 75

pour en enlever ; c’est afin que l'or tienne mieux en ces endroits, oùil est plus sujet à s’enlever. Ils ne s’embarrassent pas que le mordant ternisse un peu l’or : quand, après avoir passé le tapon de papier de sée-mien ,; chargé d’or en coquille , il reste sur la pièce de l’or qui est simplement répandu , sans être at- taché, on passe légèrement le même tapon qui enlève toute cette pous- sière. Dans les petits endroits le tapon ne peut pénétrer , on en à de petits au bout d’un porte-pin- ceau, avec lesquels on applique l'or.

Pour imiter les montagnes et faire les séparations justes, ils taillent un morceau de {chou-tchi , selon la

forme qu'ils veulent donner à la

76 L'ART

montagne; avec le papier ils cou=

et passent l’or pâle sur le tout ; ils ne s’attachent qu’aux endroits qui débordent le papier taillé.

Pour imiter le corps, les bran— ches et les côtes des feuilles, des plantes ou arbres, après avoir posé la première couche d’or, ils tracent de nouveau les endroits qu’ils veu- lent plus éminens; et quand ce mordant à passé environ douze heures dans le laboratoire pour y sécher, on passe l'or en coquille dessus.

Le blanc en vernis se fait en y mélant des feuilles d'argent , ne mettant de vernis précisément qu’au- tant qu’il en faut pour faire une pâte

de ces feuilles d'argent. Gros comme

DU VERNIS, 77

un pois de vernis suffit pour mêler une vingtaine de feuilles : on mêle

ces feuilles les unes après les autres;

quand elles sont bien mêlées , on y

ajout un peu de camphre pour rendre cette pâte presque claire comme de l’eau ; au lieu de feuilles d’argnt , les Chinois se servent par économie de vif-argent, mais préparé d’une manière particulière. C’est un secret possédé par une seule famile.

Le rouge se fait avec le #chou-che qui semble être un cinabre minéral: on ptut aussi se servir de la fleur de cirthame réduite en laque. Le vermilon ne peut s’allier qu'avec les feuilles d'argent.

Pour le vert, ils se servent d’or-

pimext qu’ils mêlent avec de l'indige

78 L'ART

appelé ici fouang-tien-hou. X\ vient des provinces méridionales. Il est

bus:

111 ii iii uu

plus estimé que celui de n’est qu'une persicaire.

Pour le violet, ils se servent de tse-che, ou pierre violette qu’on em- ploie dans le verre pour le rendre opaque. Ils réduisent cette pierre en poudre impalpable : ils se servent aussi du colcothar, ou vitriol romain calciné en rouge ; mais pour lui ôter son sel, ils le font bouillir aupara- vant dans beaucoup d’eau : le ver- nis , disent-ils, ne peut souffrir au- cun sel.

Le jaune se fait avec l’orpiment.

Les couleurs mises dans le verms ne sont pas vives d'abord, mais dans la suite, elles changent : plus

elles sontanciennes, et plus elles sont

DU VERNIS. 79 belles. Quand les peintres veulent filtrer beaucoup de couleurs à la

fois, au lieu de tchou-tchi, 11s se

servent de sée-mien. Pour nettoyer

les pièces de vernis, on se sert d’un morceau de soie, comme seroit un mouchoir de soie bien doux, c’est- à-dire use.

Ou fait revenir les pièces que la proximité du feu auroit tachées , en les exposant à la rosée.

Les crayons dont se servent Îles maîtres peintres pour leur première esquisse, ne sontautre chose que des chandelles de veille qu’ils rompent de la longueur de quatre à six pouces, qu'ils allument par un bout, et qu'ils éteignent après. Les traces que ces sortes de pinceaux laissent , s’enlèvent facilement avec une aile

de perdrix ou de tout autre oiseau.

Marta tnt

3 1 ) 4

2. H bouche der, fentes des piéces de bois avec des éclats, 6. Par de 2. U remplt les vudesr avec de la comportton . 6. Avec 3. 1 apphque une couche de composition . 7. L mel

4. H applique de la fdasre de chanvre-sur la composthon . 8. Avec :

7/2972

ar dessus Lx félarse d met une couche de compo.rttion {vec une’ pwrre rude d polt da couche’ de compordon . | met une couche de verncr.

vec un morceaude brique preparee d poli couche de verntr . .

DU VERNIS. 81

LA AAANANANAAAAAA NAN ARARAAA A ANAAEN RAA ARANAIAANAANNARA y

XI° PLANCHE.

Le vernis appliqué à l’ornement des maisons. L'on bouche les fentes des poutres avec des éclats de bois; on remplit les vides de composition. L’on applique une couche de /ong-yeou , de la filasse, une deuxième couche de com- position, et enfin la couche de vernis.

Le fondement d’une maison se fait

ordinairement en briques, ainsi que

les deux principaux murs, ne sont

8z L'ART

pas plus tôt élevés, qu'on place de distance en distance les colonnes ou pouires rondes qui doivent soutenir le toit. Lorsque la couverture et tout ce qui regarde le maçon qui est en même temps charpentier s est achevé, les ouvriers vernisseurs viennent donner de l'éclat à tout, et préserver en même temps le bois de l'atteinte des vers et de l'humidité. Le premier soin, est de boucher les fentes des pièces de bois avec des éclats de bois; celles qui sont plus petites, avec de la composition ; de

donner ensuite une couche générale

de composition, sur laquelle on applique sur-le-champ de la filasse

de chanvre. Sur la couche de filasse

onremel une cou che de composition

qu'on polit avec une pierre rude:

DU VERNIS. 83

on met ensuite la couche de vernis qu'on polit avec un morceau de bri- que préparée.

La planche IX représente les ouvriers occupés à ces diverses manipulations , et se servant du vernis noir. Lorsque l’on veut peindre en jaune, on prépare une couleur jaune avec des boutons de faux acacias qu’on fait bouillir dans un bassin sur le feu. Après avoir

rempli les vides avec des éclats de

bois, et bouché ceux plus petits

avec de la composition, on peint en jaune, on met la première couche de fong-yeou, que l’on polit ensuite avec une pierre douce.

