LIBRARY OF
1885- IQ56
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DICTIONNAIRE
DES
SCIENCES NATURELLES,
DANS LF.QUEL
ON TRAJTE MéTHODIQUEMENT DES DlFFéftENS ÊTRES DE LA NATURE , CONSIDICRÉS SOIT EN EUX-MÈMESj d'aPRÈS l'ÉTAT ACTUEL CE NOS CONNOiaSANCES , SOIT KELATIVEMENT A l'uTILITÉ ÇU'eN PEUVENT RETinER LA MÉDECINE , l'aGHICULTURE , LE COMMERCE ET LES ARTS,
SUIVI D'UNE BIOGRAPHIE DES PLUS CÉLÈBRES NATURALISTES.
PAR
Plusieurs Professeurs du Jardin du Roi , et des principales Ecoles de Paris.
T03IE TRENTIÈME,
MELL-MEZ.
F. G. Lkvtîault, Editeur, à STRASBOURG,
et ruo des Fossés M. le Prince, N." 3i, à PARIS.
Le Nuumakt, rue de Seine, N.^ 8, à PARIS.
1824.
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DICTIONNAIRE
DES
SCIENCES NATURELLES.
TOME XXX.
MELL = MEZ.
Le nombre (Texemphîres prescrit pnr la loi a été déposé.. Tous les exemplaires sont repeins delà signature de Véditeur,
DICTIONNAIRE
DES
SCIENCES NATURELLES
DANS LEQUEL
ON TBAITE MéTHODiyUEMENT DES DIFFÉRENS ÊTRES DE LA NATURE CONSIDÉKKS SOIT EN EUX-MEMES, d'aFRÈS l'ÉTAT ACTUEL DE NOS CO,\NOIbSANC£S, SOIT RELATIVEMENT A l' UTILITÉ (^Ju'eN PEUVENT RETIRER LA MÉDECINE, LAGRICULTURE , LE COMMERCE ET LES ARTS.
SUIVI D'UNE BIOGRAPHIE DES PLUS CÉLÈBRES NATURALISTES.
Ouvrage destiné aux médecins, aux agriculteurs, aux commerçans, aux arlisles, aux rnanufacluriers, et à tous ceux qui ont intérêt k connoîirc les productions de la nature, leurs caractères génériques et spécifiques, leur lieu natal, leurs propriétés, et leurs usages.
PAR
Plusieurs Professeurs du Jardin du Roi , et des principales Ecoles de Paris.
TOME TRENTIÈME,
F. G. Levrault, Éditeur, à STRASBOURG,
et rue des Fossés M. le Prince, N." 3i, à PARIS.
Le NouMiiVT, rue de Seine, N.'' 8 , à PARIS.
1824.
Liste des Auteurs par ordre de Matières. Physique générale. Zoolo,
M. LACROIX,
abre de l'Académie des
Collège de
Sciences et professeur l'rance. ( L- )
Chimie.
M. CHEVREUL, professeur au Collég. royal de Charlemagne. (Cb.)
Minéralogie et Géologie. H. BRONGNIART, membre de l'Académi des Sciences, professeur à la Faculté de Sciences. ( B. ) M. BROCHANT DE VILLIERS, me.ubr
de l'Académie des Sciences. ( B. be V. )
M. DEFRAI^iCE, memb're de plusieurs
Sociétés savantes. ( D. F.)
Botanique.
M. DESFONTAINES, membre de l'Académie
des Sciences. ( Uzsr. )
M. DE JUSSIEU, membre de l'Académie
des Sciences, prof, au Jardin du Roi. (J.)
M. MIRBEL, membre de l'Académie des
Sciences, professeur à la Faculté des
Sciences. (B. M.)
M. HENRI CASSINI, membre de la Société
pbilomatique de Paris. (H. Ciss^)
générale, Anatomie et Physiologie- M. G. CUVIER, membre et secrétaire per- pétuel de l'Académie des Scienc
rof. an CV. ou C.)
M. LEMAN maliqi
-e de la Soci<|é pbilo- de Paris. (Leh.) M. LOISELEUR DESLONGCHAMPS,
Docteur en médecine, membre de plusieurs
Sociétés savantes. ( L. D. ) M. MASSEY. ( Miss. ) M. POIRET, membre de plusieurs Sociétés
savantes et littéraires, continuateur de
l'Encyclopédie botanique. (Poir.) M. DE TUSSAC, membre de plusieurs
Sociétés savantes, auteur de la Flore des
Antilles, (De T.)
Jaidlndu Roi, etc. (G. C. Mammifères. M. GEOFFROY SAINT-HILAIRE, membre de l'Académie des Sciences , prof, au Jardiu duRoi. ^G.)
Oiseaux.
M. DUMONT, membre de plusieurs Sociétés savantes. ( Cb. D.)
Reptiles et Poissons.
M. DELACÉPEDE, membre de l'Acidémie des Sciences , prof, au Jardin du Roi. (L. L.")
M. DUMERIL, membre de l'Académie des Sciences, professeur à l'Écule de méde- cine. (CD.)
M. CLOQUET, Docteur en médecine. (H.C.)
Insectes. M. DUMERIL, membre de l'Académie des Sciences, professeur à l'École de médecine. (C. D.)
Crustacés.
M. W. E. LEACH , membrt de la Société roy. de Londres, Correspond, du Muséum d'his- toire naturelle de France. (W. E. L.)
M. A. G. DESMAREST, membre titulaire de l'Académie royale de médecine, professeur à l'école royale vétérinaire d' Al fort, etc.
Mollusques, Fers et Zoophjtes. M. DE BLAINVILLE, professeur i la Faculté des Sciences ( De B.)
M. TURPIN, n exécution des des 1 gravure.
aliste , est chargé de et de la direction de
MM. DE HU:\IBOLDT et RAMOND donneront quelques articles sur les ob]els nouveaux qu'ils ont observés dans leurs voyages, ou sur les sujets dont ils ce sont plus particulièrement occupés. M. DE CANDOLLE nous a fait la même promesse.
M. F. CUVIER est chargé de la direction générale de l'ouvrage, et il coopérera aux articles généraux de xoologie et à l'histoire des mammifère». (F. C, )
DICTIONNAIRE
DES
SCIENCES NATURELLES.
MELL
MeLLA. (Bot.) Vandell., Flor. Chil. et Lusit,, pag. 43, tab. 3, fig. 2 0. Genre de plantes dicotylédones, jusqu'à pré- sent peu connu, de la didjniamie angiospermie de Linnaeus, qui présente pour caractère essentiel : Un calice à cinq di- visions inégales, ovales, lancéolées; la supérieure plus longue que les autres; une corolle monopétale, campanulée ; le tube cylindrique, un peu recourbé, plus court que le calice; le limbe à cinq petits lobes obtus ; quatre étamines didy- names ; les filamens plus courts que la corolle , insérés sur son tube; les anthères arrondies; un ovaire supérieur, glo- buleux, surmonté d'un style filiforme, de la longueur des étamines, terminé par un stigmate bifide. Le fruit est une capsule à deux loges, à quatre valves, contenant des se- mences nombreuses, fort petites. Les feuilles sont larges, lancéolées, dentées en scie. (Poir.)
MELLA. [Ichtliyol.) Les pêcheurs des environs de Rome donnent ce nom à la liche. Voyez Liche et Luzia. (H. C. )
MELLA -HOLA. (Bot.) Nom de Volax zeylanica dans l'ile de Ceilan , suivant Hermann. (J. )
MELLEN. {Mamm.) Nom du rhinocéros chez les Cafres de la baie de Lagoa. (F. C.)
3o. I
2 MEL
MELLET. (Iclithfol.) A Nice on appelle ainsi l'athérine Joël. Voyez Joël. (H. C. )
MELLETTA. {Icldlijol.) Un des noms vulgaires de l'ar- gentine sphyrène. Voyez Sphyrène. (H. C)
MELLIFERA. {Ornith.) Ce nom et celui de Jlorîsuga sont donnés par Seba, vol. i , p. 108 , à Toiseau- mouche à gorge topaze, figuré pi. 68, ( Ch. D.)
MELLIFÈRES. {Entom.) Voyez Mellites. (CD.)
MELLILITE. (Min.) C'est, dans Kirwan , la même chose que le Mellite. Voyez ce mot et Méiilite. ( B. )
MELLINE, Mellinus. {Entom.) Nom donné par Fabricius à un genre d'insectes hyménoptères, de la famille des flori- lèges ou anthophiles. Ce genre a les antennes en fil, peu cou- dées ; Fabdomen pédicule ; le chaperon non métallique. Il difTère par ces divers caractères, d'abord des philanthes et des scolies, dont les antennes sont renflées, et ensuite des crabrons, qui ont comme eux la tête plus large que le cor- selet et les antennes en fil ; mais dans les crabrons les yeux sont rapprochés, et le chaperon est couvert de poils à reflets métalliques. Nous avons fait figurer, sous le n.° 4 de la pi. 3i , une espèce du genre Melline, dite à antennes rousses. Ces insectes ont les mêmes mœurs que les crabrons ; leur nom vient du grec [XiiKovoç, couleur de miel ou jaune de jj aille. Les principales espèces de ce genre sont les suivantes :
1." Melline a moustaches: Mellinus mjstaceus ; Sphex mjs- lacea, Linn.
Car. Noir ; à écusson jaune ; abdomen à trois bandes jaunes, dont la première est interrompue.
2.° Melline ruficorne ; Mellinus ruficornis.
C'est celui que nous avons fait figurer.
Car. Noir; corselet à taches et à écusson jaunes; abdomen à trois bandes jaunes, dont les deux premières sont in- terrompues.
3.** Melline qdatre-baa'des ; Mellinus quadricinctus.
Car. Noir ; corselet à taches jaunes ; abdomen à quatre bandes jaunes, dont la troisième n'est pas interrompue.
4.° Melline champêtre ; Mellinus campcstris.
Car. Noir ; à écusson jaune ; abdomen à quatre bandes jaunes, dont la premièxe est interrompue.
MEL 3
6.° Mellîne des champs; Mellinus arvensîs.
Car. Noir ; à écusson jaune ; abdomen à quatre bandes jaunes, dont la troisième est interrompue.
6." Mellîne cinq-bandes ; Mellinus quinquecinctus.
C'est le genre Ceropales de M. Latreille.
Car, Noir; à éci>5son jaune; abdomen à cinq bandes jaunes continues. (C. D.)
MELLINIORES. (Entom.) M. Latreille avoit désigné sous ce nom, dans le 5.* volume de l'histoire générale et particu- lière des insectes , une famille d'hyménoptères qui compre- noit les genres Psen , Trypo-rflon, Melline , Ceropales etNjsson, Depuis , dans ses Considérations générales sur l'ordre naturel des insectes , publié en i8io, il a rangé les genres Njysson y Psen et Trjpoxjlon parmi les larrates , en même temps qu'il a placé le genre Melline dans la famille des crabonites, et celui des Ceropales parmi les Pompiliens. Voyez les articles Melline et Anthophiles. (C. D.)
MELLIPHAGA. {Ornith. ) M. J. W. Lewin a établi sous ce nom , dans l'ouvrage qu'il vient de publier sous le titre de Birds of new South- J'V aies y un nouveau genre d'oiseaux qui correspond aux philédons de M. Cuvier. (Ch. D. )
MELLISUGA. ( Omith. ) Ce nom et celui de Mellivora ont été appliqués, en général, aux oiseaux-mouches et aux colibris. (Ch. D.)
MELLITATES. (C/iim.) Combinaisons salines de l'acide mel* litique avec les bases salifiables. Voyez Mellitlque acide. (Ch.)
MELLITE, Melliia. (Entom.) Nom donné par M. Kirby à un genre qui correspond à peu près au genre Andrène de Fabricius. (Desm.)
MELLITE. {Foss.) Gualtieri a donné le nom de melita rotula à des échinites fossiles en forme de disque avec des lacunes et des découpures sur leurs bords. Ces échinites se trouvent rangées aujourd'hui dans le genre Scutelle. ( D. F.)
MELLITE. [Min.) Ce minéral se présente en cristaux octaèdres ou en grains irréguliers, d'un jaune de paille, de miel ou d'huile figée , ayant l'aspect de certaines substances résineuses , et ressemblant particulièrement au succin jaune de miel: de là les noms de Honigstein et de Mdlile (pierre de miel) qui lui ont été donoés.
i MEL
Lès cristaux de mellite dérivent d'un octaèdre rectangu- laire aplati. Quand ils sont transparens, ils jouissent de la double réfraction, et le frottement développe en eux l'élec- tricité résineuse. Le mellite se bi-ise facilement : sa cassure est ordinairement conchoïde et quelquefois écailleuse ; mais il est plus dur que le succin et beaucoup moins léger que lui, puisque sa pesanteur spécifique va jusqu'à 1,66, tandis que celle du succin s'élève à peine à 1,10. Enfin, la manière dont ce minéral se comporte au feu, le distingue encore plus nettement du succin , avec lequel on étoit tenté de le confondre ; car , au lieu de brûler avec une flamme vive et odoriférante , il se réduit seulement en une cendre blanche , et sans donner ni flamme , ni fumée, ni odeur.
Klaproth, en analysant ce minéral, y découvrit un acide particulier, combiné avec l'alumine et beaucoup d'eau. Voici les proportions des principes constituans de cette alumine mellitalée ;
Acide mellique 46
Alumine 16
Eau de cristallisation 38
100
Vauquelin , en répétant cette analyse , l'a confirmée.
Les principales variétés de forme qui ont été observées jus- qu'à présent parmi les cristaux de cette substance particu- lière, sont:
Mellite primitif. Octaèdre à faces triangulaires isocèles; in- cidence de deux faces adjacentes des deux pyramides ,
93",22'.
Mellite hase. L'octaèdre primitif, dont les deux sommets sont tronqués et remplacés par une facette carrée. Les autres variétés décrites par Haiiy et M. Léman présentent toujours l'octaèdre primitif plus ou moins déguisé par des facettes additionnelles, dont ses bords et ses angles sont surchargés. Les cristaux de mellite sont rares et peu volumineux; mais il est probable que quelques succins trouvés dans les lignites' appartiennent à cette espèce et ne sont que du mellite amorphe.
Le mellite ne s'est encore trouvé que parmi les Lois altérés
MEL 5
et en partie carbonises que l'on appelle lignites .- il leur est généralement attaché et semble s'être déposé dans leurs fis- sures. On le cite particulièrement à Artern , dans le comté de Mansfeld ; à Langenbogen , dans le cercle de la Saale ; en Suisse , etc. Enfin , je crois l'avoir reconnu en grains agglu- tinés, jaunâtres, à la surface des lignites nouvellement dé- couverts au col de Pialpinson, département de la Corrèze.
Le gisement du mellite, ses caractères et ceux de son acide particulier , font penser qu'il est un produit végéto- minéral, formé aux dépens des substances ligneuses dans les- quelles il se trouve constamment, et de l'alumine contenue dans l'argile, qui récèle ordinairement ces débris des forêts du vieux monde. (Brard.)
MELLITES ou APIAIRES. (Entomol.) Nom d'une famille d'insectes de l'ordre des hyménoptères, qui comprend les abeilles , et qui est caractérisée essentiellement par le pro- longement extrême qu'ont pris les mâchoires et la lèvre in- férieure, qui font ainsi l'office d'une trompe, et qui donnent à CCS insectes la faculté de sucer le nectaire des fleurs pour en extraire la matière sucrée,
Nous avons emprunté du mot grec fj.iKtr\ct] le nom de mellites; il signifie abeilles, ainsi que l'expression, tirée du latin, apiaires, que nous indiquons comme synonyme. Cette famille correspond à peu près à celle que M. Latreille a ap- pelée mellifères et en latin anthophila. Ce dernier nom, d'ori-. gine grecque, correspond à amateurs de fleurs.
Les mellites sont figurés dans les planches 3o et oi de l'atlas qui représente les insectes dans ce Dictionnaire. On les reconnoit à leur abdomen pédicule ou attaché au corselet par une partie très-étroite et fort courte, ce qui les distingue des uropristes, comme les mouches-à-scie , dont l'abdomen est sessile , c'est-à-dire , accolé au corselet ; ensuite à Talon- gement très-notable de leurs mâchoires et de leur lèvre in- férieure, qui sont beaucoup plus étendues que les mandi- bules : disposition qu'on ne peut observer dans aucune autre famille du même ordre. (Voyez Hyménoptères.)
Sous l'état parfait, ces insectes, comme nous l'avons dit, pompent les sucs miellés que sécrètent en particulier les nec-^ taires de fleurs ; mais ils se nourrissent aussi du pollen : du.
« MEL
moins ils recueillent la poussière fécondante des étamines pour en alimenter les larves.
Beaucoup d'espèces de cette famille se réunissent en grand nombre en une sorte de société souvent gynocratique , et il y a parmi elles beaucoup d'individus privés des organes sexuels, au moins extérieurement, et qui, par cela même, sont devenus stériles. Ces sortes de mulets sont des femelles dont les parties extérieures de la génération sont avortées. Elles ne sont pas propres à la reproduction ; mais une sorte de besoin instinctif les attache à la progéniture de la race, dont l'éducation physique leur est entièrement dévolue.