Au moyen d’une bassine et d’un fourneau on rend le fong yeousiccatif;

on en met une deuxième couche que

84% L'ART DU VERNIS.

Von polit avec urie pierre douce , et enfin, l’on met la troisième et der-

nière couche de tong-yeou.

ARTS. MÉTIERS ET CULTURES

DE LA CHINE.

ARTS, MÉTIERS ET CULTURES

DE LA CHINE,

REPRÉSENTÉS

DANS UNE SUITE DE GRAVURES

xxÉCUTÉES

D'après les Dessins originaux envoyés de Pékin, accompagnés des explications données par les Missionnaires français et étrangers, pensionnés par Louis XIV, Louis XV et Louis XV1, et de celles puisées dans les Voyages les plus récens.

PAPIER DE BAMBOU,

D'APRÈS LES MÉMOIRES DES PP. D'ENTRECOLLE, CIBOT, etc.

NEPVEU, Libraire, Passage des Panoramas, 26.

1815.

DU PAPIER

DE BAMBOU.

SAANANANU AAA AAA AAA ANANAANAAA NA AN AUNAAAAANNVY NOTICE

SUR LES DIVERSES ESPÈCES DE BAMBOUS,

ÎL est hors de doute que le bambou est connu en Chine dès les temps les plus reculés, et par conséquent qu'il y croît naturellement. Les arts de la Chine et des Indes en tirent un parti surprenant dans tous les

TZ

6 DU PAPIER

ouvrages qu'ils produisent; les ouvrages auxquels ils l’emploient sont si variés, si innombrables, et d’une utilité si générale qu’on ne conçoit pas comment la Chine pour- roit se passer aujourd'hui de ce roseau précieux. Il n’y a point d’exagération à dire que les mines de ce grand empire lui valent moins que ses bambous, et qu'après le riz et les soies, il n’y a rien qui soit d’un aussi grand revenu. Nous don- nons la représentation exacte de ce roseau , d'après l’ouvrage de Réede et celui Roxburg. Jussieu a éta- bli ce genre sous le nom de nastus, et ce n’est que depuis très-peu de

temps qu’on a reconnu qu'il devoit

en former un particulier dont les

caractères consistent à avoir lesfleurs

DE BAMBOU. 7

renfermées entre des écailles et com- posées chacune d’une balle, de deux valves, six étamines, d’un ovaire su- périeur terminé par un style bifide.

Il est certain que le bambou sort

de terre, comme l’asperge, avec

toute la grosseur qu’il aura, à quel- que hauteur qu’il monte, et que les rejetons ne sont jamais plus gros que le maître-pied. Sur quoi il faut observer que cette règle générale ne regarde que les plantations et bos- quets de bambous : car, quand un bambou est isolé, planté à la manière desautres arbres, et continuellement débarrassé de ses rejetons, ilcroîten grosseur peu à peu, surtout si on le laisse se ramifier. Il est difficile de déterminer avec précision quelles

sont la hauteur et la grosseur des

8 DU PAPIER

plus grandes espèces de bambou. Quant à la grosseur, on a vu des porte-pinceaux qui avoient plus de cinq pouces de diamètre de dedans en dedans. Il y en a certainement de beaucoup plus gros, et qui vont jusqu’à un pied et demi de diamètre. Dans le Yun-Nan et le Kouang-Sr il y en à eu qui étoient assez gros pour servir de boisseau à mesurer le riz, mais on convient que c’étoient des curiosités : et s’il y en a eu quel- quefois d’assez gros pour faire de petites barques d’une seule pièce, on à passé plusieurs siècles sans en revoir. La hauteur ordinaire des grands bambous est de trente à quarante pieds : ceux qui vont jus-

qu à cinquante sont rares, et quand

ils atteignent soixante-dix à quatre

DE BAMBOU. 9

vingts pieds, ils sont regardés comme des miracles de la nature.

Tout bambou a un vernis naturel qui est fort beau ; mais on fait une espèce à part de celui dont les entre- nœuds paroissent couverts d’un ver- nis transparent, et qui approche de

l’ambre jaune.

Un auteur chinois dit qu’il y a

dans sa patrie une si prodigieuse variété de bambous, qu'il se voit forcé de n’entreprendre la descrip- tion que de soixante-trois.

Un bambou diffère d’un autre : 1°. par la grosseur et la hauteur ; 2°. par la distance des nœuds; 3°. par la forme des nœuds; 4°. par la couleur du bois; 5°, par la super- ficie et la forme des entre-nœuds ;

6°, par la substance et l'épaisseur du

10 DU PAPIER

bois; 7°. par les branches; 6°.p ar les feuilles; 9°. par les racines ; 10°. par des singularités qui se per- pétuent.

Il y a des espèces dont les nœuds sont toujours à la distance de quatre pouces, quel que hauteur et gros- seur qu'acquière le bambou; et d’autres, au contraire, cette dis- tance est de neuf à dix pieds, quel- que jeune et quelqu’éfilé qu’il soit. C’est de cette dernière espèce dont on fait des nattes, et même de la toile.

Il y a une espèce dont le boutest tendre, et ne semble qu’une moelle filamenteuse et durcie. Le bois d’une autre espèce est d’une dureté extraor- dinaire, et a une force prodigieuse

en quelque sens qu’on l’emploie. Il

DE BAMBOU. TE

rend un son approchant de celui du fer quand on le frappe.

Il y a des bambous qui, quoique {ort gros et fort hauts, ont toujours un bois trèssmince, et d’autres qui ne sont pas très-évidés en dedans, et finissent par être pleins et massifs comme d’autres arbres.

Il y a des bambous qui ne rami-

fient jamais, et ne donnent qu’une

tige isolée ; d’autres, au contraire, qui se fourchent et qui poussent des branches dès qu’ils sortent de terre.

On voit des branches à feuilles bleuâtres, rougeâtres et cendrées, panachées et de cinq couleurs, à feuilles d’hirondelle, à cent feuilles, à feuilles larges, dures et fermes comme celles du palmier, de manière qu’on

en fait de jolis éventails.