Ces iieutres ont pour la plupart une disposition remar- quable dans la forme et les usages de la première pièce de leur tarse postérieur, qui est élargie, creusée en corbeille, garnie de brosses ou poils roides, à l'aide desquels ces in- sectes recueillent, pétrissent et ti'ansportent la poussière fé- condante des fleurs, qui est ensuite élaborée pour former la cire et le miel. (Voyez Abeilles, tom. 1", pag. 48.)
Nous avons rapporté dix genres à cette famille : le pre- mier, celui des hemhèces , semble différer, quant aux cou- leurs et quant à la forme, de la plupart des autres apiaires, pour se rapprocher des guêpes ou des anthophiles , comme les crabrons, les mellines, les philanthes ; mais leur lèvre infé- rieure est prolongée, ainsi que les mâchoires, et de plus leur lèvre antérieure est amincie en forme de bec, qui couvre et cache, dans l'état de repos, presque toutes les parties de la bouche.
Dans les autres genres on n'observe pas cette disposition. Il en est deux, les hjiées et les nomades, qui ont le corps peu velu ou lisse, sans duvet : les premiers ont le front plat, la tête en triangle; les seconds ont le front renflé et la tête arrondie.
Viennent ensuite les abeilles, qui se divisent en hourdons , pliyllotomes et xjylocopes ; les eucères , les euglosses et les an." arènes.
Voici un tableau propre à indiquer ces genres par la mé- thode de l'analyse.
MEL -^
Tableau des genres de r.A famille des Mellites ou Apiatre?.
Carnet. Abdomen pédicule ; lè\'re inférieure et mâchoires plus longues que les mandibules, formant une trompe ou une langue.
'très-longue, prolongée eu bec, couvrant la Louche, i o. Bemeéce.
'peu brisées , très - prolongées 6. Eucère.
tronqué; jambes épineuses 5. Euglosse.
non
tronqui
tite
étroite, comparée au cor- selet 3 . BouRDorr.
j2i,„,,. (poils rares, roiJes, 4. Xylocope.
yenlreMuvet; (.distinct. i. Abeille.
à fécusson (nul .... 7. Andrèhe.
1 conique; concave en-dessous.... 3. Phyllotomz.
triangulaire; à front plat 8. HylÉe.
arrondie; à front renflé 9. Nomade^
(CD,)
MELLITIQUE [Acide]. (Chim.) Acide organique formé d'oxTgène, de carbone et d'hydrogène, dans des proportions qui n'ont point été déterminées. Il a été découvert par Klap- roth dans le mellite, où il est combiné avec l'alumine.
Procédé de Klaprotli pour extraire l'acide du mellite.
On fait bouillir le mellite , réduit en poudre fine , dans l'eau distillée, jusqu'à ce que ce liquide n'ait plus d'action sen- sible : on laisse reposer l'eau et on la verse sur un filtre; on épuise le résidu par l'eau bouillante. Par ce moyen on obtient, 1." une matière insoluble, qui est de l'alumine re- tenant très-probablement un peu d'acide raellifique; et 2.° une liqueur aqueuse qui contient de l'acide mellitique , un peu d'alumine et une matière organique jaune.
On fait concentrer la liqueur aqueuse au bain -marie; on applique l'alcool au résidu ; on filtre; on fait évaporer l'al- cool ; on traite le résidu par l'eau froide; on filtre : la li- queur filtrée, évaporée doucement, donne des cristaux d'acide mellitique colorés , qu'il est nécessaire de redissoudre plusieurs fois dans l'eau pour les purifier. Klaproth pense que l'acide ne peut cristalliser qu'autant que sa solutiott acjueuse absorbe l'oxigène de l'air,
8 MEL
Propriétés.
Il cristallise en petits prismes durs, ou en aiguilles suscep- tibles de se grouper en sphéroïdes.
Sa saveur est aigre d'abord , et amère ensuite.
Il est dissous par l'eau et par l'alcool.
Klaproth n'a pu le convertir en acide oxalique au moyen de l'acide nitrique.
Distillé dans une cornue, il se comporte comme une ma- tière végétale non azotée : le charbon qu'il laisse, a présenté à Klaproth un peu de cendre, parce que, vraisemblablement, ce chimiste n'a pas obtenu l'acide mellitique à l'état de pureté.
Action de Vacide sur les bases salifiables.
L'acide mellitique précipite l'eau de chaux en blanc. Le précipité est soluble dans les acides nitrique et hydrochlo- rique.
Il se comporte de la même manière avec les eaux de strontiane et de baryte. Il précipite sur-le-champ l'acétate de baryte : sa dissolution , ajoutée à celle de l'hydrochlorate de baryte, donne h la longue de petites aiguilles transpa- rentes.
Il s'unit à la potasse en deux proportions.
Le mellitate de potasse neutre cristallise en prismes alon- gés, solubles dans Teau.
Le surniellitafe de potasse est moins soluble que le précé- dent ; car, si on ajoute de l'acide nitrique à une solution de mellitate neutre de potasse, on obtient du surmellitate cris- tallisé en aiguilles. Ce dernier sel se distingue du suroxalate de potasse, en ce qu'il précipite l'alun.
Le mellitate de soude cristallise en cubes et en prismes courts triangulaires.
L'acide mellitique précipite le nitrate de peroxide de fer en flocons jaunes.
Il précipite l'acétate de plomb en blanc. Le précipité est soluble dans l'acide nitrique.
Il précipite l'acétate de cuivre en flocons verts. Il ne pré- cipite pas l'hydrochlorate de cuivre.
Il ne décompose pas le nitrate d'argent.
MEL 9
Il forme avec l'ammoniaque un sel qui cristallise en pris- mes à six pans efflorescens. (Ch.)
MELLITURGE. {Entom.) M. Latreille a désigné sous ce nom de genre quelques espèces d'abeilles voisines des eu- cères, mais dont les mâles ont les antennes un peu en massue. (CD.)
MELLIVORE. (Mamm.) Voyez Ratel. (F. C.)
MELLOOR, MELLATEE. (Bot.) Marsden, dans son Voyage à Sumatra , parle d'une plante basse ainsi nommée , qvii porte une petite fleur rouge, très-odorante et fort agréable aux femmes de ce pays. Il la rapporte au nyclanthes ; mais ce ne peut être la seule espèce connue de ce genre, qui est un arbre à fleurs blanches : c'est plutôt un jasmin , et peut-être le jasminum grandijlorum , dont les fleurs sont rouges exté- rieurement. ( J. )
MELLOPHAGUS. (Ornith.) Voyez Melisso-Phago. (Ch. D.)
MELO. {Bot.) JMom latin du melon, dont Tournefort fai- sait un genre maintenant réuni au Concombre, Cucumis , par Linnaeus : le melo pepo du même auteur , en françois potiron, fait partie du genre Cucurbite. (J. )
MELOBÉSIE, Melobesia. [CoraUin.) M. Lamouroux, sans trop connaître la nature réelle d'une petite plaque calcaire fort mince, qu'on observe souvent sur la tige ou les feuilles de certaines lliallassiophytes de nos mers, et qu'Esper ran- geoît parmi les corallines , a cru devoir en former un genre sous la dénomination de Mélobésie , nom d'une océanide , suivant Hésiode. Ces mélobésies forment des plaques plus ou moins grandes, quelquefois rondes et régulières, d'autres fois irrégulières , assez grandes souvent pour couvrir presque entièrement les plantes marines et ne rien laisser aperce- voir de la couleur ni de la forme de leurs feuilles. A la sur- face de ces plaques on voit souvent quelques tubercules plus ou moins saillans, dans le centre desquels est un trou qu'on suppose être habité par un polype. Mais tout cela paroît être bien hypothétique , et même la nature orga- nique de ces corps: aussi M. Lamouroux lui-même paroit- il conserver beaucoup de doute sur la nature de ces corps organisés, qu'il ne place auprès des corallines qu'à cause de l'analogie de la matière calcaire composante, et dont il n'a
jo MEL
parlé que pour éveiller l'attention des naturalistes. M. de Lamarck n'en a rien dit.
Les espèces que le premier caractérise dans ce genre, ne sont qu'au nombre de quatre, quoiqu'il y en ait, dit-il, un trts-grand nombre.
La M. membraneuse; M. memhranacea , Esp., Zooph., t. 12 , fîg. 1-4. Des plaques très- minces, suborbiculaires, avec quel- ques cellules saillantes au centre. Sur les floridées des côtes occidentales de France.
La M. PUSTULEUSE ; M. pustulata , Lamx., Polyp. , pi. 12, fig. 2, i2 B. Des plaques orbiculaires relevées en bosse, avec des cellules saillantes et visibles à l'œil nu. Sur les mêmes plantes.
La M. FARINEUSE; M, farinosa, Lamx., Polyp., pi 1 2 , fig. 5. Des plaques polymorphes très-minces, très-petites, formant, à la surface des feuilles de fucus, une couche comme furfu- racée ; les mamelons très-petits, sans cellules visibles. Très- abondante sur le fucus linifolius de Turner.
La M. verruqueuse; M. veirucosa , Lamx. Des plaques fra- giles, couvertes de petites élévations en forme de verrues. Sur les fucus de la mer Méditerranée. (DeB.)
MELOCACTUS. {Bot.) Espèce de cacte à tige basse, re- levée de plusieurs côtes, imitant un peu la forme d'un me- lon. Voyez Cacte. ( J. )
MELOCHIA. {Bot.) Ce nom arabe, donné primitivement à une cofête , corchorus œstuans de Forskal , est maintenant celui d'un genre d'abord rangé parmi les malvacées, mais qui, à raison du périsperme existant dans sa graine, doit être reporté aux hermanniées. La corête ordinaire, corchorus olitorius , est le meloukhjeh , cité par M. Delile. (J. )
MÉLOCHIE, Melochia. {Bot.) Genre de plantes dicotylé- dones, à fleurs complètes, polypétalées , de la famille des hermanniées, de la monadelphie penlandrie de Linnaeus; offrant pour caractère essentiel : Un calice persistant, campanule, à cinq divisions ; cinq pétales ; cinq étamines ; les filamens réunis à leur base en un tube court ; un ovaire supérieur ; cinq styles; une capsule à cinq loges; une ou deux semences dans chaque loge, munies d"un périsperme.
Mélochie ?vramidale : Melochia pjramidata, Linn. ; Lamk..,
MEL '^
7/7. gen. , tab. 071 , fig. 1 ; Cavan., Diss. , 6, tab. 172 , fig. 1 ; Pluken., Almag. , tab. i5i , fig. 3; Gaertn., De fruct., t. 11 5. Plante d'environ trois pieds, dont la tige est grêle, cylin- drique, dure, ligneuse à sa base, un peu rougeàtre et pu- Lescente ; les feuilles alternes, pétiolées, ovales, aiguës, dentées en scie, glabres, longues d'environ deux pouces; les pétioles pubescens ; deux petites stipules lancéolées, rougeà- tres , un peu ciliées; les fleurs disposées en petites ombelles latérales ou axillaires , opposées à l'insertion des pétioles; les pédicelles, au nombre de trois à cinq, courts, accompa- gnés de petites bractées stipulaires; le calice pubescent ; ses découpures lancéolées, rougeàtres à leur extrémité; la co- rolle d'un rouge violet; les pétales ovoïdes, une fois plus longs que le calice. Le fruit est une capsule pendante, pen- tagone, terminée en une pyramide courte; ses angles aigus, comprimés latéralement.
Cette plante croît dans les Indes orientales, ainsi que dans l'Amérique; on la cultive au Jardin du Roi. Elle exige, ainsi que les autres espèces, la serre chaude, une terre con- sistante, renouvelée tous les ans ou tous les deux ans, des arroseniens fréquens en été. On multiplie ces plantes de mar- cottes, de boutures, faites dans des pots sur couche et sous châssis : elles ont peu d'apparence, et ne sont guères recher- chées que dans les jardins de botanique.
MÉ1.0CHIE TOMENTEUSE : Melochia tomentosa, Linn. ; Larak. , ///. gen. , tab. 671, fig. 2; Cavan., Diss,, 6, t. 172, fig. 2 ; Sloan. , Jam., tab. iSg,^ fig. 1. Sa tige est ligneuse, haute de deux ou trois pieds, divisée en un grand nombre de ra- meaux effilés, garnis de feuilles alternes, ovales, aiguës, dentées en scie, un peu glauques, tomentcuses et blanchâ- tres en-dessous, longues d'environ un pouce; les stipules subulées et velues. Les fleurs naissent vers le sommet des rameaux, dans les aisselles des feuilles; elles forment de petites ombelles solitaires, plus courtes que les feuilles, mu- nies à leur base d'une petite collerette à folioles sétacées ; le calice un peu tomenteux, teint de rouge; la corolle d'un pourpre violet; les pétales ovales-oblongs, beaucoup plus longs que le calice, à onglets vcrdàtres; l'ovaire oblon^ , pentagone, tomenteux.
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Cetle plante croît dans l'Amérique méridionale ; on la cul- tive au Jardin du Roi.
Mélochie odorante: Melochia odorata, Linn. fils, Suppl. ; Cavan., Diss. , 6, tab. lyS, fig. 2. Espèce distinguée par la grandeur de ses feuilles et celle de ses fleurs, par ses pani- cules lâches, composées, portées sur de longs pédoncules. Sa tige est garnie de feuilles alternes, pétiolées , ovales, aiguës, un peu en cœur à la base, glabres, à doubles dente- lures, marquées de nervures obliques et saillantes. Les pa- nicules sont amples, élevées sur de longs pédoncules, cou- vertes d'un duvet court et tomcnteux, ainsi que les pétioles ; le calice est strié, à cinq découpures lancéolées, aiguës; la corolle une fois plus longue que le calice; les pétales ovoïdes, alongés, rétrécis en pointe à la base, arrondis au sommet ; l'ovaire globuleux, velu; une capsule sphérique, sillonnée, velue, à cinq loges polyspermes.
Cette plante croît dans les îles de la mer du Sud.
Mélochie A FEDiLLES decorète : Melochia corchorifolia. Linn, ; Cavan., Diss., 6, tab. 174, fig 2; Dill. , Eltliam., tab. 176, fig. 217; Tsieru-uren , Rheed., Malab.. g, fig. 70. Plante her- bacée, dont la tige est grêle, rameuse, longue de deux pieds, pileuse, un peu rude; les feuilles ovales-lancéolées, aiguës, un peu en cœur à leur base, presque trilobées, glabres à leurs deux faces; les pétioles un peu velus; les stipules li- néaires-lancéolées, légèrement ciliées; les fleurs réunies en têtes terminales et denses, presque sessiles ; le calice petit, ur- céolé, à cinq dents, entouré d'un involucre à trois folioles presque sétacées ; la corolle d'un rouge jaunâtre, plus longue que le calice; Tovaire globuleux, surmonté de cinq styles réunis à leur base ; une capsule sphérique , à cinq valves monospermes, un peu pileuse. Cette plante croît dans les Indes orientales; elle est cultivée au Jardin du Roi.
Mélochie A grappes: Melochia concatenata, Linn.; Cavan. ^ Diss. G, tab. 176, fig. 2; Pluken., Phjtogr., tab. q , fig. 5. On distingue cette espèce par ses fleurs disposées en gi-appes lâches, fasciculées, terminales. La tige est droite, rameuse, légèrement velue, ainsi que toute la plante; les feuilles al- ternes, pétiolées; les inférieures ovales-oblongues; les supé- rieures lancéolées, plus étroites, aiguës, dentées en scie j
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les stipules linéaires ; les fleurs petites, presque sessiles, dis- posées en grappes simples, fasciculées ; le calice à cinq di- visions ; un involucre à trois folioles linéaires, entouré de poils roides, nombreux; la corolle jaunâtre; une capsule sphérique, à cinq loges monospermes. Cette plante croît dans les deux Indes et au Sénégal.
Mélochie CRÉNELÉE; Mclocliia crenata, Vahl. , Symh., 3, p. 86, tab. 68. Arbrisseau de l'Amérique méridionale, dont la tige est revêtue d'une écorce purpurine ; les rameaux blanchâtres, velus, tomenteux; les feuilles distantes, arron- dies, à peine longues d'un pouce, molles, blanchâtres, to- menteuses à leurs deux faces, surtout dans leur jeunesse; les stipules ovales et pileuses; les pédoncules axillaires, so- litaires, munis de quelques petites bractées sétacées ; les découpures du calice hérissées, lancéolées, une fois plus courtes que la corolle; l'ovaire velu ; une capsule blanchâtre, alongée, une fois plus longue que le calice, terminée par les styles velus et persistans. (Poir.)