12 DU PAPIER

Des bambous ont des feuilles enr tuyau, et d’autres les feuilles adhé- rentes. Les premières enveloppent le bambou depuis le nœud elles commencent jusqu’au suivant, et ne commencent à s’en détacher et à s'étendre que lorsqu'elles sont arri-

vées à la naissance de la suivante.

Les secondes ont de plus, qu’elles

sontadhérentes au bois, et y tiennent de manière que les artistes chinois s’en servent pour former dessus des dessins en les évidant.

Tout bambou en genéral a une racine noueuse, tortueuse et ram-— pante; mais il y en a une espèce dont la racine pique en terre, et n’est qu’une grosse touffe de filets et de cheveux dont la force passe de beau- coup la grosseur.

DE BAMBOU. 13

Le bambou demande une terre molle, spongieuse , mêlée de craie et de vase, La meilleure est celle 1 : , + \ des levées qu’on fait à travers les marais, dans les prairies en- foncées et dans le voisinage des étangs et des rivières. Le bambou

périt cependant si sa racine touche

a l'eau; elle semble léviter puis-

qu’elle ne pique pas en bas, mais serpente horizontalement sous terre, à une assez médiocre profondeur. À parler en général les bambous fleurissent très-rarement. Leurs fleurs sont verdâtres et disposées en forme d’épis. Aux fleurs succédent des grains qui approchent de la forme du froment,. mais plus gros

: s A. Fe £ ei noirätres.

Vegetation du Bambou .

Details lnneenr.

DU BAMBOU.

MA AAA AAA MU AVR AAA VAN AA AR AA ES

J': PLANCHE.

Végétation du bambou. Détails linnéens,

Le seul ouvrage la gravure

puisse nous donner une idée bien exacte d’un végétal aussi précieux que le bambou, est l’Hortus Malaba- ricus, dont le prix est considérable, et qu'il est presqu'impossible de rencontrer dans le commerce. C’est

dans cet ouvrage que nous avons

Ad

(e) DU PAPIER

copié l’exacte représentation que nous en offrons. Les détails linnéens ont été pris dans celui de Roxburg, savant médecin anglais établi à Cal- cutta. Plusieurs planches de PAtlas du Voyage à l’Ile de France de M. Mil- bert, et une de celui du Voyage à la Chine de M. de Guignes, donnent un aspect général des végétations de bambous qui paroît très-exact.

Le bambou est loin d’être à la Chine le seul végétal dont on se serve pour le papier. Un auteur chinois a dit que dans la province de Sé-Tchuen, le papier se fait de chanvre ; que Kao-Tsong, troisième empereur de la grande dynastie des Tang, fit faire un excellent papier

de chanvre il faisoit écrire ses

ordres secrets; que dans les pro-

DE BAMBOU. 17

vinces du nord on y emploie l'écorce des mûriers ; que dans la province de

Tche-Kiang, on se sert de la paille

de blé ou de riz; que dans la pro-

vince de Kiang-Nan il se tire du parchemin des cocons de soie, et se nomme louen-tchi; qu'il est fin, uni et propre pour des inscriptions et des cartouches ; que dans la pro- vince de Hon-Quang, c’est l’arbre chu ou ko-tchu qui fournit la ma- tière du papier; enfin, que dans la province de Fokien il se fait de tendre bambou.

C’est des manipulations et des métamorphoses. que subit ce pré- cieux roseau pour être transformé en papier, que nous nous occupons

spécialement dans cet ouvrage.

# Lar bous €eA aqr'andes

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Les lues, ensute er morceaux de 2 à 3 a

vu l'en met r'our dant # ja [UE ,

DU BAMBOU: 19

AANMAAAANANANNAA AA AAA AA AAA AAA NAN AA NA

Il: PLANCHE,

On coupe les bambous en tiges, les tiges en morceaux de deux à trois pieds de longueur ; on les réunit en faisceaux,

que l’on met rouir dans une mare.

Aucun auteur ne dit qu’on fasse des

semis de bambous. Est-ce à cause qu’ils grainent rarement?est-ce parce que cela seroit trop long ? Ce pour- roit être les deux raisons à la fois.

Quoi qu'il en soit, c’est par les reje-

20 DU PAPIER

tons qu'on propage ordinairement les bambous de toutes les espèces. Plus ceux qu’on choisit sont gros, plus ceux qui poussent le sont aussi. On transplante les rejetons ou au commencement du printemps ou à la fin de l'automne. Quelque saison que l’on choisisse, il faut couper deux ou trois mois auparavant l’en- droit du rejeton qui tient à la mère racine , et délivrer le rejeton de ceux qui proviennent de lui.

Les fosses destinées à recevoir des plants de bambous doivent avoir été creusées plusieurs mois d'avance, et n'avoir qu’un pied et demi ou deux de profondeur, et être dis- tantes l’une de l’autre environ d’un

pas et demi. Il est toujours bon de

conserver les mottes à ces plants de

DE BAMBOU. 2Y bambou.Quandonviseaurevenu,on coupe les plants à la hauteur de sept à huit pieds pour hâter l’extension des racines et la pousse des rejetons. Voici une manière de donner aux rejetons une grosseur plus forte que celle de la tige transplantée, et dont tousles auteurs garantissentle succès. On choisit un pied de bambou bien venant et d'un bois fort, bien nour- ri et mûr. En le transplantant on ne

lui laisse que quatre ou cinq pouces

au-dessus du nœud qui est le plus

près de terre, puis on remplit de terre grasse et de soufre tout ce qui reste du tuyau. Plus la racine est forte, plus elle pousse de rejetons; mais on les pince dès qu'ils com-— mencent à poindre, durant trois

années entières : à la quatrième, st

22 DU PAPIER

on a bienchoisilesolet l'exposition, pour peu qu’on ait soigné son plant, les rejetons dont il sera environné seront beaucoup plus gros que lui, et en donneront sans cesse qui lui ressembleront.

Toute la culture que demande les bambous se réduit à bécher la terre et à en mettre un peu de nou- velle chaque année, parce que leur racine s’allonge en rampant , et grossit en s’élevant.

Très -anciennement les Chinois n’avoient point de papier. Ils écri- voient sur des planches de bois et sur des tablettes de bambou. Au lieu de plume ou de pinceau, ils se servoient d’un style ou d’un poinçon de fer. Ils écrivoient aussi sur le

métal, et les curieux de cette nation

DE BAMBOU, 23

en conservent d’anciennes plaques; mais il y a long-temps qu’ils ont inventé l’usage du papier. Ils en ont fabriqué et en fabriquent d’une incroyable variété d’espèces tirées de l'écorce de divers arbres, surtout de ceux qui abondent le plus en sève. Les mûriers, les ormes, les arbou- siers, le corps de l’arbrisseau qui produit le coton, le chanvre et plu- sieurs autres espèces d’arbres dont les noms sont inconnus en Europe, servent à la confection de divers papiers.

Dans une forêt des plus gros bambous , on fait choix des jets d’un an qui ont acquis la grosseur du gros de la ‘ambe d’un homme puissant. On les dépouille de leur première

pellicule verte, puis on les fend , et

24 DU PAPIER

on les divise en plusieurs bandes étroites de six à sept pieds de lon- gueur. Il est à remarquer que le tronc de bambou étant composé de fibres longues et droites, ilest très-aisé de le fendre de haut en bas, au lieu qu’en travers il résiste extrêmement à la coupe. On ensevelit dans une mare d’eau bourbeuse ces bandes

étroites qu’on a fendues et réunñies

en faisceaux , afin qu’elles y pourris-

sent en quelque sorte, et que cette macération produise la solution des parties compactes et tenaces.Au bout d'environ quinze jours, on retire les bambous de la mare.

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encore dans une’ mare. Onenote da peu eLon

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va ds coupe en dres petits MOTCCAUX,

DE BAMBOU.

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ITI: PLANCHE.

On tare les bambous, en les mettant tremper dans une eau de chaux, et on les replace encore dans une mare; on en Ôte la peau, et on les coupe en très-

pelits morceaux.

Lorsque les bambous sont retirés de la mare, on les lave dans une eau pure, on les étend dans un large fossé , et on les couvre abondamment

de chaux. Après quelques jours on

les en retire; et, les ayant lavés une

»

ÿ

26 DU PAPIER

seconde fois, on les coupe en très- petits morceaux prêts à être mis sous je pilon.

Quelques écrivains ont prétendu que le papier de la Chine n’est pas de durée, et qu'il se coupe aisément, surtout celui fabriqué avec les bam- bous. [ls ont attribué cela aux diffé - rens lavages d’eau de chaux que l’on fait subir à ces roseaux. Il est vrai dans un sens que le papier de bam- bou est sujet à se couper, mais c’est Jorsqu’on lui a donné une teinture d’alun pour le rendre propre à être employé par les Européens: sans cètte même teinture d’alun, il boi- roit notre encre.

La consommation de papier est si

grande à la Chine, qu'il n’est pas

étonnant qu’on en fabrique de toutes

DE BAMBOU. 27

sortes d'espèces. Outre la quantité surprenante dont il faut pourvoir les lettrés et les étudians qui sont presque sans nombre, et fournir les boutiques des marchands, il n’est pas concevable combien il s’en con- somme dans les maisons des parti- culiers. Un côté des chambres n’est que fenêtres avec des châssis de pa- pier : sur le reste des murailles, qui sont enduites de chaux, on colle du papier blanc, et par on les con- serve blanches et unies : le plafond consiste en un châssis garni de pa- pier sur lequel on trace divers or- nemens. Si l’on a dit avec raison qu'on voit briller les appartemens chinois de ce beau vernis, que nous

admirons en Europe, il est égale-

lement vrai que dans la plupart 3.

28 DU PAPIER

des maisons on n’aperçoit que du

papier. Le souvriers chinois ont le

talent de le coller très-proprement.

Nous observerons que les mor- ceaux de bambou qu’on a fait bouillir dans de l’eau de chaux, reçoivent aisément à la presse, différentes em- preintes et les conservent, ainsi que les morceaux de buis dont nous

faisons en France des tabatières.

On pue des bambous réduts en trés pehis moreeaté on mou

| moud. ls bambous a la meule apres , i ds sontpiles.

BE BAMBOU. 29

RAANAANAAANAANINANAAAAAAAAAAAAANARAAAAANNARAANAAANE AAA

IV: PLANCHE.

On pile les bambous réduits en petits morceaux, et on les moud ensuite à

la meule,

Le bambou a cela de particulier, de même que l’arbrisseau qui porte le coton, qu’on se sert, pour en fabri- quer du papier, non de son écorce, mais de toute sa substance ligneuse, Lorsqu'il a roui dans une mare et subi l’action de l’eau de chaux dans

des cuves, il est apporté en petits mor: 3:

30 DU PAPIER

ceaux et jeté dans des mortiers que

font mouvoir des hommes avec

leurs pieds.

DD TNT on , faut cure au bain marre la &c

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DE BAMBOU.

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V: PLANCHE.

On fait cuire au bain-marie la bouillie de bambou.

Lonsqu’au moyen dupilon et de la meule on a réduit le bambou en une

espèce de pâte mêlée encore de beau- coup de filamens, on jette cette pâte dans une vaste cuve, offrant, comme on peut le voir par l’estampe en regard, l’image d’un large cône tronqué. Cette cuve pose sur une

32 DU PAPIER

grande bassine de cuivre qui la pré- serve de l’action du feu. La pâte de bambou cuit ainsi au bain-marie, e par une longue cuisson se réduit en une espèce, de bouillie,