MELOCHITE. {Min.) Nom donné à la pierre d'Arménie, qui est elle-même une variété terreuse du ciinre azuré ou carbonate bleu. Voyez Cuivre. (B. )
MÉLODIN, Melodinus. (Bot.) Genre de plantes dicotylé- dones, à fleurs complètes, monopétalées, de la famille des apocinées , de la pentandrie digjnie de Linnasus , dont le ca- ractère essentiel est d'avoir un calice persistant, à cinq divi- sions; une corolle hypocratériforme , à limbe double; l'ex- térieur à cinq découpures en roue; l'intérieur composé de cinq appendices plus courtes ; cinq étamines ; un ovaire supé- rieur; deux styles; une baie globuleuse presque à deux loges, polysperme.
Mélodin Grimpant: Melodinus scandens , Forst. , Gen. , t. ig; Lamk. , III. gen., tab. 179. Arbrisseau dont la tige est grim- pante, sarmenteuse , garnie de feuilles, opposées, oblongues- ovales, veinées, très-entières, et de fleurs composées; d'un ca- lice persistant, à cinq divisions ovales, aiguës, dont les bords s'appliquent les uns sur les autres ; d'une corolle monopé- tale, à tube cylindrique, trois fois plus long que le calice, pourvu de deux limbes, l'extérieur partagé en cinq décou- pures ouvertes eu roue, falciformes , finement crénelées,
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contournées, ayant moitié de la longueur du tube, et l'inté- rieur composé de cinq appendices courtes, alternes avec les divisions du limbe extérieur; de filamens très-courts, attachés dans le tube au-dessous de son milieu, portant des anthères ovales, aiguës; d'un ovaire presque globuleux, à un style de la longueur du calice , divisé en deux dans toute sa longueur. Le fruit est une baie charnue, sphérique, contenant un grand nombre de semences ovales-arrondies, un peu comprimées, éparses dans la pulpe , dont le milieu est dépourvu de semences et la fait paroitre comme biloculaire. Cet arbrisseau croît dans la Nouvelle-Ecosse. (Poir.)
MELODORUM. {Bot.) Ce genre de Loureiro a été réuni par nous à l'assiminier , asimina d'Adanson , ainsi que Voi-- chidocnrpum de Michaux et le porcelia de la Flore du Pérou. MM. Dunal et De CandoUe les réunissent à Vunona, mais dans une section distincte. Voyez Unone. (J.)
MELOE, Meloe. (Entom.) Nom d'un genre d'insectes co- léoptères à cinq articles aux deux paires de tarses antérieurs, et à quatre seulement aux postérieurs ; à élytres mous, flexi- bles : par conséquent du sous-ordre des héléromérés et de la famille des épispastiques ou vésicans.
Ce nom de méloe , dont l'étymologie est obscure, a été donné, à ce qu'il paroît, d'abord par Paracelse. C'est Lin- tiasus qui l'a emprunté à cet auteur pour en faire le type d'un genre auquel il rapportoit le même insecte que Para- celse, c'est-à-dire le Proscarabée des Latins, qui paroît être le synonyme de l'insecte que les Grecs nommoient avrizacv- ètpcç. Quelques auteurs , se fondant sur l'analogie et sur les propriétés de ce coléoptère , ont donné des explications dif- férentes. Ainsi les uns, comme Agricola, croyant reconnoître dans la démarche lente , dans la sorte d'obésité, et même dans la matière d'apparence huileuse qui suinte des articu- lations de cet insecte , celui que les Grecs appeloient sXato- zavùct^oç , Font désigné sous le nom de pinguiculus (grassouillet) , et c'est encore ainsi que les Anglois le nomment oil beetle, oil cloclc. Les uns veulent que le nom de méloe soit tiré de la consistance mielleuse de Fhumeur que rend l'insecte dans le danger [a mellco sudore qffatim exstillante, Mouffet); d'au- îres, comme Olivier, font venir ce nom du grec fXiXa: . q'.ù
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veut dire noir, à cause de la couleur générale de ces insectes.
Dans Fétat actuel de la science le genre Méloë est facile à distinguer et à caractériser par cette phrase.
Antennes à articles grenus , souvent irréguliers ( dans les mâles) ; tête plus large que lecorselet, qui est carré ; élytres mous, courts , sans ailes, ne recouvrant pas fahdoâien, qui est renflé.
Nous avons fait figurer une espèce de ce genre , planche i o , fig. 5. Nous prions le lecteur de consulter ce dessin pour suivre l'examen auquel nous allons nous livrer.
Parmi les coléoptères à élytres mous , llexibles . il n'y a que les insectes de la famille des vésicans qui soient hétéro- mérés ; car les mollipennes, tels que les lampyres, les télé- phores, etc., ont cinq articles à tous les tarses, et parmi les tétramérés il n'y a que quelques galéruques que Ton i)our- roit confondre avec les méloës.
La forme des antennes, qui sont grenues ou en chapelet, et non en masse, suffit pour les distinguer d'avec les cérocomes et les mylahres ; et comme les articulations des antennes sont arrondies en grain de chapelet, elles offrent un moyen sûr de faire reconnoître les méloës d'avec les cantharides , les zoniles et les apales , chez lesquels tous ces articles se suivent, se ressemblent pour la grosseur, dans toute leur étendue, et forment une sorte de fil continu. Dans les notoxes et les an- lïiices , ainsi que dans les dasytes et les lagries , les élytres re- couvrent des ailes membraneuses, qui manquent constamment dans le genre des méloës.
Les méloës sont de très-gros coléoptères, que l'on observe communément, au premier printemps, sur les gazons et dans les prairies, ce qui leur a fait donner, dans diiférens pays, le nom de scarabées de Mai {Majkiifer, Majiviirmlein), Ils se traînent péniblement sur la terre, surtout les femelles, à cause du poids énorme de leur abdomen. Leur couleur est généralement d'un noir violet , bronzé , doré ou rougeâtre. lueurs élytres mous ne recouvrent, comme nous l'avons dit, qu'une b'ès-petite partie du ventre, dont les anneaux sem- blent distendus par Fobésité et la quantité de sucs qu'ils ren- ferment. Les pattes sont longues , mais grêles ; elles ont peine à soulever et à porter en avant la niasse énorme que forme i'abdomen de res insectes, qui se nourrissent de \égétaux t-t
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qui en dévorent beaucoup. Cette succulence apparente les exposeroit sans doute par trop à la voracité des oiseaux et de quelques mammifères, s'ils n'avoient la faculté de faire suin- ter, au moment du danger, de presque toutes leurs articu- lations principales , Thumeur jaunâtre , onctueuse , dont l'odeur et probablement la causticité repoussent leurs enne- mis par le dégoût qu'elles leur inspirent.
Ces insectes ont été autrefois employés en médecine ; ils entroient dans la composition de plusieurs médicamens aux- quels on attribuoit de grandes vertus. On les administroit à l'intérieur. Il paroît qu'ils participoient de la propriété, re- connue dans les cantharides, d'agir puissamment sur les voies urinaires ; car Agricola , en parlant de leur emploi , dit : XJrinam patenter pellunt , sed una sanguinem.
On ne connoît pas encore complètement l'histoire des mé- loës. Degéer, qui s'en est occupé, nous apprend dans ses Mé- moires, tome V, page 3i , que les femelles déposent leurs œufs sous la terre, réunis en masse ou en un tas oblong d'une couleur jaunâtre; qu'ils sont très-petits, et que les larves en sortent au bout d'un mois. Ces larves, qu'il décrit, sont d'une forme très -bizarre, et ce qu'il raconte de leur manière de vivre, a besoin d'être vérifié, mais paroît fort extraordinaire; car il en a vu plusieurs s'attacher fortement comme animaux parasites sur le corselet de quelques diptères vivans, et y adhérer en les suçant jusqu'à ce qu'elles les eussent privés de la vie.
Les principales espèces du genre Méloë sont les suivantes.
1.° Méloe proscarabée; M. proscarabœus. C'est celui dont nous avons fait figurer la femelle, planche lo, n.° 5.
Car. Il est d'un noir violet chagriné ; le mâle a les antennes dilatées et courbées au milieu ; la plupart des mâles présentent la même particularité dans les antennes.
2. ISIÉLOE DE MAI ; M. majalis.
Car. Vahdomen est d'un rouge cuivreux.
5. Méloe automnal ; M. autumnalis.
Car. Noir lisse, avec quelques points enfoncés sur les élytres, (CD.)
MELŒBENE. {Bot.) Voyez Lebb^jde. (J.)
MÉLOLONTHE ou HANNETON, Melolontha. (Entom.)
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Nom latin donné par Fabricius à un genre d'insectes coléo- ptères pentamérés pétalocères , et qui comprend en parti- culier notre hanneton vulgaire. Nous avons fait connoitre tout ce qui tient à Thistorique de ce genre, à son étymologie et à ses mœurs, dans l'article Hanneton, tome XX, p. 26/1*
Geoffroy a aussi donné ce nom de mélolonthe à un genre d'insectes coléoptères phytophages , qui comprend les gri-- bouris et les cljtres. Ils n'ont que quatre articles à tous les tarses. (C. D.)
MELON. {Bot.) Voyez Concombre melon, tom. X, pi 227. (L. D.)
MELON. {Conchjl.) Les marchands de coquilles donnent quelquefois ce nom à la volute gondole , sans doute à cause de sa forme ovale renflée et de sa couleur d'un jaune rou- geàtre. (DeB.)
MELON D'EAU. (JSo^) Nom vulgaire de la courge pastèque } Voyez tom. XI , pag. 242. ( L. D. )
MELON D'EAU DES HOTTENÏOTS. (Bot.) C'est Vaph^y- teia hydnora , Linn. : plante charnue comme le melon , et que les Hottentots mangent. (Lëm.)
MELON A TROIS FEUILLES. (Bot.) C'est, dans les îles, le tapier , cratœva marmelos. ( Lem. )
MELONÉE. {Bot.) C'est une espèce de courge. Voyez t. XI , p. 204. (L. D.)
MELONGÈNE. {Bot.) La plante de ce nom, dont Tourne- fort faisoit un genre caractérisé par un fruit très -considé- 'rable, a été réunie par Linnaeus à la morelle, solanum. (J.)
MELONIE , Melonia. {Concliyl.) Genre de coquilles poly- thalames, de la famille des nautilacés, établi par M. Denys de Montfort, Conchyl. systém., t. 1 , p. 67 , pour de petites espèces microscopiques, dont une est figurée par Soldani, Saggio oritt. , p. 100, fig« 16, tab. II, VV, XX. Ses carac- tères sont d'être ombiliqué et d'avoir l'ouverture semilu- naire fermée par une cloison diaphragmatique, sans siphon» L'espèce qui sert de type à ce genre, et que M. Den^s de Montfort nomme la M. étrusque, M. etruscus ^ figurée dans l'ouvrage de Von Fichtel, et de S. P. E. von Moll , tabi 2, fig. a, b, c , sous la dénomination de JSauLilus poiripiloides , est une petite coquille d'une demi-ligne de diaméti-e j SUbgla- 3o. s
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buleuse, blanche, rayée de bleuâtre, qu'on trouve vivante sur les corps marins de la Méditerranée , et fossile en Tos- cane. CDe B. )
MÉLOISIE. (Foss.) Denys de Montfort , auteur de la Con- chyliologie systématique, annonce (p. 68) qu'à la Coroncine en Toscane on trouve des coquilles de ce genre à l'état fossile; mais il ne donne la description d'aucune espèce à cet état. Il est très-remarquable que la figure du type de ce genre que cet auteur a donnée , a des rapports avec la forme des nautiles, et n'en a aucun avec les coquilles figurées dans l'Encyclopédie, pi. 46g, fig. 1 , et citées comme des mélonies par M. de Lamarck dans son ouvrage sur les animaux sans vertèbres, t. 7 , pag. 61 5. Celles-ci ne se rapportent à aucun autre genre connu, et il est difficile d'en concevoir la struc- ture. Il paroît que ces coquilles, soit à l'état frais ou à l'état Ibssile, sont rares, puisqu'on n'en voit pas dans les collections. (D. F.)
MÉLONITE ou MELONS PETRIFIES. [Foss.) Voyez ce dernier article. (D. F.)
MELONS FOSSILES. (Min.) C'est par une fausse ressem- blance qu'on a donné ce nom à quelques silex jaspoïdes creux, qui n'ont d'ailleurs aucune origine végétale. On a nommé plus particulièrement Melons du Mont-Carmel , des cornalines impures , sphéroïdales , creuses, dont l'intérieur est tapissé de cristaux de quarz. Leur couleur rougeâtre et leur forme les ont fait comparer à cette espèce de melon du Midi qu'on appelle melons verts ou pastèques, qui ont l'écorce verte et la chair rouge.
Le nom de ces pierres indique leur principal lieu d'ori- gine : on en cite encore dans l'Arménie, en Sibérie, sur les rives de la Chilca, etc. ( B. )
MELONS PÉTRIFIÉS. {Foss.) On a pris quelquefois pour des melons pétrifiés, des géodes ou des cailloux chambrés, dont les cavités sont remplies de cristaux. Il nous paroît im- possible que des fruits mous , tels que les melons , aient pu garder leur forme assez long-temps pour passer à l'état fossile, (D. F.)
MELOPEPO. (Bot.) Voyez Melo. (J.)
MÉLOPEPONITE. {Foss.) C'est le nom qu'on a donné au-
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trefoJs aux pierres que l'on prenoit pour des melons pétriSés. (D. F.)
MÉLOPHAGE, Melophagus. (Enlom.) M. Latrellle a nom- mé ainsi un genre d'insectes qui comprend l'espèce d'hippo- bosque ou de diptère à suçoir corné, qui se trouve dans la laine du mouton vivant , et qu'il auroit dû appeler mélo- bosque par analogie. Nous l'avons décrit, tome XXI , p. 176, sous le n.° 2. Ce genre ne paroît pas assez déterminé par la privation des aiks et par le peu d'apparence des yeux. (CD.)
MÉLOPS. (IcMiycL) Nom spécifique d'un poisson que plusieurs auteurs ont rangé parmi les labres , et que nous avons décrit â l'article CnÉMCABnE. Voyez ce mot. (H. C. )
MELOSPINUS. (Bot.) Selon Guilandinus, cité par C. Bau- hin , le datura metel, espèce de stramoiiie, étoit ainsi nommé chez les Vénitiens. (J. )
MÉLOTHRIE, Melothria. {Bot.) Genre de plantes dicoty- lédones, à fleurs complètes, monopétalées, de la famille des cucurbitacées , de la iriandrie monogjnie de Linnœus , offrant pour caractère essentiel : Un calice campanule, à cinq divi- sions; une corolle monopétale, adhérente au calice, à cinq découpures; trois étamines insérées à la base du limbe de la corolle; les anthères conniventes, dont deux comme doubles sur chaque filament; la troisième simple; un ovaire inférieur; un style; trois stigmates; une baie à trois loges polyspefmes.
MÉLOTHRIE PENDANTE; Melotliriu pendula , Linn. , Lamk. , m. gen., tab. 28; Pluck., Phjtogr. , tab. 85 , fig. 5; Sloan. , Hist. , 1, tab. 1^2, fig. 1? Plante herbacée, dont les tiges sont grêles, anguleuses, traînantes ou grimpantes , longues de trois à quatre pieds , munies de vrilles axillaires ; les feuilles alternes, pétiolées, en cœur à leur base, à cinq lobes, un peu ondulées, à peine longues de deux pouces, médiocrement dentées en scie. Les fleurs naissent sur des pédoncules simples, axillaires, solitaires, filiformes, plus longs que les pétioles : ces fleurs sont pendantes, d'un jaune de soufre , et parmi elles il se trouve quelques mâles au milieu d'un grand nombre d'hermaphrodites. La corolle est finement denticulée , et parsemée de poils fort courts. Le
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fruit est une petite baie lisse, ovale, de la forme d'une olive, noirâtre, pendante, de la grosseur d'un pois, renfer- mant cinq à six semences. Cette plante croît dans le Canada, la Caroline , la Virginie , etc. On la cultive au Jardin du Roi.
Mélothrie fétide : Melothria fotidissima , Lamk. , Encycl. ; Trichosantes fetidissima , Jacq. , Icon. rar. , vol. 2. Cette espèce a une odeur fétide, très- désagréable, approchant de celle d'une substance animale en putréfaction. Sa racine est char- nue, fusiforme ; ses tiges sont grêles, herbacées, longues de cinq à six pieds, anguleuses et grimpantes, rudes, un peu pileuses, munies de vrilles latérales; les feuilles oblongues , profondément échancrées en cœur, mucronées , un peu on- dulées, à peine anguleuses, d'un vert grisâtre, légèrement visqueuses; les fleurs petites, axiliaires, monoïques, de cou- leur jaune ; les mâles disposées en petites grappes pédon- culées; les femelles sessiles; l'ovaire est ovale, un peu pyra- midal, strié; il lui succède une baie velue, un peu angu- leuse, rougeâtre ou d'un jaune sale, longue d'environ un pouce, à trois loges, renfermant chacune une ou deux se- mences ovales , comprimées. Cette plante croît dans la Gui- née. (PoiR.)
MELOTHRON. (Bot.) Théophraste donnoit ce nom grec à la bryone , qui étoit Vampelolece de Dioscoride , le vitis alha de Pline, et qui ailleurs étoit encore nommée ophiosta- phylon et psilotlirum. Quelques auteurs, suivant C. Bauhin , ont cru que le melothron de Théophraste étoit plutôt la douce-amère, solanum dulcamara. (J.)