Le papier qui se fait de bambou, n’est, ainsi que nous l'avons dit plus haut , nile seul, nile meilleur, ni le plus commun qui se fasse à la Chine. Plusieurs autres espèces d’arbres,

dont les noms sont inconnus en Eu-

rope,servent à en fabriquer d’une in-

croyable variété d'espèces; on y em- ploie l'écorce, ou même des parties de l'écorce : d’abord on ratisse légè- rement la mince superficie de l'arbre qui est verdâtre ; ensuite on détache l'écorce intérieure en forme de lon- gues aiguillettes très-déliées, qu’on

blanchit à l’eau et au soleil; aprèsquoi

DE BAMBOU, 33

on les prépare de la même manière que le bambou ; mais le papier qui est Le plus en usage, et dont on se sert communément, c’est celui qui se fait de l’écorce intérieure de l'arbre

nommé kou-tchu; et c’est pourquoi

ce papier s'appelle £ou-tchi. Quand

on rompt ses branches, l’écorce se détache en forme de longs rubans ; à en juger par ses feuilles, on croi- roit que c’est un mûrier sauvage, mais par son fruit, il ressemble plus au figuier. Ce fruit tient aux bran- ches sans qu'on y aperçoive de queue : quand on l’arrache avant sa parfaite maturité, il rend du lait de même que les figues, par l'endroit qui le tenoit attaché aux branches. Cent traits de ressemblance avec le

figuier et le mûrier, feroient croire

34 DU PAPIER

que c’est une espèce de sycomore. 11 semble néanmoins avoir plus de rapport avec lPespèce d'arbousier, nommé adrachne, qui est d’une gran- deur médiocre , dont l’écorce unie, blanche et luisante, se fend en été par la sécheresse. L'arbre kou-tchu, de même que l’arbousier, croît sur les montagnes , et dans des endroits pierreux.

La planche V qui représente la cuisson de la pâte , offre en outre une particularité digne d’être re- marquée. On y voit un porc auquel on donne à manger de la pâte de bambou. Cet animal en effet ne la rejette pas, et le rebut des cuves lui convient. Outre cetemploi, qui n’est pas sans intérêt aux yeux de l’agri-

culteur économe, le bambou sert en

DE BAMBOU. 35

Chine à un usage qu’on ne connoît peut-être point dans les îles de l’A- inérique 1l a été transporté. Lorsqu'il commence à sortir de terre, on en coupe une quantité de gros jets, jusqu'à une certaine pro- fondeur en terre, comme on coupe chez nous les asperges. Ces jets en- core tendres sont mangés, non-seu— lement par les gens du peuple, mais par les personnes qui se nourrissent le plus délicatement. Ce qui ne se

consomme point dans l'endroit se

transporte ailleurs, même fort loin,

après avoir reçu une préparation qui l'empêche de se gâter. Des personnes qui ont demeuré dans les cantons e bambou croît en abondance, m'ont dit qu’on fendoit ces jets en

quartiers; qu'on les exposoit pen-

36 DU PAPIER

dant un certain temps à la vapeur de l’eau bouillante, et qu’on les faisoit ensuite sécher. Au moyen de cette préparation , on les conserve assez long-temps, et on peut les transporter fort loin. On en mange toute l’année à Pékin, on en apporte en grande quantité des pro: vinces méridionales. On les fait tremper dans l’eau fort long-temps ; après quoi on les coupe en morceaux

qu’on sépare en tranches d’une ligne

ou deux d'épaisseur, ou bien on les coupe en filamens ; et après les avoir fait bien cuire, on les assaisonne de différentes manières : on les mêle dans différens ragoûts. Il s’en fait une si grande consommation qu’on n’en mange pas seulement la partie

la plus tendre, mais encore quelque-

DE BAMBOU. 37

fois celle qui offre un peu de dureté. On les laisse plus ou moins croître avant de les couper, et on en forme diflérentes classes à différens prix, afin de pouvoir satis- fairetout le monde.Cetusage du bam- bou est pour certains cantons une ressource et un objet de commerce considérable. Les Chinois font aussi macérer des morceaux de bambou tendres dans le sel; et c’est une de leurs préparations d’herbes salées qu’ils mangent souvent avec le riz. On pense que le bambou qui croît très-bien dans nos îles d'Amérique pourroit prospérer jusqu’à un cer— tain point, dans les provinces mé-— ridionales de la France, du moins dans certains cantons. Malgré les grands froids de Pékin et leur longue

4

38 DU PAPIER

durée, on en a vu un plant absolu- ment’négligé, qui n’a pas laissé de subsister plusieurs annéés; mais les

jets n'étoient pas plus gros que le

doigt.

Bambov.

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DE BAMBOU. 99

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VI: PLANCHE.

On remue la bouillie de bambou dans des cuves; on la fait fermenter, et on la

lave dans un étang.

LA bouillie de bambou est retirée

des cuves, au bain-marie, pour être mise dans d'autres cuves plus petites, et y être agitée long-temps avec les bras ou avec des bâtons. Elle est ensuite jetée dans une ci- terne maçonnée en brique et abritée par un hangar. Lorsque la citerne

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40 DU PAPIER’

en est pleine, et que la pâte dépasse le niveau, on recouvre la pâte de nattes , et on la laisse fermenter pendant quelques jours. On la re- met ensuite dans des paniers d’osier que l’on porte dans un étang voisin, et que l’on y tient à moitié enfoncés. Ondave alors cette pâte filamenteuse de la même manière que le font les apprêteurs dans les lavages de laine.

Ces soins sont nécessaires pour faire passer le bambou de son état à celui de papier; tandis qu'ils se- roient déplacés dans nos manufac- tures européennes , qui n’opèrent ordinairement que sur des chiffons de toile de lin, de chanvre, de coton ou de soie, déjà triturés par un long usage et ensuite par les

pilons. Cette fermentation que doit

DE BAMBOU. 41

éprouver dans la citerne la pâte du bambou, est d'autant plus active, que ses parlies, malgré leur ma- cération, ne sont point encore dé- pouillées du suc végétal,

Bambou

On L fait lePélou-Tohi sorte de Paper guliquely

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L DE BAMBOU.

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VII: PLANCHE.

On fait le pélou-tchi, sorte de papier qui a quelquefois douze pieds de long sur

quatre et demi de large.

D f à Pour former une matière propre à

être levée en feuilles de papier , la pâte de bambou doit être liée par une espèce d’eau gommée que l’on tire d’une plante sarmenteuse qui croît sur les montagnes et dans les lieux incultes , et qu’on appelle ho-teng,

+ 4 DU PAPIER

On coupe différentes tiges de cette plante qu’on laisse tremper quatre à cinq jours dans l’eau; alors, il en sort un suc onctueux et gluant, qui.ressemble à de la colle. On mêle cette colle avec la pâte du papier, de la même sorte que les peintres mélangent leurs couleurs en évitant d'en mettre trop ou trop peu. L'expérience apprend le degré que l’on doit donner à ce mélange.

Quand on a mêlé le suc du ko- teng avec les parties du bambou, délayées de telle sorte qu’elles res- semblent à de l’eau trouble et pä- teuse, on verse cette eau dans de larges et profonds réservoirs en briques, composés de quatre mu- railles tellement mastiquées au fond

et aux parois, que la liqueur ne

puisse ni couler ni pénétrer : alors,

DE BAMBOU. 45

des ouvriers placés aux côtés du ré- servoir enlèvent avec des moules la surface de la liqueur qui devient presqu’aussitôt papier. Sans doute que le suc mucilagineux et gluant du ko-teng en lie les parties, et contribue beaucoup à rendre le pa- pier si uni, si doux et si poli : ce que n’a pointle papier d’Europe au moment qu'il se forme.

Le châssis destiné à lever les feuilles de papier dont le cadre est aisé à démonter, à hausser et à baisser, n’est point garni de fils de fer comme en Europe, mais de fils de bambou. Ce sont de petites baguettes qu’on tire plusieurs fois par une filière faite de plaquesd’acier, et qu’on rend aussi fines et aussi déliées que le fil de fer. On les cuit au feu dans de l’huile pour les en

a nrnqenente

| |

46 DU PAPIER

pénétrer, afin que le châssis entre légèrement dans l’eau, qu'il n’y enfonce qu’autant qu'il est nécessaire pour lever les feuilles de papier.

Quand on veut avoir des feuilles d’une grandeur extraordinaire , on a soin que le réservoir et le châssis soient grands à proportion. Au moyen d'une poulie et de cordons fixés aux extrémités du cadre , des ouvriers qui se tiennent peu éloignés de ceux qui tiennent le cadre, aident ces derniers à lever la feuille en ma- nœuvrant d'une manière égale et uniforme.

11 paroît que le pélou-tchi , ‘d’une dimension de sept à huit pieds, n'exige pas d’autres apprêts que ceux représentés dans la planche septième,

Bambou.

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DE BAMBOU. 47

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VIII PLANCHE.

On fait sécher le papier.

Dans nos fabriques d'Europe , les feuilles de papier ne sont pas plutôt

levées, qu’elles sont misesentre des morceaux de laine et débarrassées de l’eau qu’elles côntiennent par la pres- sure, ét ensuite par l’étendage.

En Chine on construit en briques deux murailles obliques en forme de

48 DU PAPIER

toit sous lesquelles on entretient un feu modéré. Les feuilles ne sont pas plutôt appliquées sur l’un'ou l’autre côté de cetoit échauffé, qu'on peut les retirer parfaitement sèches. L’ap- plication des feuilles encore humides sur ces murailles ne leur fait pas perdre l'empreinte des fils de bam-— bou; elles y sont remarquables seu- lement d'un côté, tandis que dans notre papier non—vélin, le recto et le verso de la feuille portent une égale empreinte des fils de métal. Quand il s’agit de donner de la force au papieret de l'empêcher de boire, les Chinois lui donnent une teinture d’alun. Poufexprimer cette opération, les Européens ont in-

venté le terme de fanner, parce que

le mot chinois fan signifie alun.

DE BAMBOU. 49

Voici quelle est leur méthode : on prend six onces de colle de poisson bien blanche et bien nette ; on la hache fort menu, et on la jette dans douze écuellées d’eau pure, qu’on fait ensuite bouillir; il faut sans cesse la délayer , en sorte qu’il n’y reste aucun grumeau de colle. Quand le tout a été réduit en une forme li- quide, on y jette trois quarterons d'alun blanc et calciné qu’on y fait fondre et incorporer. Cette mixtion se verse dans un grand etlarge bas- sin, sur lequel on met en travers une baguette ronde et bien polie. Ensuite on passe l’extrémité de cha- que feuille dans toute sa largeur, entre une autre baguette fendue d’un bout à l’autre dont on serre bien deux parties; puis en plon-

ei

5o DU PAPIER

geant doucement la feuille de papier, on en tire aussitôt ce qui y est entré, en je faisant glisser sur baguette ronde. Quand toute Ja feuille a passé lestement par ce bas- sin, elle s’est blanchie et affer- mie, la longue baguette quiembrasse la feuille à son extrémité, se fiche dans un trou de muraille, la

feuille reste suspendue pour se sé=

; | |

cher, ou plutôt les divers bâtons se disposent comme on les voit dans la planche suivante.

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On faut le paper Teang -Teon - Petchi anélque

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st que cel appelle King - Ton - Tchao -Tehi.

DE BAMBOU. Lt

AAA AN MARANAANAAANNAANAR AAA NAN AARAAANN A AN

IX: PLANCHE.

On fait le papier {cang-leou-petchi, ainsi

que celui appelé 4irg-tou-tchao-tchi.

Nos manufactures européennes ne

fabriquent guères des papiers d’une dimension au-delà de celle du grand- aigle ; nos marchands ne tiroient de Chine que le papier dont nos pa- peteries ne pouvoient pas atteindre la grandeur , et non celui qui ren- troit dans nos mesures ordinaires,

à

52 DU PAPIER

tel que les papiers teang-teou-petchi, et celui appelé kirg-tou, tchao-tcht, dont la fabrication est représentée par la planche neuvième.

Ici les ouvriers ne sont point,

comme ceux dela planche VIT, obli-

gés de se pencher sur la fosse pour lever la feuille. Près du réservoir sont creusés des trous qui leur per- mettent de plonger et de lever leur châssis sans être obligés de se pen- cher.

Le séchage est infiniment simple ; il se réduit à appliquer les feuilles sur une muraille très-lisse et pro- bablement exposée au midi. On les retire quand elles sont sèches.