MELOUKHYEH. {Bot.) Voyez Melochia. ( J. )
MEL- RAC. (Mamm.) Nom norwégien du renard isatis. (F. C.)
MELROA. (Ornith.) C'est en portugais le nom du merle commun, turdus merula, Linn. (Ch. D. )
MELSANEH. (Bot.) Nom arabe du balsamita vulgaris de Willdenow, suivant M. Delile. 11 est aussi nommé belsama, selon Forskal. (J. )
MELURSUS. {Mamm.) Nom générique donné à un animal défiguré qu'on avoit pris pour un paresseux et qui étoit un ours de l'Inde. (F. C.)
MELYCITUS. (Bot.) Voyez Mélicite. (Poir.)
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MÉLYRE, Melyris. (Entom.) Nom d'un petit genre d'in- sectes coléoptères étrangers à l'Europe, du sous-ordre des pen- tamérés et de la famille des mollipennes ou apalytres.
Ce genre, établi par Fabricius, ne comprend qu'un petit nombre d'espèces. Ce nom est tout-à-fait grec {jXiXÙfic,); mais nous ignorons quel sens on y attachoit.
Nous avons fait figurer l'espèce principale sous le n.° 6 de la planche IX.
hes caractères du genre, comparés à ceux de la même fa- mille des apalytres , peuvent être ainsi exprimés :
Corselet aussi large que long, à lords relevés, recouvrant un peu la tète ; antennes dentelées ; point de tentacules rétractiles.
A l'aide de ces notes , en effet , on peut facilement distin- guer les mélyres : car les lampyres ont le corselet demi-cir- culaire, et les téléphores, ainsi que les cyphons , qui ont le corselet carré , portent des antennes simples ; les malachies ont des vésicules charnues rétractiles; et dans les omalises , les lyques et les driles , le corps est déprimé, alongé, tandis qu'il est ovale et convexe dans les mélyres.
On ignore les mœurs de ces insectes, dont on ne connoîfc bien que deux espèces : peut-être même l'une n'est- elle qu'une variété de l'autre. Les deux se rencontrent au cap de Bonne -Espérance, d'où on les reçoit communément, de sorte que probablement elles n'y sont pas rares. Au reste, ce sont de jolis insectes d'une couleur verte dorée et grésil- lée , tant en-dessus que sous le corps. ( C. D.)
MÉLYRIDES. {Entom.) On trouve ce nom dans les der- niers ouvrages de M. Latreille, pour désigner la 5.* tribu de sa troisième famille des coléoptères pcntamérés, qu'il nomme serricornes et qu'il avoit précédemment appelés malacodermes , famille qui correspond aux Apalytres. (C. D.)
MELZCANAUHTLI. (Bot.) Nom mexicain rapporté par Fernandez, et que M. Vieillot regarde comme étant celui de la sarcelle du Mexique. (Desm. )
MELZIOZALLO. (Omith.) Nom italien du loriot d'Eu- rope , oriolus galbula, Linn. (Ch. D.)
MEMBRACE, MemZirac(5. (Entom.) Fabricius s'est servi de ce nom pour indiquer un genre d'insectes hémiptères de la famille des colliroslres, voisin des cicadelles.
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Ce nom, quoique tiré du grec {fj^i/xi^puç) , a une étymo- logie obscure ; car, à en juger par un passage du Déipnoso- phiston d'Athénée, on appcloit ainsi une sorte de poisson.
Quoi qu'il en soit, ce genre, dont nous avons fait ligurer une espèce à la planche 38 de TAlIas de ce Dictionnaire, sous le n." 3 , peut être caractérisé ainsi qu'il suit :
Télé aplatie horizontalement; corselet prolongé, difforme, hossu , cornu, voû^é ou foliacé; antennes courtes.
Ces particularités suffisent pour distinguer les espèces de ce genre d'avec celles de la même famille, c'est-a-dire , qui ont, comme elles, un bec paroissant naître du cou; les an- tennes très-courtes en soie; les ailes non croisées, à peu près d'égale consistance, mais en toit oblique, et trois articles à tous les tarses.
Le mode d'insertion des antennes, qui paroissent naître entre les yeux, les sépare des delphaces , des cercopes , des Jlates et des fulgores ; ensuite la présence de deux stemmates ou yeux lisses les fait distinguer d'avec les lystres , qui n'en ont pas, et les cigales, qui en ont trois. Les seules cicadelles sont dans le même cas, c'est-à-dire qu'elles n'ont aussi que deux stemmates; mais leur corselet n'est pas dilaté ni pro- longé en pointe aiguë.
Les mœurs des membraces sont à peu près les mêmes que celles des cicadelles; elles vivent sur les plantes, dont elles sucent les sucs sous les trois états de larve, de nymphe mo- bile et d'insecte parfait. Elles volent rarement, mais elles sautent avec agilité. Leur conformation est bizarre, et sou- vent elles se confondent, par la couleur générale de leur corps, avec les tiges et les feuilles des végétaux sur lesquels elles se développent.
Beaucoup d'es^^èces sont étrangères. Fabricius , dans les dernières éditions de ses ouvrages, a séparé ce genre en quatre autres, sous les noms de Membracis, Demis, Ledrus et Centrotus , d'après des dijOférences qu'il a cru observer dans la disposition du bec ou suçoir.
Nous n'en décrirons gne quelques espèces.
I." Memerace foliée; Membracis foliala.
C'est cette espèce que nous avons fait ligurer, planche 58. n° 5. Elle se trouve dans l'Amérique méridionale.
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Son corselet se prolonge en une sorte de crête jaune , avec une grande bande et une tache noire. ^
2." Membrace A oreilles; m. aurita. C'est le cicada aurita de Linnœus ; Ye type du genre Ledra de Fabricius ; le grand Diable de Geoffroy, sous le n." 17.
Le corselet est trés-dilaté sur les côtés ; sa couleur est grise, à taches un peu plus pâles.
0° Membuace cornue ;' m. cornuta.
C'est le centrote de Fabricius, que Geoffroy a décrit sous le nom de petit diable. Nous l'avons fait figurer dans l'Atlas de ce Dictionnaire, pi. 38, n.° 8. (Voyez Centrote.)
Son corselet présente trois pointes aiguës, deux latérales, et une postérieure aussi longue que l'abdomen ; l'insecte est gris; les ailes sont brunes.
4-° Membrace dd genêt; M. genistœ. C'est le demi - diable ^ décrit par Geoffroy, page 424, n." 19.
Il est moitié plus petit que le précédent, auquel il res- semble ; mais son corselet n'a qu'une seule pointe , qui forme l'écusson. (CD.)
MEMI3RADAS. (Ichthyol.) Voyez Célerin. (H. C. )
MEMBRANACÉES , Membranaceœ. {Bot.) Septième série du premier ordre (mucedines) de la famille des champignons, dans la méthode de Link. Ce sont des champignons flocon- neux, qu'on peut regarder comme formés par un tissu de membranes rameuses. Le Ceratium est le seul genre de cette série. Voyez ce mot. (Lem.)
MEMBRE D'É^^ÊQUE. {Bol.) Ancien nom vulgaire du gouet maculé. (L. D.)
MEMBRE MARIN, Mentula marina. {Actinoz.) On trouve assez souvent , dans les auteurs anciens , ce nom, qui équivaut à celui de priape de mer, pour désigner les holothuries, à cause d'une ressemblance grossière avec l'organe excitateur mâle de l'espèce humaine ; mais il est maintenant abandonné- (De B.)
MEMBRES [dans les insectes]. {Entom.) On nomme ainsi les appendices qui sont placés sur les parties latérales de leur tronc , et qui servent à leur transport ou à la loco- motion.
Les uns sont articulés sur les parties latérales et supérieures
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du wésothorax et du métathorax, ou 2/ et 3/ pièces du cor- selet : ce sont les ailes.
Les autres membres , au moins dans la plupart des insectes proprement dits ou hexapodes, sont appelés les pattes.
Les Ailes (voyez ce mot) sont de A'éritables instruipens de mouvement : le plus ordinairement elles ont la forme de membranes ou de rames larges et légères, souples et solides, à Faide desquelles l'insecte s'appuie et se transporte sur rair.
Leur présence, leur nombre varient, ainsi que leur con- sistance ; ce qui a servi à établir huit ordres parmi les in- sectes. (Voyez l'article Insectes.)
Les patres sont les pied^ des insectes ; elles sont distribuées par paires, au nombre de trois de chaque côté, chez la plu- part, et insérées sur des pièces différentes du corselet ou thorax. On y distingue la hanche, la cuisse, la jambe ou le tibia, et le tarse, qui, lui-même, se compose le plus souvent d'un nombre variable d'articles , et se termine par des grapins ou crochets, suivant les usages auxquels ces membres sont destinés. Voyez Pattes. (C. D.)
MEMBRILLEJO. (Bot.) Les auteurs de la Flore du Pérou citent ce nom vulgaire de leur cordia rotundifolia , espèce de sebestier. Dans l'herbier du Pérou, deDombey, le même nom est donné au cordia lutea. (J. )
MEMÇRILLOS. {Bot.) Un des noms espagnols du cognas- sier, cjdonia. (J.)
MÉMÉCYLON, Memecjlon. (Bot.) Genre de plantes dico- tylédones, à fleurs complètes, polypétalées, de la famille des onagr aires , de Voctandrie monogj'nie de Linnaeus ; offrant pour caractère esse.itiel : Un calice entier, turbiné, per- sistant; quatre pétales étalés ; huit éfamines; les anthères attachées latéralement à l'extrémité des filamens; un ovaire inférieur; un s(yle ; un stigmate; une baie couronnée par le calice.
Memécylon en tète; Memecjlon capitellatum , Linn., Burm., ^ejl., pag. 76, tab. 3o ; Lamk. , III. gen., tab. 284, fig. 1. Arbrisseau de Pile de Ceilan, dont les rameaux sont cylin^ driques, articulés, noueux aux articulations, revêtus d'une ^corce blanchâtre, garnis de feuiljes opposées, presque
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sessiles, ovales, un peu obtuses, fermes, coriaces, longues d'environ deux pouces. Les fleurs naissent, par petits bou- quets, dans Taisselle des feuilles, en espèce d'onibellules solitaires, presque en tête, soutenues par des pédoncules fort courts. Leur calice est entier; les fruits sont sphériques, couronnés, à peine de la grosseur d'un pois.
Mémécylon ramiflore : Meniecjlon ramijlorum , Lamk. , Encycl. ; Burm., ZejL, pag. 7G, tab. 5i ; 'Memecjlon tincto- rium , Willd., 5pec. , 2, p. 347. Arbrisseau dont les bran- ches sont grisâtres et les jeunes rameaux quadrangulaires , garnies de feuilles opposées, un peu pétiolées , ovales, un peu obtuses, très- entières, d'un vert tirant sur le jaune, longues d'environ deux pouces. Les fleurs sont disposées en petites panicules latérales, fasciculées, deux à quatre en- semble, d'abord très- courtes, puis alongées et plus lâches; le calice est court, évasé; les étamines très-saillantes; les anthères presque réniformes. L'ovaire devient un fruit glabre , sphé- rique, couronné, de la grosseur d'un grain de coriandre. Cette plante croit dans les Indes orientales.
Mémécylon en feuilles de cœur; Memecjlon cordatum , Lamk., Encycl. et III. gen., tab. 284, fig. 2. Espèce bien distinguée par la forme de ses feuilles. Ses rameaux sont ligneux, d'un vert cendré, tirant un peu sur le blanc, gar- nis de feuilles opposées, assez grandes, presque sessiles, en cœur, presque amplexicaules, entières, un peu alongées, d'un vert gai , longues de deux ou trois pouces; les fleurs disposées en petites ombelles lâches, munies de très-petites bractées ; le calice est entier , turbiné , un peu tctragone , strié dans le fond; le fruit glabre, sphérique, de la grosseur d'une merise. On en cite une variété à feuilles plus petites; peut- être forme-t-elle une espèce distincte. Ces plantes croissent dans les Indes orientales. La première a été recueillie à l'Isle-de-France par Commerson.
Mémécvlon a grandes feuilles; Memecjlon grande, Retz., Ois., 4, p. 26.. Cette espèce, d'après Retzius, est un grand arbre, dont les rameaux sont cylindriques ; les feuilles oppo- sées, longues d'un demi-pied, ovales, très-entières, longue- ment acuminées ; les pédoncules alternes, situés dans l'ais- gelle des feuilles, divisés en quatre ou cinq pédicelles à plu-
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sieurs fleurs; les anthères vacillantes , toutes inclinées. Cette plante croît dans les Indes orientales. (Poir.)
MÉMÉCYLOS et MÉMÉCYLON. (Bot.) Noms que les Grecs donnoient à l'arbuse et à l'arbousier ( arbutus unedo ). (Lem.)
MEMECYLUM. (Bot.) Ce nom avoit d'abord été donné par Mitchell à un genre que Linnaeus a ensuite nommé Epigea. Depuis, ce dernier l'a employé pour désigner un genre des onagraires, très- voisin des myrtées. Voyez Mémé-
CYLON. (J.)
MEMERIAN BACCALA. (Mamm.) Nom d'une race de mouton au Congo. (F. C.)
MEMINNA, MEMINA. (Mamm.) Nom propre d'une es- pèce de Chevrotains. Voyez ce mot. (F. C.)
MEMIRAM. (Bot.) Un des noms arabes de la grande ché- lidoine, cité par Daléchamps. ( J. )
MEMPHITE. (Min.) Ce nom a été pris dans trois accep- tions très -différentes.
1." C'étoit chez les anciens le nom d'une variété particu- lière d'agathe à deux couches , l'une blanchâtre , l'autre noirâtre, qu'on tiroit d'Arabie, et sur laquelle on gravoit des figures en relief, d'une couleur différente de celle du fond, genre de gravure que nous appelons camée.
2.° Dioscoride dit que le lapis mempliites étoit un caillou rond, qui paroissoit gras au toucher, qui étoit de divei^ses couleurs , et qu"on trouvoit près de Memphis en Egypte. Les naturalistes regardent ce second memphite comme un marbre.
3." De la Métherie a désigné sous ce nom la roche com- posée d'amphibole et de feispalh , à laquelle nous avons donné le nom de Diabase. (B. ) . MEMPHITIS. (Mamm.) Voyez Mephitis. (F. C.)
MENAC ou MENAK. (Min.) C"est le nom que Werner avoit donné au métal soupçonné dans un minerai de la vallée de Menakan , reconnu depuis et décrit commue un métal par- ticulier par Klaproth sous le nom de TriANE. Voyez ce mot. (B.)
MENACANITE. (Min.) Voyez Menakanite. (Lem.)
MENAIS. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs
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complètes, monopétalées , de la famille des Jorrag? nées, de la p'ntandrie monogynie de Linnaens ; offrai)t pour caractère essentiel : Un calice à trois folioles persistantes; une corolle monopétale, hyporratériforme ; cinq étamines ; im ovaire supérieur; un style ; un stigmate bifide; une baie à quatre loges monospermes.
Menais d'Amérique; Menais {oplaria, Linn., Spec; Lœfl. , Itin., 3o6. Plante a tige ligneuse , cylindrique , légèrement velue, garnie de feuilles alternes, ovales, entières, rudes au toucher. Les fleurs sont composées d'un calire à trois fo- lioles lâches, petites, concaves, acuminées; le tube de la co- rolle est cylindrique , plus long que le calice ; le limbe plane , divisé profondément en cinq découpures arrondies ; les éta- mines sont attachées au tube de la corolle; les iilaniens très- courts ; les anthères subulées ; l'ovaire est arrondi ; le style de la longueur du tube de la corolle, terminé par deux stig- mates oblongs. Le fruit consiste en une baie globuleuse, quadriloculaire , à loges monospermes ; les semences sont presque ovales. Cette plante est originaire de l'Amérique méridionale. ( Poir. )
MENAKANITE ou MENACANITE. {Min.) C'est le fer oxidé titanifère ou fer menakanite , du nom de la vallée de Menakan en Cornouailles , où il a été remarqué pour la première fois par Gregor. Voyez Titane. (B.)
MENANDRA. {Bot.) Gronovius , dans sa F/ora Virgin., donnoit ce nom au lechea major de Linnaeus, genre voisin du lin. (J.)
MENA-RABOU. {Ornith.) Voyez Founingo. (Ch. D.)
MENCHERA. {Bot.) Le pldomis lychnitis est ainsi nommé aux environs de Grenade, suivant Clusius. (J.)
MENDIMEN. {Ichtiiyol.) En Sibérie on donne ce nom à un poisson qui paroit être une grosse truite. (H. C.)
MEMDOLE. {Ichthjot.) C'est le nom vulgaire d'un poisson nommé sparus rnœna par Liniiasus , et que nous décrirons à Particle Picarel. Voyez aussi Spare. (H. C.)