Quoique le papier dont ilest ici question ne soit pas celui que les Chi- nois argentent à peu de frais et sans

DE BAMBOU. 53

y employer de feuilles d'argent, nous allons cependant parler des moyens d’argenter le papier. On prend deux scrupules de colle de peau de bœuf, un peu moins d’un scrupule d’alun blanc, et demi-livre de belle eau ; on fait cuire le tout à petit feu jusqu’à la consomption de l’eau , c’est-à- dire jusqu'à ce qu'il ne s’elève plus de fumée n1 de vapeurs ; on a soin que cette mixtion soit très-pure et très-nette. Alors on étend sur une table bien unie les feuilles de papier fait de l’arbre qui porte le coton. Ce papier se nomme se-lien-tchi : on met sur ces feuilles, avec le pinceau, deux ou trois couches de la colle d'une manière égale et uniforme. Il est aisé de s’apercevoir quand cette

Lqueur appliquée a de la consistance

cb

54 DU PAPIER

et ne coule point ; si elle paroît encore s'étendre, il faut revenir à unenouvelle couche. Enfin on prend de la poudre de talc préparée de la manière expliquée ci-dessous. On la passe par un tamis très-fin , ou par une pièce de gaze bien serrée; et l'on répand uniformément cette poussière sur les feuilles disposées à la recevoir : après quoi on sus- pend ces feuilles à l’ômbre pour les sécher : quand elles sont sèches on les remet sur la table, et avec du coton neuf on les frotte dou- cement pour en faire tomber de superflu du talc, qui peut servir pour une autre occasion, On pour- roit même employer simplement celte poussière, en la détrempant

dans l’eau mêlée de colle et d'alun,

DE BAMBOU. 55

et tracer à son gré des figures sur le papier.

Quoiqu’on ne parle ici que de l’es- pèce de papier fait de l’arbrisseau qui porte le coton, ce n’est pas à dire qu’on ne puisse argenter toutes sor- tes de papier , s’il est bien uni, et si l’on y emploie le talc préparé de la manière suivante :

Quand on a choisi une pierre de

talc fin, bien blanc et transparent,

on la fait bouillir dans de l’eau en- viron quatre heures. Après l'avoir retirée du feu , on la laisse encore dans l’eau un ou deux jours : ensuite on ja lave bien, etonla met dans un sac de toile , on la brise à grands coups de maillet. A dix livres de talc brisé, on ajoute trois livres d’alun

blanc : on moud le tout dans un

56 DU PAPIER

petit moulin, qui se tourne à la main avec une espèce de manivelle; puis on le passe par un tamis de soie, et après avoinrecueilli ce qui a passé, on le jette dans l’eau qu'on a fait tant soit peu bouillir. Quand la matière est tout-à-fait reposée”, on

fait écouler par inclination; ce qui L]

reste reste au fond, ayant été exposé au soleil, fait une masse qu’on porte dans le mortier, pour le réduire en poudre impalpable. On passe en- core cette poussière par le tamis, et on l’emploie de la manière expli- quée plus haut.

Boutique Pape

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DE BAMBOU.

AAA A AAA AAA AAA AAA AAA

Xe PLANCHE.

Boutique de papeterie.

La planche ci- jointe représente l'intérieur d’une boutique des

ouvriers sont employés , les uns à lisser le papier, les autres à le dé- barrasser des ordures qu’il auroit pu ramasser en séchan t

On remarque qu'ici l'enseigne du marchand est perpendiculairement

58 DU PAPIER

placée sur un des côtés de la bou- tique, tamdis que chez nous l'en— seigne est horizontale et occupe ex- térieurement la longueur de la bou- tique, ce qui semble nécessité par la manière dont les Chinoisécrivent, et qui est de haut en bas perpendi- culairement. Une particularité de cette enseigne c’est que les derniers mots qui se prononcent pu hu, si- gnifient qu’on ne voustrompera pas ; ce qui répond à nos mots à prix Jixe , au gagne petit, à la bonne for. Or, l’on sait que les marchands + chinois sont d’une mauvaise foi dont l’impudence surpasse toute idée. Avant J. C., on écrivit long- temps à la Chine sur des pièces de

soie et de toile : c’est pour cela que

la lettre {chi est composée tantôt du

DE BAMBOU. 5g

caractère se, qui veut dire soie, et tantôt du caractère kin, qui signifie toile. On coupoit la pièce de soie ou de toile selon la forme plus ou moins grande qu’on vouloit donner au livre. L'usage d’écrire sur la soie paroît s'être conservé pour les grandes occasions : dans les lettres adressées à M. Bertin sur la fin du siècle dernier, il en est uñe écrite sur un petit coussin de soie jaune renfermée dans une boîte de laque, sur laquelle est le dragon d’or à cinq griffes.

En l’année 95 de l’ère chrétienne,

sous les Han, un grand mandarin

du palais, nommé Tsai-Lun, in-

venta une meilleure forme de papier

qui porta son nom. Ce mandarin mit en œuvre l’é-

6o DU PAPIER

corce de différens arbres, et de vieux morceaux de pièces de soie et de chanvre déjà usés : à force de faire bouillir cette matière, il lui donna une consistance liquide , et la redui- sit à une espèce de bouillie dont il forma différentes sortes de papier. Li fit du papier de la bourre même de soie qu'on nomma papier de filasse. Peu après, l’industrie chi-

noise perfectionna ces découvertes,

et trouva le secret de polir le papier et de lui donner de l'éclat.

=

DATENT ——

On met le. papier enttmes | à

fealles .

o G

rar composées de 106

DE BAMBOU. 6:

VASAMAMAAAAANANANIAAAAARANAAANAANARARAAAAAAANANANN MN

XI° PLANCHE.

On met le papier en rame, composée de cent feuilles.

La gravure en regard et le titre

ce chapitre dispensent de donner aucune explication sur la mise en rame et sur la machine à presser qui est d’une grande simplicité. Nous consacrerons ‘donc les trois derniers chapitres de cet ouvrage à

parler des autres utilités du bambou.

6

62 DU PAPIER

On en fait des cordes et des câbles dont l’avantage est prodigieux, par- ce qu'ils réunissent la légèreté et la solidité; d’autres cordages manque- roient de la première, et même de la seconde qualité, quand il faudroit, par exemple , maintenir une barque dans le fil courant d’un fleuy ou d’une rivière.

La corde par laquelle on tire le navire est faite de l’écorce du bam- bou; elle n’a souvent que l’épais- seur du petit doigt, et ceperidant elle esttrès-forte en même temps qu’elle est très-légère. De tout ce qui croît dans la vaste étendue de lPempire de la Chine, il n’est rien, sans con- tredit dont l'utilité surpasse celle du bambou qu’on émploie à tout, même comme nourriture, ainsi que

DE BAMBOU. 63

nous l'avons expliqué plus haut. On ne conroît presque rien à la Chine, de ce qui a quelqu’usage, soit sur terre, soit sur l’eau, dans la com- position duquel le bambou n'est pas employé, ou à l'utilité duquel il ne soit pas associé. Depuis les choses les plus estimées, qui servent à orner les appartemens du prince, jusqu’au moindre outil que manie le pauvre artisan, le bambou trouve sa place partout. On en construit des mai- sons entières et tous les meubles qui la garnissent. Dans la naviga- tion, c’est le bambou qui fournit depuis la cordelle qui tire le frêle esquif, jusqu’au câble qui, lié à

Vancre, fait la sécurité du plus gros

vaisseau. Cet arbre, dit M. Van-Braam, 6.

64 DU PAPIER

qui se propage avec une étonnante abondance, et qui croît avec une rapidité remarquable, mérite d’être considéré comme un des plus grands bienfaits que la nature aitaccordésau sol de la Chine : aussi les Chinois en marquent-ils une vraie reconnois— sance, en en multipliant sans cesse le précieux usage. Il est douteux qu'aucun point du globe offre, dans le règne végétal, une substance qui ait une ulilité aussi générale que celle du bambou.

On encaisse le papier dans des corbeilles que l'or

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DE BAMBOU.

XII: PLANCHE.

On encaisse le papier dans des corbeilles, fabriquées avec des éclats de bambou,

Les. corbeilles extrêmement so- lides que l’on fabrique pour l’em- ballage des rames de papier, avec des éclats de bambou, offrent en- core une nouvelle preuve de son utilité. Il sert en effet à la confec-

tion des paniers les plus élégans, des cages, etmême des souliers d’été 6.

66 DU PAPIER

issus à claire-voie, de la manière la plus fine et la plus variée.

Les corps des pinceaux avec les- quels on marque les ballots, et gé- néralement tous ceux avec lesquels on écrit, sont des tiges menues de bambou.

Il existe à l'extrémité d’un fau- bourg de Pékin une manufacture assez singulière, il se fait un r'habillage de papier dont le débit est fort grand; c'est-à-dire que ces ouvriers ramassent tout ce qu'ils peuvent trouver de vieux papier usé pour en faire de nouveau. Peu im porte que ce papier soit écrit; qu'il ait été collé sur des châssis ou sur des murailles, ou qu'il ait servi à d’autres usages ; tout leur est bon,

et on leur en apporte des provinces,

DE BAMBOU. 67

qu'ils achètent à un prix très-mo- dique.

Ces ouvriers occupent un assez long village dont les maisons sont adossées contre les sépultures : chaque maison a une enceinte de murailles bien blanchies avec de la chaux. on voit dans chaque maison de grands monceaux de vieux papiers qu'ils ont ramassés ; s'il s’en trouve beaucoup de fin, ils en font le triage. Ils jettent ces morceaux de vieux papiers dans de grands paniers plats et assez serrés. Ils vont ensuite près d’un puits, et sur une petite pente pavée; ils lavent de toute leur force ce vieux papier; ils le manient avec la main, et le foulent avec les pieds pour le décrasser, en ôter les souillures et

68 DU PAPIER

le réduire en une masse informe : puis ils font cuire cette masse ; et, après lavoir bien battu jusqu’à ce que la matière se trouve au point qu'il faut pour en lever des feuilles, ils la versent dans un réservoir. Ces feuilles ne sont que d’une grandeur médiocre : quand ils en ont levé une assez bonne pile , ils la portent dans l’enclos voisin, où, séparant chaque feuille avec la pointe d’une aiguille, ils l’appliquent encore toute humide contre la muraille qui est très-unie et très-blanche. Dès

que l’ardeur du soleil a séché toutes

ces feuilles, ce qui se fait en peu de temps, ils les détachent et Les rassemblent,

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D°18.

mes de Papiers.

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DE BAMBOU.

XIII: PLANCHE.

Embarquement des rames de papier.

Nous n'avons plus rien à ajouter sur la fabrication du papier, ni sur la nature de ce précieux roseau qui, entre les nombreux usages auxquels il sert, doit surtout être considéré sous le rapport du papier.

La quantité des rivières, des lacs, et des canaux dont la Chine est

70 DU PAPIER

arrosée, rend les produits des di- verses manufactures d’un transport facile et peu dispendieux : il n’y a point de ville ni même de bour- gade, surtout dans les provinces méridionales, qui ne soit sur les bords ou d’une rivière ou d’un lac, ou de quelque canal. La planche XII, offre la forme d’une bar- que marchande propre à transpor- ter le papier. Cette espèce de bar- que, par sa construction n'est sus- ceptible de naviguer sans danger

que sur les canaux. Il seroit trop

10

avantureux de s’en servir sur les lacs et sur les côtes. Elle n’a ni mât

ni voile; un gouvernail et des per- ches de bambou sont les seuls moyens de la faire aller, et suffisent

sur les canaux et petites rivières.

DE BAMBOU. 71

Les canaux, de même que les rivières, sont tous couverts de bar- ques, grandes, longues ou plus petites ; on en voit quelquefois plus d’un quart de lieue de suîte ; elles sont si serrées qu’il n’est pas possible d’y en insérer aucune, et lon peut dire sans exagération, qu’en Chine, la surface des eaux est aussi habitée que celle des terres, et que la po- pulation semble s'y presser ave autant d’agitation.

IMPRIMERIE DE LE NORMANT, RUE DESEINE.

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