MENDOJNI. {Bot.) Nom malabare , cité parRhéede, du gloriosa de Linnaeus, methonica des modernes. (J. )
MENDOZE, Mendozia. {Bot.) Genre de plantes dicotylé- dones, ù fleurs complètes, monopétalées, irrégulières, de
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la didynamie angiospermie , dont le caractère essentiel con- siste dans un calice à deux grandes folioles persistantes ; une corolle monopétale, irrégulière; le tube renflé en bosse, resserré à son orifice ; le limbe à cinq divisions arrondies , ouvertes, quatre éfamines didynames; un ovaire supérieur; un style ; un stigmate bifide; un drupe monosperme.
Vandelli, en décrivant ce genre, en cite une espèce dont les tiges sont grimpantes ; les feuilles velues, ovales, aiguè's; le calice et les pédoncules pileux. Les auteurs de la flore du Pérou ajoutent à ce genre un caractère qui n'est pas mentionné dans Vandelli ; il consiste en un double appen- dice en anneau , situé dans la corolle. Ils en présentent deux espèces, mais sans description; savoir : i." Mendozia aspera, Ruiz etPav. , Sjst. vegct. Fior. Per. , pag. i58 ; ses liges sont grimpantes, garnies de feuilles ovales, rudes à leurs deux faces; les pédoncules uniflores. 2.° Mendozia racemosa , FI. Per., l. c. : cette espèce diffère de la précédente par ses fleurs disposées en grappes; ses tiges sont également grim- pantes. Ces deux plantes croissent dans les grandes forêts du Pérou. (PoiR.)
MENDOZIA. (Bot.) Ce genre de la Flore du Pérou est le même que le mendocia de Vandelli. Voyez Mendoze. (J.) MENDRUTA. (Bot.) Voyez Ltmonion. (J.) MENDYA. (Bot.) L'arbre qui porte ce nom à Ceilan n'est pas bien connu. Burmann, dans son Thés. Zeyl. , en fait un laurier, et en donne la gravure. Il aies feuilles simples, dentelées et alternes; les fleurs petites, blanches, disposées en épi axillaire. Son calice est adhérent ou supère, divisé à son limbe en cinq dents, cinq pétales arrondis, vingt éta- mines ou plus; un ovaire simple et adhérent, devenant une baie couronnée par le limbe du calice. La présence d'une corolle et le fruit infère prouvent que ce n'est pas un lau- rier, mais que cet arbre a plus de rapport avec les myrtées. 11 existe encore à Ceilan un autre arbre nommé mœndya , waelmendja, dont le bois est dur et non cassant, que l'on em- ploie dans le pays pour faire des arcs. Linnseus, dans son FI. Zeyl., le nomme apocino -nerlum , et le décrit avec des feuilles opposées, des fleurs en ombelles axillaires et une rorollc monopétale en entonnoir; il le rapproche du nerium,
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et il paroit en effet appartenir aux apocinées. Voyez Bombu.
BOMBU-^THAZ. (J.)
MENÉ, Mené. (Ichthj'ol.) M. de Lacépède, d'après le mot grec yJvn, qui signifie lune, a ainsi nommé un genre de poissons qui appartient à la famille des gymnopomes , et que l'on distingue aux caractères s*jivans :
Tète, corps et queue très- comprimés ; ventre dentelé, caréné, convexe; nageoire dorsale unique et très -longue ; c atop es étroits , abdominaux, sanspiquans; opercules lisses, alépidotes; épaules et bassin très -développés.
On distinguera aisément les Menés des Athérines , des Cyprins, des Argentines, des Stoléphores , des Hydrargyres , qui ont le ventre arrondi, non dentelé, ni caréné ; des Buros , qui ont des catopes à piquans ; des Xystères et des DoRsuAiREs, qui ont la nageoire dorsale courte; des Serpes, qui l'ont double; des Clupées et des Clupanodons , qui ont le ventre presque droit. (Voyez ces différens noms de genres et Gymnopomes.)
Ce genre ne renferme encore qu'une espèce ; c'est la
Mené Anne-Caroline : Mené Anna-Carolina, Lacép. ; Zeus maculalus , Schneider. Nageoire dorsale , triangulaire ; cau- dale fourchue; ligne latérale tortueuse; trois pièces à chaque opercule; forme générale discoïde.
Ce poisson, sur lequel on possède fort peu de détails, brille d'un éclat doux et argentin , avec des reflets verdà- tres et des taches vagues d'un violet foncé en -dessus. Son iris et sa prunelle représentent un cercle d'argent autour d'un saphir.
M. de Lacépède l'a dédié à la compagne de sa vie, et l'a décrit d'après une figure qui se trouve dans la collection de peintures chinoises conservées au Muséum d'histoire na- turelle de Paris.
La Mené Anne -Caroline vit dans la mer des Indes. Il pa- roit que c'est Vambatta kuttée de Russel. (H. C.)
MENECHETE. (Bot.) Voyez Mekatkata. ( J. )
MENEKOUI. {Bot.) Nicolson cite ce nom pour un arbre de Saint-Domingue , qui est le capparis cjnophallophora , nommé aussi bois de couilles. Ce dernier nom est encore donné au marcgravia umbellata dans l'ile de la Martinique. (J.)
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]\TÉNÉLAS. (Entom.) Nom d'un très-beau papillon d'A- mérique, dont les ailes sont bleues, brillantes en-dessus et brunes en-(!essous. (CD.)
MENER'. {Bot.) Un pelit millet est ainsi nommé à Ceilan , suÏA^ant Hermann ; le meneritana du même lieu est le poa te- nella. (J. )
MENGEL. (Ornitli.) M. Savigny dit, pag. i3 de son Hist. nat. de l'ibis, que dans la basse Ethiopie on donne à l'ibis blanc ce nom et celui à'abou-irengel . qui signifient la fau- cille, ou , à la lettre , le père de la faucille, et expriment ainsi la courbure de son bec. ( Ch. D.)
MENIA^THE. {Bot.) Voyez MENYANTHE. (L. D.)
TVIENICHEA. {Bot.) Ce genre déplantes, publié par Son- nerai, n'est qu'une espèce de slravadium , dans la famille des myrtées. ( J. )
MÉMDIE, Menidia. {Ichthjol.) Nom spécifique d'une Athérine. Voyez ce mot. (H. C.)
MÉNILITE. {Min.) Nom de lieu ( Mesnil- Montant près Paris), donné à une variété de silex résinite. Voyez Silex
aiÉNIUTE. f B.)
MÉNIME. {Mamm.) Vicq d'Azyr donne ce nom à l'espèce de sarigue appelée aussi petite loutre de la Guiane , dont llliger a formé son genre Chironecte. Vo^ez Yapok. (Desm.)
MENINJO, MEDINJO. {Bot.) Voyez Culang. (J.)
MÉNIOQUE, Meniocus. {Bot.) Genre de plantes dicotylé- dones, à fleurs complètes, polypétalées , de la famille des crucifères, de la tétradynamie siliculeuse; offrant pour carac- tère essentiel : Un calice à quatre folioles ; quatre pétales en croix; six étamines tétradynames , les plus grandes mu- nies d'une dent vers le milieu du filament; un ovaire supé- rieur; un style court; une petite silique plane, ovale, sans rebord , à deux loges séparées par une cloison membraneuse; six à huit semences disposées sur deux rangs.
Ménioque a feuilles de lin : Meniocus linifolius , Dec, Sjst. veget. , 2, pag. 32 5; Meniocus serp\ llifoiius , Desv. , Journ. bot., 5, pag. ijZ; Aljssuin linlfolium , VVilld., Spec. Plante herbacée, dont la racine est blanchâtre , simple ou rameuse, qui produit plusieurs tiges grêles, cylindriques, plus ou
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moins rameuses, longues de six à sept pouces, couvertes de poils étalés et blanchâtres, garnies de feuilles étroites, li- néaires, blanchâtres ou d'un vert cendré, très- entières, lé- gèrement pubescentes , longues de cinq à six lignes ; les fleurs sont disposées en grappes terminales, opposées aux feuilles; les pédicelles très- courts; le calice est droit, pubescent; la corolle un peu plus longue que le calice. Le fruit est une petite silique glabre, longue de trois lignes, renfermant six semences dans chaque loge. Cette pJante croît dans les environs d'Astracan , dans la Tauride, sur le Caucase, etc. (PoiR.)
MENIPEE, Menipea, (Polyp.) Les auteurs qui se sont le plus occupés de la connoissance de ces jolis zoophytes, dont l'aspect a quelque chose de celui des plantes, ce qui leur a valu le nom vulgaire de plantes marines, ont beaucoup varié sur la place qu'ils donnent à un certain nombre d'espèces de cellaires, dont les cellules, réunies en masses enchaînées, ont leur ouverture du même côté. Palias en faisoit des es- pèces de son genre Cellulaire, qu'Ellis et Solander ont nommé Cellaire ; Gmelin les rangeoit parmi les sertulaires, et, enfin, pour Esper ce sont des tubulaires. M. de Lamarck n'a pas cru devoir les séparer des cellaires; mais M. Lamou- roux y a vu le type d'une petite coupe générique, qu'il nomme Ménipée, du nom d'une nymphe, suivant Hésiode. Ces espèces de cellaires diffèrent des autres, en ce qu'elles se bifurquent à chaque masse articulaire ; leurs rameaux se courbent en forme de panache; les cellules, plus ou moins nombreuses, forment des masses cunéiformes, et ont leur ouverture parallèle et du même côté , ordinairement sur trois rangs. Les ménlpées sont subcalcaires, très - friables : leur couleur est d'un blanc jaunâtre à l'état de dessiccation : leur grandeur ne dépasse pas un décimètre. On les trouve attachées par des fibres nombreuses à la base des corps ma- rins des mers équatoriales.
M. Lamouroux en caractérise quatre espèces : La M. ciRREUSE; M. cirrata, Gmel., Sol. et Eli., tom. 4, fig. d D. Polypier très-rameux, dichotome, recourbé; les articulations ovales, tronquées, planes et cellifèrcs d'un côté seulement.
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M. Lamouroiix rapporte à cette espèce, qui vient de l'Inde et de la Méditerranée, le Cellularia crispa de Pallas.
La M. éventail; M.Jlahellum, Gmel. , Sol. et EU., t. 4, fig. c L. Les articulations de cette espèce, qui est plus en éventail que les autres, sont entières, cunéiformes et tron- quées aux deux extrémités. La mer des Indes et d'Amérique j M. de Lamarck dit l'Océan.
La M. PELOTONNÉE; M. floccosa , Gmel. Dans cette espèce, qui paroît très-voisine de la précédente, les articulations, également cunéiformes, sont légèrement dentelées sur les bords. L'Océan indien.
La M. HYALE ; M. hjalcea, Lamour. , Polyp., pi. 5, fig. 4, a, B, C, D. Les articulations, convexes, lisses et luisantes en arrière, concaves ou planes en avant, sont subcunéi- formes, amincies sur les bords, et terminées supérieurement par deux appendices aculéiformes. De la mer des Indes. (De B.)
MENISCIUM. (Bot.) Genre de plantes de la famille des fougères, voisin des genres Hemionitis et Ceterach. Il a été fondé par Schreber, puis adopté par Swartz et Willdenow. Il a pour type les fougères suivantes, déjà connues : Poljpo- dium reticulatum , Linn. ; Asplenium sorhifoliuin , Jacq., et He- mionitis proliféra, Retz. A ces fougères il faut en joindre quatre ou cinq autres espèces nouvelles.
Ce genre est caractérisé par sa fructification privée d'in- dusium, et disposée en paquets linéaires, arqués, presque pa-- rallèles et placés en travers entre les veines de la fronde. Les espèces qui le composent croissent dans l'Inde et dans l'Amé- rique méridionale. Nous citerons :
Le M. TRIPHYLLE ; M. triplijilum , Sw., Spreng. , Anleit. , 3, lab. 3, fig. 20. A frondes composées de trois frondules : les stériles oblongues, pointues, sinuées sur les bords ; les fer* tiles lancéolées, pointues, également sinuées, mais moins sensiblement. Il croît en Chine et dans les Indes orientales. C'est une petite espèce de fougère.
Le M. ARBORESCENT; M. arhoresccns , Willd. , Kunth , Syn. pi. œquin. , 1 , p. 70. A fronde ailée et frondules lancéo- lées, acuminées , cunéiformes ou arrondies à la base, al- ternes, presque sessiles, ondulées, crénelées, à veines pa-
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raîlèles , glabres , fructifères à leur base. Cette fougère s'élève sur un tronc ou stipe arborescent, haut de six pieds. Ses frondes ont un pied de longueur. MM. Humboldt et Bon- pland l'ont cueillie dans les lieux ombragés et tempérés de la Nouvelle -Andalousie, particulièrement près Caripe , à la hauteur de 480 toises, dans les missions de Chaymas. ( Lem.)
MÉNISPERME y Menispermum. (Bot.) Genre déplantes dicotylédones, à fleurs dioïques. de la famille des ménisper- mées, de la dioécie dodécandrie de Linnœus ; offrant pour ca- ractère essentiel : 1." dans les fleurs dioïques, un calice de six à douze folioles disposées sur plusieurs rangs, six ou huit pétales sur deux rangs ; 2.° dans les fleurs mâles , douze à vingt- quatre étamines sur plusieurs rangs, les filamens longs, les anthères à quatre lobes ; 3." dans les ûeurs femelles, deux ou quatre ovaires médiocrement pédicellés, munis chacun d'un style légèrement bifide au sommet ; autant de drupes arron- dis, réniformes, monospermes.
J'ai cité, pour le caractère essentiel de ce genre, celui présenté par M. De CandoUe , et d'après lequel les méni- spermes, d'abord très- nombreux, se trouvent réduits à un très-petit nombre, la plupart des espèces ayant été renfer- mées dans d'autres genres, surtout dans les cocculus. (Voyez
COQUECULE. )
Mémsperme du Canada : Menispermum canadense, Linn. , Lamk. , IlL, tab. 824; Duham. , Arbr. , 2, tab. 5. Arbuste grimpant, dont les tiges sont glabres, menues, sarmenteuscs , longues de huit à dix pieds, garnies de feuilles alternes, pé- tiolées, peltées, en cœur, presque arrondies, glabres à leurs deux faces, un peu pubesceutes dans leur jeunesse , longues d'environ trois pouces, à trois ou cinq angles: les pédoncules des fleurs mâles sont axillaires, filiformes, en grappes rami- fiées, presque paniculées, soutenant de petites fleurs herba- cées, munies d'un calice à huit folioles, d'autant de pétales plus courts que le calice; de seize à vingt étamines, à anthères obtuses, tétragones, à quatre sillons : les fleurs femelles sont moins nombreuses , presque en corymbe ; de petites bractées lancéolées sont à la base des pédicellés. Cette plante croit dans la Caroline et au Canada, parmi les buissons, dans les bois, sur le bord des fleuves. Elle est cultivée au Jardin du 5o. 3
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Roi. Eîle ne craint pas les grands froids. On la multiplie par semis, par marcottes et par boutures. 11 lui faut un ter- rain substantiel et consistant. On peut l'employer à garnir des tonnelles, à couvrir la nudité des murs, à orner le tronc des arbres isolés, etc.
Il faut, d'après M. De Candolle, rapporter à ce genre le cissampelos smilacina, Linn.y très- peu distingué de l'espèce précédente, dont il ne diffère essentiellement que par ses feuilles glauques et blanchâtres en-dessous. Il croit à la Ca- ïoline. Fursh en a mentionné une autre espèce sous le nom de menispermum Ljoni , Flor. amer., 2, pag. 071, dont les feuilles sont en cœur, palmées et lobées , longuement pétio- lées ; les grappes simples; les fleurs à six pétales, à douze ëtamines; les baies noires et grosses. (Pgik.)
MÉNISPERMÉES. {Bot.) Famille de plantes qui tire son nom du menispermutTi , son genre principal. Elle est rangée dans la classe des hypopétalées ou dicotylédones polypétales, à pétales et étamines insérées au support du pistil. Sa place dans la série est entre les anonées et les berbéridées. Son caractère général résulte de l'addition des caractères suivans à ceux déjà énoncés.
Les fleurs sont généralement diclines ou à sexes séparés (peut-être par suite d'avortement). Les mâles et les femelles ont également un calice composé de plusieurs sépales en nombre déterminé, disposés sur un ou deux rangs, et au- tant de pétales qui leur sont opposés (ceux-ci manquent quel- quefois). Dans les mâles, les étamines, également en nombre déterminé, tantôt correspondent avec les pétales par ce nom- bre égal ou triple ou quadruple, tantôt et plus rarement cette correspondance n'a pas lieu. Eeurs filets sont séparés, ou plus souvent monadelphes, c'est-à-dire , réunis en un seul corps. Les anthères, ordinairement distinctes, sont appli- quées contre l'extrémité des filets , ou partent de leur sommet.
Les fleurs femelles ont un pistil composé, tantôt d'un seul ovaire contenant plusieurs loges monospermes ( ou par avor- tement une seule), surmonté d'autant de styles et de stig- mates, tantôt de plusieurs ovaires monospermes , ayant cha- cun leur style et leur stigmate : ces ovaires deviennent des drupes charnus ou secs, le plus souvent comprimés et courbés
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en forme de rein , ainsi que la graine qu'ils contiennent. L'embryon, également plus ou moins courbé, a ses cotylé- dons minces et plans, rapprochés ou quelquefois écartés l'un de l'autre, sa radicule presque toujours dirigée supérieure- ment. Il est entouré d'un périsperme charnu et mince, qui disparoît quelquefois entièrement.
La tige est généralement ligneuse et sarmenteuse : les feuilles sont alternes, pétiolées, simples ou composées. Les fleurs sont portées sur des pédoncules axillaires rni- ou mul- tiflores.
M. De Candolle a fait la monographie de cette famille , qu'il divise en deux sections. L'une, qui ne contient que le Schi- zandra de Michaux, est caractérisée par le nombre d'étamines non correspondant à celui des pétales. Dans l'autre , qui réunit les vraies ménispermées, cette correspondance existe entre les étamines et les enveloppes florales. Les genres rap- portés par l'auteur à cette section , sont le Lardisabala de la Flore péruvienne, le Burasaia et le Spirospermum de M. du Fetit-Thouars, le Psellium de Loureiro, VAbuta d'Aublet, le Cissampelos de Linnaeus ; le Menispermum du ntême, dont M. De Candolle a détaché le Cocculus , auquel il réunit comme congénères les genres Choruïodendrum de MM. Ruiz et Pavon, Baurngartia de Mœnch , Androphylax de Wendland , Braunca et T'Vendlandia de Willdenow, Cehatha et Lea:ba de Forskal , Fibraurea , Nephroia et Litiiacia de Loureiro, Epibaterium de Forster. A cette série M. De Candolle propose l'addition de deux genres nouveaux, qui sont le Staunlonia , établi par lui et originaire de la Chine, et le Agdestis , publié récemment dans la Flore du Mexique. (J. )
MENISPERMUM. {Bot,) Voyez Ménisperme. (Lem.)
MENISPORA, Pers. ; Camptosporium , Link. {Bol.) Genre de la famille des champignons, intermédiaire entre les genres Monilia, Actinocladinm et Bolrjtis , selon M. Persoon. Il est formé par des fibrilles droites, presque en corymbes, por- tant de petits conceptacles, ou sporules linéaires, courbés en croissant.
Le M. glaucum , Link, Ehrenb. , Sjlv. mjcoL, p. 1 1 , croît sur la surface intérieure des écorces tombées du chêne et du bouleau , et en tout temps. Ce champignon jmicrcsco-
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pique, remarqu-able par ses conceptacles , forme des taches semblables à du moisi, d'une couleur blanchâtre et glauque.
Ce genre se rapproche, suivant Nées et Ehrenberg, des rrcnres Scolicotrichum , Kuntze , Fusisporium, Lk., et Arthri- nium, Kuntze. (Lem.)
MENNONITE ou VOLUTE MENNONITE. (ConchjL) On triouve ce nom dans des conchyliologistes anciens , employé pour désigner le Cierge blanc, espèce de Cône. Voyez ces mots. (De V. )
MÉNODORE, Menodora. (Bot.) Genre de plantes dicoty- lédones, monopétalées, régulières, de la diandrie monogamie de Linnseus, offrant pour caractère essentiel : Un calice à plusieurs divisions linéaires ; une corolle à cinq divisions égales; le tube court; deux étamines situées à l'orifice du tube; un ovaire supérieur, échancré au sommet, à demi enfoncé dans un réceptacle charnu ; un style; un stigmate en tête ; une capsule ou une baie (p) à deux loges.
Ménodore a feuilles de CISTE; Menodorum helianthemoides , ■Humb. etBonpl., Plant, œquin., 2, pag. 92, tab. 110. Petit arbuste dont les tiges sont couchées, pileuses, quadrangu- laires, relevées vers leur sommet, longues de quatre à six pouces, garnies de feuilles presque sessiles, opposées, ovales- lancéolées, pileuses, presque entières, longues de cinq à six lignes , larges de deux ; les fleurs sont solitaires , axillaires , laté- rales , terminales; les pédoncules à peine de la longueur des feuilles; les divisions du calice droites, profondes, linéaires, aiguës; la corolle est monopétale, régulière; le tube court, cylindrique, pileux à son sommet; le limbe à cinq décou- pures étalées , ovales , alongées; les étamines sont insérées au sommet du tube, plus courtes que la corolle ; les anthères à deux lobes , attachées par leur milieu ; l'ovaire est supé- rieur, bilobé à son sommet, enfoncé à sa base dans un disque charnu; le style plus long que les étamines; le stigmate en tête. Le fruit paroît être une baie ou une capsule à deux loges, renfermant quelques semences.
Cette plante croît au Mexique , sur les collines. Les vaches , les mulets et les moutons la broutent avec avidité, d'où lui vient son nom, composé de deux mots grecs, menas et doron , qui donne de la force. Son fruit étant imparfaitement connu,
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il n'est pas possible d'établir avec certitude la place qu'elle doit occuper parmi les familles naturelles ; elle paroît se rapprocher des jasminécs ou des gentianées. (Poir.)
ME-NC-KI. (Bot.) Nom japonois d'un micocoulier, celtis orientalis, cité par M. Thunberg. (J.)
MENON. {Mamm.) C'est, dans le Levant, le nom parti- culier de la race de chèvre dont la peau sert à faire le maroquin. (F. C.)
MÉNONVILLÉE, Menonvillea. {Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs complètes, polypétalées, régulières, de la famille des crucifères , de la tétradjnamie siliculeuse de Linnseus , dont le caractère essentiel est d'avoir: Un calice à quatre folioles droites , un peu en bosse à leur base ; quatre pétales linéaires , entiers , en croix ; six étamines té- tradynames , sans dents ; un ovaire supérieur, pedicellé; un style ; un stigmate presque en tête ; une petite silique à deux loges convexes sur le dos, étalée en lame à son bord, formant comme deux disques parallèles ; dans chaque loge une semence ovale, comprimée, non échancrée.
MÉNONVILLÉE linéaire; McnonvUlea linearis , Decand. , Syst, tjeg. , 2, p. 420. Cette plante a des racines dures, épaisses, perpendiculaires, presque simples , écailleuses à leur collet; il s'en élève plusieurs tiges courtes , vivaces , un peu ligneuses, cendrées; les feuilles radicales sont glabres, droites, touffues, linéaires , entières , ou grossièrement dentées en scie vers leur sommet , quelquefois presque pinnatifides , longues d'environ deux pouces; les caulinaires éparses , linéaires, distantes, en- tières, à peine longues d'un pouce. Les fleurs sont disposées en grappes droites, terminales, longues d'environ deux pouces ; les pédicelles courts , filiformes ; les folioles du calice Jinéaires , obtuses, membraneuses à leurs bords; les pétales linéaires, une fois plus longs que le calice; de grosses glandes à quatre lobes sont placées entre le pistil elles deux étamines intérieures; la silique est petite, glabre, ovale, orbiculaire , légèrement pédicellée ; les semences sont roussàtres. Cette plante croit au Pérou. Elle forme un genre consacré à la mé- moire de ïhiéry de Ménonville , qui se rendit dans PAiné- rique espagnole pour la recherche de la cochenille, et du Ctictus qui la nourrit, qu'il lit transporter aux Antilles. (Poir.)
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MENSANA, MAHENDANE. (Bot.) Noms arabes de Té- purge, eiiphorhia lathjris , selo-n Daléchamps. ( J. )
MENSCHENETER. {Ornitli.) Nom flamand du vautour du Brésil, vultur urubu, Linn. (Ch. D. )
MENSONI. [Bot.) Nom japonois de Vornithogalum japoni- eum de M. Thunberg, déjà cité sous celui de kui-simira, d'a- près Ka'mpfer. (J.)
MENSTRUE. (Chim.) Nom que les anciens employoient comme synonyme dedissoh^ant ; il n'est presque plus usité. (Ch.)
MENTAVAZA. (Ornith.) L'oiseau gris que, selon Flacourt (Histoire de Madagascar, pag. ]65), on appelle ainsi dans cette île, est delà taille d'une perdrix; il a le bec long et crochu, fréquente les bords de la mer, et est de très-bon goût. Le même auteur désigne ensuite, sous le nom de mentavaza-angathou, un autre oiseau aquatique de la même couleur et de la même taille, mais qui en diffère en ce qu'il a le bec droit et plus petit. Ne seroit-il pas ici question d'uu courlis et d'un chevalier? (Ch. D.)
MENTE. {Bot.) Voyez Mexthe. (L. D.)
MENTENEH. {Bot.) Nom arabe, signifiant fétide, donné aune anserine, chenopodium murale, suivant M. Delile. (J. )
MENTHA. (Bot.) Ce nom, appartenant spécialement à un genre de plantes labiées, a été donné à d'autres labiées, telles que des cataires, des basilics, une sarriète, unliyptis. On trouve encore sous le nom de mentha corjmlifera , soit la menthe-coq, halsamita, soit l'eupatoire de Mésué , achillea ageratum ; sous celui de mentha sarracenica, la ptarmique, achillea ptarmica; sous celui de mentha lutea , l'herbe de Saint- Roch , inula dvsenterica. ( J. )
MENTHASTRUM. {Bot.) Clusius et Brunfels donnent ce nom à quelques espèces de menthe. Le mentastro des Portu- gais du Brésil est le camara des Brésiliens , le lantana des botanistes. ( J. )
MENTHE; Mentha, Linn. {Bot.) Genre de plantes dicoty- lédones monopétales de la famiile des labiées , Juss. , et de la didjnamie ejmnospermie , Linn., dont les principaux carac- tères sont d'avoir: Un calice monophylle, tiibuleux, à cinq dents presque égales; une corolle monopétale, à quatre lobes presque égaux, le supérieur ordinairement plus large que les
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autres et un peu ëchancrë; quatre étaminesdidynames, droites, écartées; un oA'aire supére, quadritide, du milieu duquel s'é- lève un style filiforme , terminé par deux stigmates divergens. Les menthes sont des plantes herbacées , presque toutes vivaces, à tiges plus ou moins tétragones , garnies de feuilles simples, opposées, et à fleurs petites, disposées, un assez grand nombre ensemble , par verticilles rapprochés en épi ou en tête au sommet des rameaux, ou écartés les uns des autres dans les aisselles des feuilles. On en connoît soixante et quelques espèces , qui croissent en général dans les con- trées tempérées des différentes parties du monde, mais dont la majeure partie cependant appartient à l'Europe ; en France seulement on en trouve prés de vingt , parmi les- quelles nous citerons les suivantes, dont plusieurs ont des propriétés qui les font employer en médecine.
'"' Verticilles de fleurs rappi^ochés en épi au sommet des tiges et des rameaux.
Menthe sauvage : Mentha sylvestris , Linn. , Spec. , 0o4; Meathaslrum , Dod. , Pempt. g6. Sa tige est cotonneuse, ainsi que toute la plante, droite, haute d'un pied à dix-huit pouces, garnie de feuilles sessiles, oblongues -lancéolées , inégalement dentées, blanchâtres. Ses fleurs sont d'un rouge clair , disposées en épis alongés ; leurs étamines sont plus longues que les corolles. Cette espèce croît dans les prairies humides, en France, en Allemagne , en Angleterre.
Menthe a feuilles rondes, vulgairement Baume sauvage: Mentha rotundifolia , Linn. , Spec, , 8o5 ; Menthastrum angLi- ci/m , Rivin, t. Si. Sa tige est droite, haute d'un pied à dix^ huit pouces, cotonneuse, garnie de feuilles sessiles, ovales ou arrondies, ridées en -dessus, tomenteuses et blanchâtres en-dessous, dentées en leurs bords. Ses fleurs sont blanches ou d'un rouge très-clair , disposées en épis alongés ; leurs étamines sont plus longues que les corolles, et les calice* presque glabres, à dents très- courtes. Cette plante est com- mune dans les lieux humides, et sur les bords des chemins et des fossés, en France, en Angleterre et en Allemagne.
Menthe crépoe : Mentha crispa, Linn., Spec, 8o5 ; Kivin , t. 5o, Cette espèce diiïere de la précédente par ses feuilles
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bordées de grandes dents inégales ; par ses fleurs, dont les ëtamines sont plus courtes que la corolle , et surtout par ses calices très- velus, à dents presque égales aux corolles. Ce dernier caractère la distingue suflisamment. Ses fleurs sont d'un rouge très-clair, disposées de même en épis alongés. On la trouve en France, en Suisse , en Allemagne et ailleurs.
Menthe verte , vulgairement Baume vert : Mentha viridis, Linn. , Spec. , 804 ; Mentha quarta, Dod. , Pempt. , 96. Sa tige est droite, glabre comme toute la plante, haute d'un pied à dix-huit pouces, garnie de feuilles lancéolées, ses- siles, bordées de dents écartées. Ses fleurs sont purpurines, nombreuses à chaque verticille , et disposées en épi alongé ; les étamines sont plus longues que la corolle. Cette espèce croit en France, en Allemagne, en Suisse, en Angleterre.
Menthe poivrée; Meniha piperita , Smith, Flor. Brit. , 2, p. 6i3. Sa tige est droite, rameuse, un peu velue, haute d'un pied et demi à deux pieds, garnie de feuilles pétiolées, ovales- aiguës ou ovales- lancéolées, quelquefois tout- à-fait lancéolées, dentées, glabres et d'un vert foncé en-dessus. Ses fleurs sont purpurines, nombreuses à chaque verticille ; elles forment, au sommet des tiges, un épi obtus, interrompu à la base; leurs calices sont striés, glanduleux, et les étamines plus courtes que la corolle. Cette menthe paroit être origi- naire d'Angleterre , et on la cultive fréquemment dans les jar- dins : c'est Fespèce dont on fait le plus d'usage en médecine.
c* J^erticilles d^Jleitrs peu nombreux et pj^ es que rap- prochés en tète au sommet de la tige et des rameaux.
Menthe odorante : Mentha odorata , Smith , Flor. Brit. , 2 , p. 61 5; Engl. Bot., t. 1026. Sa tige est droite, rameuse, haute d'un pied et demi à deux pieds, garnie de feuilles cordiformes , pétiolées, glabres. Ses fleurs sont purpurines, disposées en trois verticilles, dont le supérieur arrondi , les deux inférieurs un peu écartés, axillaires et pédoncules; les calices sont très-glabres, et les étamines contenues dans la corolle. Cette espèce croît au bord des rivières, dans la Bel- gique et en Allemagne.
jSIenthe velce : Mentha hlrsuta, Linn., Mant. , 81 ; Mentha paluitris spicata , Rivin, t. 49. Sa tige est haute d'un pied et
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demi à deux pieds, velue, ainsi que toute la plante, garnie de feuilles pétiolées, ovales en cœur, dentées. Ses fleurs sont purpurines, disposées en trois verticilles , dont l'inférieur écarté, et les deux supérieurs formant une tête ovale; les étamines sont plus longues que la corolle. Cette menthe croît dans les lieux humides et marécageux en France , en Hollande, en Allemagne, en Angleterre.
Menthe aquatique; Mcntha aquatica, Linn. , Spec, 8o5. Cette espèce ressemble beaucoup à la précédente; mais sa tige et ses feuilles sont glabres. Elle croît dans les lieux hu- mides et sur le bord des eaux, en France et dans le Nord de l'Europe.
*** Verticilles de fleia^s éloignés les uns des autres , et placés dans les aisselles des feuilles.
Menthe cultivée: Menîha sativa, Linn., Spec, 8o5 ; EngU Bot., t. 448. Sa tige est droite, simple ou peu rameuse, haute d'un pied à un pied, et demi, glabre, garnie de feuilles ovales, aiguës, dentées et pétiolées. Ses fleurs pur- purines, à étamines plus longues que la corolle, forment plusieurs verticilles dans les aisselles des feuilles supérieures. Cette espèce croît dans les lieux humides en France et dans le Midi de FEurope.
Menthe apparentée: Menlha genlilis, Linn., Spec, 8o5; Mentha arvensis verticillata versicolor , Moris. , sect. 1 1 , t. 7, fig. 5. Sa tige est un peu velue, haute d'un pied ou environ, très-rameuse, garnie de feuilles ovales, pétiolées, "dentées. Ses fleurs sont purpurines, à étamines plus courtes que la corolle; elles forment, dans les aisselles des feuilles supérieures, des verticilles presque sessiles : les calices sont campanules , glabres à leur base , ainsi que les pédicelles. Cette plante croît sur les bords des fossés en France et dans le Midi de l'Europe.
Menthe pouliot, vulgairement Pouuot : Mentha pulegium , Linn., Spec, 807 ; Pulegium, Fuchs. , Hist., 198. Sa tige est presque cylindrique, pubescente , très-rameuse, couchée à sa base, longue de six a. douze pouces , garnie de feuilles ovales, obtuses, à peine dentées. Les fleurs, purpurines et disposées par verticilles épais, occupent une grande partie
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de la longueur des tiges. Cette menthe croit dans les lieux humides et sur les bords des fossés , en France , en Allemagne , en Suisse , en Angleterre.
Menthe des cerfs : Menfha cervina , Linn. , Spec, , 807 ; Pulegiiim angiistifolium , Moris. , se'ct. ii, t. 7, fig. 7. Sa tige est trés-rameuse , couchée à sa base, glabre, longue de six à douze pouces, garnie de feuilles linéaires -lancéolées. Ses fleurs, sont purpurines ou blanches , et disposées en verti- cilles épais dans les aisselles des feuilles supérieures. Cette plante croît dans les lieux humides du Midi de la France.
Les menthes sont des plantes trés-anciennement connues. M/j'Ôsç ou fjLivùn paroissent être les premiers noms sous lesquels elles furent désignées , et ils rappellent une de ces méta- morphoses dans lesquelles la brillante imagination des Grecs se plaisoit à chercher l'origine des différens êtres qui peu- plent lu terre. Voici comme Oppien , poëte grec, raconte cette fable. Pluton, épris d'amour pour Minthe, fille du Cocyte , devint infidèle à la fille de Cérès , qui, ayant sur- pris sa rivale avec son époux , s'en vengea en la changeant en plante. Ovide indique aussi cette métamorphose en quel- ques mots :
u4n tibi quondam J^emineos artus in olentes vertere menthas Persephone licuil ? {Metain. X.)
L'agréable odeur de la menthe lui fit aussi donner le nom d'«crt;ocr/xoç , qui répond assez à celui de baume; dénomina- tion qu'on donne vulgairement à plusieurs espèces de men- thes. Mais les Latins lui conservèrent de préférence son pre* mier nom, et ils l'appelèrent toujours mentha.
Célébrées dans la mythologie, les menthes étoient égale- ment, dès la plus haute antiquité, estimées comme plantes utiles, et l'on voit la menthe, cultivée sous les noms de /xlvSoç et ^S'vofffxov-, faire déjà partie de la matière médicale d'Hippocrate. Théophraste et Dioscoride en font mention sous se dernier nom.
Avec quelques notions exactes sur les vertus de la menthe, on trouve dans les anciens un plus grand nombre de supers- titions ridicules : ainsi, pour guérir les maladies de la rate, il falloit, pendant neuf jours, manger quelques feuilles de
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menthe sur le pied même sans les cueillir, et prononcer en même temps certaines paroles. Pour que cette plante , pul- vérisée, pût produire un effet salutaire contre les douleurs d'estomac , il falloit ne prendre cette poudre qu'avec trois doigts. Selon Dioscoride , la menthe excite à l'amour; mais bientôt après le même auteur ajoute que cette plante, appli- quée sur l'organe sexuel des femmes, les empêche de concevoir. Hippocrate et Pline assurent qu'elle refroidit, énerve et rend impropre à exercer l'acte vénérien. C'est d'après Dioscoride qu'on a souvent répété que l'immersion delà menthe dans du lait l'empêchoit de se coaguler et d'être converti en fromage , et que son application sur les mamelles distendues par ce fluide le détournent de ces organes. De là aussi est venu l'emploi assez fréquent qu'on faisoit autrefois de cette plante pour favoriser l'absorption du lait amassé dans les mamelles des nourrices , et pour en faire cesser la sécrétion.
Non-seulement les anciens faisoient un usage fréquent des menthes comme remèdes , mais elles leur servoient aussi comme plantes d'agrément. Pline nous apprend qu'on s'en couronnoit et qu'on en parfumoit les tables dans les repas champêtres. Mais il est temps de nous occuper de ces plantes sous le rapport de leurs propriétés plus positives, celles qui leur ont été reconnues par les modernes.
Les menthes peuvent être considérées comme un des genres dont les espèces offrent le plus d'uniformité dans leurs ver- tus, et parmi les labiées elles paroissent être celles qui jouis- sent dans le plus haut degré de la propriété tonique et exci- tante qui appartient en général à toutes les plantes de cette famille. Elles ont toutes une odeur agréable, pénétrante ^ plus ou moins exaltée : leur saveur est amère, aromatique, un peu camphrée, et l'impression qu'elles font sur la langue est d'abord chaude; mais elles laissent un sentiment de fraî-i cheur piquante assez durable. La dessiccation paroît plutôt augmenter que diminuer ces qualités, qui sont dues à un principe gommo -résineux, amer, un peu acre, et à une huile volatile très- odorante ; principes plus solubles dans l'alcool que dans l'eau.
L'emploi des menthes est avantageux toutes les fois qu'il est nécessaire de ranimer les forces , surtout celles du sys-
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tème nerveux ; l'impression fortifiante qu'elles portent sur restomac , est bientôt transmise par les nerfs à tout l'orga- nisme. Les cas dans lesquels on peut en faire l'application sont nombreux; mais il suffira d'indiquer ici les principales maladies dans lesquelles ces plantes paroissent plus particu- lièrement devoir être utiles. On prescrit les menthes contre les débililés de l'estomac, les flatuosités qui ont pour cause l'atonie du système digestif, les vomissemens spasmodiques , les coliques nerveuses, l'hypocondrie, l'hystérie, la cépha- lalgie ; on les conseille aussi dans les fièvres accompagnées de symptômes nerveux, dans les affections soporeuses, la para- lysie, l'asthme humide, les catarrhes atoniques des vieillards, la leucorrhée, le défaut de menstruation.
Jouissant toutes des mêmes propriétés, les différentes men- thes pourroient être employées dans les cas ci-dessus ; maison préfère le plus souvent pour l'usage la menthe crépue, et surtout la menthe poivrée. Cette dernière est celle qui possède dans le degré le plus éminent l'odeur , la saveur et toutes les qualités propres aux autres plantes de ce genre. On la donne le plus souvent en infusion aqueuse et théiforme.
Dans les pharmacies, la menthe poivrée sert à plusieurs préparafions; on en fait une eau distillée, une teinture alcoolique, une conserve, et l'on en retire une huile essen- tielle. L'eau distillée s'emploie dans les potions antispasmo- diques et stomachiques , à la dose d'une à quatre onces ; elle fait la base d'une potion, très -estimée et très -efficace contre les vomissemens nerveux, dans laquelle elle entre à la dose de quatre onces, et dont les autres ingrédiens sont une once de sirop de limon et un demi-gros de carbonate de potasse. La teinture alcoolique et l'huile essentielle se donnent dans les potions cordiales ; la première à la dose d'un à deux gros sur quatre à cinq onces de liquide, et la seconde à celle de deux à quatre gouttes.
C'est avec la même espèce qu'on fait une excellente liqueur de table, et les pastilles de menthe si connues et si agréables. Les parfumeurs se servent de son huile essentielle pour aro- matiser des huiles et des pommades destinées à la toilette.
Dans les cuisines on emploie quelquefois les feuilles de la menthe poivrée dans les ragoûts, dans les sauces. QueL
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qnes personnes les mêlent dans les salades, pour les aro- matiser et en relever la saveur. La mienthe cultivée et la mentheverte sont aussi assez souvent employées à ces derniers usages.
Il y a quelques années que M. Astier, alors pharmacien à l'hApital d'Alexandrie , a recommandé l'emploi d'une forte infusion de menthe poivrée, en lotions, contre la gale, et les expériences faites à ce sujet dans les hôpitaux ont con- firmé Tefficacité de ce remède , qu'il faut employer quinze jours de suite pour obtenir une guérison complète. Depuis M. Astier, M. Bouîlay, pharmacien à Paris, a proposé de substituer à ces lotions une pommade de moelle de bœuf et d'essence de menthe poivrée : on s'en serviroit pour faire des frictions comme avec les onguens antipsoriques.
La menthe crépue étoit autrefois plus usitée que la menthe poivrée, qu'on lui a substituée depuis; car, dans le Codex de l'ancienne faculté , la première est citée comme devant faire partie d'un assez grand nombre de compositions phar- maceutiques, dont la plus grande partie est aujourd'hui tom- bée en désuétude.
Les autres espèces qui ont été employées ou qui le sont encore quelquefois, sont ; i.° la menthe à feuilles rondes, connue aussi sous les noms de menthe sauvage et de baume d'eau à feuilles ridées; 2." la menthe apparentée , vulgaire- ment menthe commune, baume des jardins, herbe de cœur; 3." la menthe verte ou à feuilles étroites , nommée encore menthe à épi, menthe de Notre-Dame, menthe romaine ; 4.° la menthe aquatique , communément menthe rouge , baume d'eau à feuilles rondes ; 5.° la menthe pouliot , ou tout simplement le pouliot, et 6." enfin, la menthe des cerfs ou menthe cervinc.
Parmi ces dernières espèces, celle qui a eu le plus de répu- tation , comme possédant des vertus particulières , est la menthe pouliot. Peu de plantes étoient plus estimées et plus employées qu'elle dans la médecine ancienne. On avoit une si haute idée de ses propriétés, qu'on alloit jusqu'à croire qu'il suffisoit d'en porter une couronne pour guérir les maux de tête et les vertiges , et qu'on pouvoit s'exposer au soleil le plus ardent sans éprouver de sueur, lorsqu'on avoit eu
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soin (l'en placer derrière ses oreilles. Le nom de mentha podagraria qu'a porté cette espèce , atteste qu'elle a eu une grande réputation contre la goutte. Elle a passé aussi pour vermifuge , et des médecins recommandables en ont voulu faire un spécifique contre la toux convulsive. Aujourd'hui le pouliot n'est plus guère usité; cependant, à cause de son odeur forte, pénétrante, et à cause de son amertume et de son àcrété, il doit être considéré comme une des menthes les plus énergiques. ( L. D.)
MENTHE A BOUQUETS. (Bot.) Nom vulgaire de la bal- samite odorante. (L. D.)
MENTHE DE CHAT. {Bot.) C'est la cataire commune. (L. D.) MENTHE DE CHEVAL. (Bot.) C'est la menthe sauvage. (L. D.3
MENTHE COMMUNE. (Bol.) C'est la menthe apparentée, mentha gentilis. ( L. D. )
MENTHE COQ. (Bot.) C'est la balsamite odorante; voyez tom.III, pag. 487. (L.D.)
MENTHE A ÉPI ou MENTHE DE NOTRE-DAME. (Bot.) Noms vulgaires de la menthe verte. ( L. D. )
MENTHE GRECQUE. {Bot.) Autre nom vulgaire de la balsamite odorante. (L. D.)
MENTHE A GRENOUILLES. {Bot.) Nom vulgaire de la menthe aquatique. ( L. D.)
MENTHE ROMAINE. {Bot.) Ce nom est commun à plu- sieurs espèces de menthes, comme mentha gentilis, viridis et sativa, et à la balsamite odorante. (L. D.)
MENTHE ROUGE. {Bot.) C'est la menthe aquatique. (L.D.)
MENTHE DE SAINTE- MARIE. {Bot.) C'est encore un des noms vulgaires de la balsamite odorante. ( L. D.)
MENTHE SAUVAGE. {Bot.) On donne vulgairement ce nom à plusieurs espèces de cataire, et à la menthe à feuilles rondes. (L. D.)
MENTIANE. {Bot.) Nom vulgaire de la viorne. (L.D.) MENTON ou GANACHE, Mentum. {Entom.) On nomme ainsi, dans les insectes, la partie cornée de la tête qui sou- tient la lèvre inférieure. Voyez BocjchEj tom. V, pag. 248. (CD.)
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MENTONNIER. (IcUthyol.) Nom spécifique d'un Tricho- roDE. Voyez ce mot. (H. C.)
MENTZÈLE, Mentzelia. {Bot.) Genre de plantes dicotylé- dones, à fleurs complètes, polypétalées, régulières, de la famille des loasées , de la polyandrie monogjnie de Linnœus, offrant pour caractère essentiel .- Un calice à cinq folioles; cinq pétales attachés au collet du calice; des étamines nom- breuses; un ovaire inférieur; un style; un stigmate; une capsule cylindrique, uniloculaire , polysperme, s'ouvrant en trois valves à son sommet.
McNTZÈf.E RUDE : Mciitzelia aspcva, Linn. ; Plum. , Gen., 4I5 tab. 6; Burm., Amer., tab. 174, fig. 1. Cette plante est hérissée sur toutes ses parties de poils nombreux , terminés en une petite étoile à rayons courbés en hameçon et accro- chans. Les tiges sont herbacées, diffuses , rameuses , garnies de feuilles alternes, pétiolées, ovales- oblongucs , aiguës, longues d'environ deux pouces , souvent divisées plus ou moins profondément en trois lobes, les deux latéraux très-courts, obtus, dentés en scie, d'un vert foncé à leurs deux faces. Les fleurs naissent dans les aisselles des feuilles supérieures; elles sont jaunes, solitaires, un peu pédonculées, assez gran- des ; les folioles du calice lancéolées, aiguës, caduques; les pétales crénelés, obtus à leur sommet; les étamines nom- breuses, de la longueur du calice. Le fruit est une capsule hérissée , alongée , cylindrique. Cette plante croît au Mexique.
Mentzèle hispide : Mentzelia hispida, Juss. , Ann. Mus., 5, pag. 14 ; Lamk. , III. gen. , tab. 426 ; Mentzelia aspera, Cavan., Icon. rar. , i , pag. 5i , tab. 70. Confondue avec l'espèce pré- cédente, celle-ci en diffère par ses tiges, ses feuilles et ses fleurs. Ses racines produisent plusieurs tiges rudes et rami- iiées ; les rameaux inférieurs dichotomes ; les feuilles alter- nes, très-peu pétiolées, sessilcs, ovales- lancéolées, en cœur à leur base, crénelées et à doubles dentelures; les supé- rieures presque opposées a. la bifurcation des rameaux : les fleurs presque sessiles, axillaires , solitaires dans la bifurca- tion des rameaux; leur calice turbiné, alongé ; ses folioles longues, aiguës; les pétales entiers, arrondis, acuminés, plus longs que le limbe du calice. Cette plante croit au Mexique.
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On trouve une Iroîsième espèce de Mentzelia dans le Magaz, botan., tab. 1760, sous le nom de Mentzelia olygosperma. Ce genre a été consacré par Plumier à Mentzelius , médecin de l'électeur de Brandebourg, qui a fait figurer plusieurs jolies plantes. (Poir.)
MENU, {Ichthvol.) Nom spécifique d'un cycloptère que nous avons décrit dans ccDiotionnaire , t.* XII, p. 296. (H. C.) MENUET ou MENUCHON ROUGE. (Bot.) Noms vulgaires du mouron des champs. (L. D.)
MENUISAILLE et MENUISE. {Ichthvol.) Les pêcheurs, dans beaucoup de cantons, emploient ces mots comme des synonymes de Fretin. (H. C.)
MENUISIÈRES [ABEILLES]. (EnLom.) Réaumur a nommé ainsi les espèces d'abeilles qui déposent leurs larves dans le bois, qu'elles coupent et perforent. On en a fait depuis le genre Xylocope. Vabeille violette de Linnaeus et de Geoffroy est de ce nombre. Voyez, dans ce Dictionnaire, la planche 29, n." I. (CD.)
MENU-PENSÉE. (Bot.) Variété de la pensée ou violette tricolore. (L. D.)
MENURE; Mœnura, Shaw. (Ornith.) Cet oiseau, de la Nouvelle-Hollande, a le bec triangulaire et plus large que haut à la base, sur laquelle se projettent des plumes sétacées partant du front. La mandibule supérieure, qui est presque droite, s'incline un peu vers la pointe ; les narines, situées au milieu , sont garnies d'une membrane : les tarses , dénués d'éperons, sont maigres et recouverts en devant de larges écailles ; leur longueur est double de celle de l'intermédiaire des trois doigts de devant, qui est uni à l'extérieur jusqu'à la seconde articulation .- les ongles , aussi larges qu'épais , sont peu courbés et obtus ; celui du pouce est le plus alongé: les ailes sont courtes et concaves ; la première rémige est la plus courte, et les huit suivantes augmentent graduellement en longueur; les pennes caudales, très-longues, ont des formes diverses.
Les deux plus longues pennes de la queue des mâles re- présentant les branches d'une lyre , cette circonstance a tel- lement frappé les yeux, que plusieurs naturalistes en ont tiré la dénomination générique de l'oiseau. Un d'eux, qui a
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conservé , pour le genre , celle de ménure , originairement donnée par les auteurs anglois, a même créé une £: mille de ce nom, quoique cette extension fut encore moins natu- relle pour un attribut purement spécifique, que trés-vraisem- blablement d'autres espèces n'offriroient pas , si l'on en dé- couvroit par la suite, et auxquelles , d'après cela, les noms générique ou de famille ne conviendroient plus, quand elles en réuniroient les autres caractères.
Le ménure est de la taille des faisans , et les Anglois le nomment faisan de montagne dans les cantons rocailleux de la Nouvelle-Hollande, où il se tient sur les arbres, et n'en descend que pour chercher sa nourriture. C'est, en effet, avec cet oiseau et avec le petit tétras , qu'il paroit avoir le plus de rapports : aussi avoit-on d'abord rangé près d'eux les individus qui existent au Muséum de Paris ; mais plusieurs considérations ont fait juger, depuis, que le ménure devoit être plutôt un passereau qu'un gallinacé , et on l'a trans- porté près des merles , parmi les insectivores. C'est égale- ment la place que ce genre occupe dans le système ornitho- logique de M. Temminck, dont l'analyse est en têle de la seconde édition de son Manuel, l-'opinion de ce naturaliste et celle de M. Cuvier , relativement à la nature des alimens dont se nourrit l'oiseau , paroissent avoir pour base principale la remarque, par eux faite, que le bec est légèrement échancré vers la pointe. M. Vieillot, qui annonce cette partie comme entière , le place entre les calaos et l'hoazin ou sasa. Au reste, on a maintenant d'assez fréquentes relations avec la Nouvelle-Hollande , pour espérer que- l'état d'incertitude dans lequel nous sommes encore sur le genre de vie du mé- nure ne subsistera pas long -temps, puisque, en supposant qu'on n'eût pas l'occasion d'étudier ses mœurs, une prompte dissection d'individus tués sutiiroit pour résoudre la question.
M. Parkinson ayant procuré aux auteurs de l'Histoire natu- relle des Oiseaux dorés les individus qu'ils ont les premiers fait peindre en France , il n'est pas étonnant qu'ils aient dé- signé l'unique espèce du genre sous le nom de Ménure Par- kinson; et l'on auroit suivi leur exemple dans ce Diction- naire, si, en écartant le nom de l;)re , comme terme géné- rique, il n'avoit paru naturel de le conserver à l'espèce que, 5o. 4
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seul, il désigne si bien qu'on pourroit se dispenser, pour le mâle, d'une plus ample description.
Ménure porte-lyre; Mœnura lyrata , Dum. Cet oiseau, très-bien figuré, pi. 1 5 et 16, à la suite des Paradisiers, dans le second volume des Oiseaux dorés , de feu Audebert et de M. Vieillot, a environ trente-huit pouces de longueur totale , et quinze du bout du bec à l'origine de la queue. Quoique le ménure ne brille ni par le luxe ni par la richesse du plumage , il peut figurer parmi les plus beaux oiseaux. A la taille élégante du faisan il joint le port et la démarche du paon , et le mâle se fait surtout remarquer par la forme extraordinaire de sa queue, qu'il tient relevée lorsqu'il est à terre. Des seize pennes qui la composent, douze ne présentent qu'une tige garnie de filets presque parallèles et très -écartés dans toute sa longueur , à l'exception de la base , où l'espace qui sépare ces filets est rempli par des barbules soyeuses : deux pennes, qui partent du centre, ne sont garnies que d'un seul rang de barbes serrées et étroites, et se recourbent en arc, chacune de leur côté; enfin, les deux pennes externes ayant la figure d'une S dans un sens opposé aux précédentes, et dont les barbes extérieures sont très - courtes , tandis que les barbes intérieures sont grandes et serrées, forment un large ruban, avec des bandes régulières, alternativement brunes et rousses, dont une partie a la transparence du cristal, et qui , à rextrémité,sont d'un noir velouté, frangé de blanc. La gorge, les couvertures et les pennes des ailes sont rousses : les autres pennes sont d'un gris brun sur le corps et cendrées en -des- sous. Les plumes du dessus de la tête sont assez alongées pour former une petite huppe.
La femelle, d'une taille un peu inférieure à celle du mâle, n'a que douze pennes caudales , étagées , dont la forme ne présente rien de particulier. Ses plus longues pennes ont en- viron dix-sept pouces , et les plus extérieures n'en ont que dix. Les plumes de sa tête sont plus courtes, et son plu- mage est , en général , d'un brun sale foncé , à l'exception du ventre , qui est cendré. H y a peu de différence entre la femelle et les jeunes mâles jusqu'à ce que ceux-ci aient subi leur première mue. (Ch. D. )
MÉNYANTHE; Meriyanihcs , Linn. {Bot.) Genre de plantes
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dicotylédones monopétales, de la famille des gentianées , Juss., et de là pentandrie mono gy nie , Linn. , dont les principaux ca- ractères sont ; Un calice inonophylle, à cinq divisions profon- des; une corolle monopétale, infond ibulifonne, à limbe par- tagé en cinq lobes, chargés de cils nombreux; cinq étaniines alternes avec les divisions de la corolle et à anthères bifides à leur base; un ovaire supère, surmonté d'un style terminé par un stigmate à deux lobes ; une capsule globuleuse , à une loge, à deux valves, contenant des graines nombreuses, attachées le long de deux réceptacles parallèles aux valves.
Les ményanthes sont des plantes herbacées , naturelles aux: lieux aquatiques. On n'en compte plus que trois espèces , depuis que plusieurs autres plantes, qui en faisoient autre- fois partie , ont servi à établir le genre Villarsia.
Mbnyanthe TRIFOLIÉ; vulgairement Trèfi:.e aquatique, Trèfle DES marais: Menjanthes trifoliata , Linn., Spec, 208; Bull. Herb. , tab. i3i. Sa racine est vivace , grosse comme une plume à écrire, noueuse, jaunâtre, horizontale: elle produit une tige nue, cylindrique, haute de huit à douze pouces, terminée par vingt à vingt -cinq fleurs blanches, mêlées d'une légère teinte purpurine, portées chacune sur un pé- doncule muni d'une bractée à sa base , et disposées en une grappe d'un charmant aspect. Ses feuilles sont toutes radi- cales, longuement pétiolées, en petit nombre à côté des tiges, et composées de trois folioles ovales- oblongues, d'un vert foncé, très-glabres, ainsi que toute la plante. Celle-ci croît dans les prés humides et marécageux, en France, en Europe et dans l'Amérique septentrionale.
Ses racines et ses feuilles ont une forte saveur amère : leurs propriétés sont d'être toniques, fébrifuges, anthelmin- tiques; on les a aussi regardées comme diurétiques, fondantes et emménagogues. Le scorbut est une affection dans laquelle le ményanthe a été le plus vanté et le plus usité, et on cite un grand nombre d'exemples de cette maladie guérie avec le suc de cette plante , ou avec sa décoction dans la bière ou dans l'eau. Le ményanthe a aussi été employé avec avan- tage dans les scrophules, l'hydropisie , l'ictère, les obstruc- tions abdominales , la goutte, les rhumatismes chroniques, les fièvres intermittentes; on en a aussi fait usage contre le$
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vers, l'hypocondrie, la paralysie, les dartres, les maladies cutanées en général , la phthisie. Enfin , dans certains pays on a fait de cette plante une sorte de panacée, et on l'a conseillée dans une foule d'autres maladies.
La dose des racines et des feuilles de ményanthe est de deux gros à une once en décoction dans une pinte d'eau; sèches et réduites en poudre , on les donne depuis vingt- quatre grains jusqu'à deux gros. Le suc exprimé de la plante fraîche peut être administré à la quantité d'une à deux onces, et même plus; enfin, l'extrait à celle d'un à deux gros.
En Suède et dans quelques pays du Nord, on emploie, dans la fabrication de la bière , les feuilles de cette planté en place de houblon. Les bestiaux en général ne paroissent pas s'en soucier; la chèvre est le seul animal qui les mange, et même elle paroît en être avide.
Les racines du ményanthe contiennent une sorte de fécule qui les rend un peu nourrisantes. Dans des temps de disette et dans les pays du Nord', on en a mêlé avec de la farine pour augmenter la masse de celle-ci, et on en a fait du paia pour servir à la nourriture des pauvres. Ce pain est très- amer et de mauA'^aise qualité. Dans les mêmes contrées on emploie aussi les racines, quand le fourrage manque, pour nourrir les animaux domestiques.
Les deux autres espèces de ményanthe sont le menyanthes cristata, Roxburg , qui se trouve dans l'Inde, et le menyaa- thes hydrophj'ilum , Lour. , FI. Coch. i , p. 129, qui croît à la Cochinchine. (L. D.)
MENYANTHES. {Bot.) Ce nom doit être réservé au trèfle d'eau, menyanthes trifoliata. Linnaeus lui avoit joint le njm- phoides deToumefort , qui, plus récemment jugé différent soit de genre , soit de famille , doit constituer un autre genre. Il a été nommé Limnanthemum par Gmelin , Limnantlius par Necker, JValdschmidia par Wigg ; Villarsia, par Gmelin, Ventenat et M. De Candolle. C'est ce dernier nom qui a prévalu , et le nouveau genre a été placé à la suite des gentianées. (J. )
MENYET ou MENJET. (Mamm.) Selon Erxleben , ce nom est celui de la belette en Hongrie. (Desm.)
MENYHAL. {Ichthjol.) Un des noms hongrois de la lotte des rivières. Voyez Lotte. (H. Cl
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MENZIÈSE; Menziesia, Smith. (Bot.) Genre déplantes dico- tylédones monopétales, de la famille des rhudoracées , Juss. , et de Voctandrie monogynie , Linn. , dont le caractère distinctif est d'avoir : Un calice monophylle , persistant , a quatre di- visions ; une corolle monopétale , ovoïde, en grelot, plus grande que le calice , découpée à son sommet en quatre dents; huit étamines à filamens égaux, insérés au réceptacle, surmontés d'anthères droites , oblongues , s'ouvrant au som- met par deux pores; un ovaire supère, conique, creusé de quatre sillons, surmonté d'un style droit, à stigmate obtus, quadrilobé ; une capsule ovale-conique, quadrangulaire, à quatre valves, dont les bords rentrans forment autant de loges, contenant chacune des graines petites et nombreuses.
Les menzièses sont des arbustes à feuilles entières, alternes ou opposées, et à fleurs axillaires, ou disposées en grappes terminales. On en connoît cinq espèces, parmi lesquelles nous citerons les deux qui suivent :
MENziiiSE DABoéci : Menzicsia daboeci, Decand., FI. fr. , 3, p. 674 ; Menziesia polj'folia, Juss. , Annal, du Mus. I, p. 55, t. 4, fig. 3; Erica deboecia , Linn., Spec. , Sog. Arbuste de dix à vingt pouces de hauteur, dont la tige se divise en ra- meaux nombreux, grêles, hérissés de beaucoup de poils, et garnis de feuilles ovales, un peu roulées en leurs bords, vertes et hérissées de poils en-dessus, blanches et cotonneuses en-dessous ; les inférieures sont opposées ou ternées, et les supérieures alternes. Les fleurs sont purpurines, pédonculées, disposées au sommet des rameaux en grappe lâche et d'un aspect très -agréable. Cette espèce croit dans les Pyrénées, principalement aux environs de Bayonne ; elle se trouve aussi en Irlande. On la cultive dans les jardins, où on la plante en pleine terre dans du terreau de bruyère.
Menzièse FERRUGINEUSE : Menzicsia Jerrugineu , Smith. , fasc. 3, p. 56, t. 56; Lam., Illust. , t. 28S. Ses tiges sont droites, rameuses, un peu diffuses, hautes de deux à trois pieds. Ses feuilles sont alternes, légèrement pétiolées , ovales-lan- céolées, finement dentées en scie, ciliées, disposées dans la partie supérieure des rameaux. Les fleurs sont d'une couleur ferrugineuse, pendantes, portées sur des pédoncules inclinés et fascicules au-dessous des feuilles des bourgeons de l'année
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précéden(e. Cet arbrisseau croît naturellement dans les par- ties occidentales de l'Amérique du Nord. (L. D.)
MÉON : Meum, Gaertn. (Bot.) Genre de plantes dicotylé- dones polypétales, de la famille des omhdlifères, Juss. , et de la pentandrie digynîe du système sexuel, qui a pour carac- tères : Collerette générale nulle; collerette partielle de plu- sieurs folioles; calice presque entier; cinq pétales entiers; cinq éf aminés; un ovaire infère, surmonté de deux styles; fruit oblong, relevé sur chaque graine de cinq côtes sail- lantes.
Les méons sont des plantes herbacées , annuelles ou vi- vaces, à feuilles plusieurs fois ailées, et à fleurs disposées en ombelle. Les botanistes modernes rapportent maintenant huit espèces à ce genre , qui se trouve ainsi composé de plantes qui appartenoient à d'autres genres, dont on a trouvé qu'elles n'avoient pas les caractères.
Méon ATHAMANTiQt'E : Mcum alhamarJicum , Jacq. , Flor, Austr. , tab. 5o3 ; Athamantha meum, Linn. , Spec, 555; Li- gusticum meum, Crantz , Aust. , 19g. Sa racine est vivace , aloiJgée, de la grosseur du doigt, entourée à son collet de fibres nombreuses, qui sont les débris des anciens pétioles; elle produit une tige droite, cannelée, un peu rameuse, haute d'un pied à dix-huit pouces. Ses feuilles sont deux ou trois fois ailées, portées sur des pétioles dilatés, ventrus, et compo- sées de folioles très -nombreuses, courtes, capillaires, gla- bres et d'un vert foncé. Les fleurs sont blanches, petites, disposées en deux à trois ombelles, l'une terminale et les autres latérales. Cette plante croit dans les Alpes, les Pyré- nées et autres montagnes de l'Europe.
Toutes ses parties ont une odeur aromatique , et dans les prairies alpines, 011 elle est abondante, sa présence parfume les foins qu'on y récolte. Sa racine étoit autrefois employée en médecine, comme stomachique , carminative, diurétique, emménagogue, et elle a incontestablement une propriété excitante très-prononcée. On attribue à ses graines les mêmes vertus qu'aux racines, et ces vertus doivent même y être plus développées, puisque , dans les ombellifères, les semences sont ordinairement plus aromatiques que les autres parties. Au- jourd'hui le méon est inusité en médecine; il n'est plus employé
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que par les habifans des montagnes , où il croît spontanément.
Méon 5IUTELLINE ; Vulgairement Mbon , Méum des Alpes ; Meum mutellina , Gaertn. , Fruct., i , p. io5, tab. aS ; Phel- landrium mutellina , Linn. , Spec, 566; Ligusticum mufeliina, Crantz , Aust. , 198. Sa racine est vivace , épaisse, oblique, brunâtre en dehors. Ses feuilles radicales sont au nombre de quatre à six, deux fois ailées, à folioles profondément découpées en lanières étroites , aiguës , glabres. Sa tige est cylindrique, haute de quatre à huit pouces, simple et nue dans la plus grande partie de son étendue , excepté vers son sommet, où elle porte une foliole partagée en quelques dé- coupures et dont le pétiole est dilaté et ventru. Les fleurs sont petites , d'un blanc rougeàtre , disposées sur deux om- belles , Tune terminale et l'autre latérale. Cette plante croît sur toutes les hautes montagnes de l'Europe.
Les autres espèces de ce genre sont le meum piperitum et le meum sibiricum , Rœm. et Schult. , Sjst. veget., 6, p. 455. On y rapporte aussi Vœthusa hunius, Linn.; le sison inunda- Lum , V anethum faniculum et Vanethum segetum , Linn. (L. D.)
MÉON ou MÉUM BATARD. (Bot.) C'est le séséli de mon- tagne. (L. D.)
MEOSCHIUM. {Bot.) Genre que Palisot de Beauvois, Agrost., pag. 111, tab. 21, fig. 4, a établi pour quelques espèces d''ischœmum , auxquelles il attribue pour caractère essentiel : Un rachis articulé ; les fleurs disposées en épis géminés ; les épillets biflores ; les valves calicinales plus lon- gues que celles de la corolle , un peu coriaces ; la fleur in- férieure mâle , la supérieure hermaphrodite ; leurs valves membraneuses; l'inférieure terminée par deux dents, du milieu desquelles s'élève une arête torse à sa partie infé- rieure ; l'ovaire échancré ; une semence à deux cornes. D'a- près le même auteur, il faut rapporter à ce genre les ischœ- mum aristatum et harhatum. Voyez Ischème. (Poir.)
MÉOUVE. [Bot.) Le mélèze porte ce nom en Languedoc. (L.D.)
MER. {Géogr.pliys.) Suivant l'acception la plus générale , on entend par la mer ou les mers, l'universalité des eaux salées qui, sans discontinuité, couvrent près des trois quarts de la surface du globe, entourent de toutes parts l'autre portion
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de cette surface qui s'élève au-dessus de leur niveau, et la partagent en plusieurs continens et en îles.
D'après plusieurs auteurs il faudroit réserver cette défini- tion pour le mot océan, et n'appeler mer que les portions de rocéan qui pénètrent dans l'intérieur des terres par des ouvertures plus ou moins larges, comme la mer Méditer- ranée, la mer Rouge, etc., ou bien encore celles qui sont entourées par un continent et par des rangées d'îles, comme la mer des Antilles, la mer de la Chine.
Le mot mer a souvent été employé pour désigner tout grand auias d'eau salée ou d'eau douce, lors même qu'il est entouré compléteirent par les terres. On appelle encore gé- néralement mer Caspienne, mer d'Aral, les vastes bassins qui, sur les frontières de l'Europe et de l'Asie , reçoivent un grand nombre de fleuves , sans verser leurs eaux au réser- voir couunun , et qui par conséquent sont de véritables lacs (voyez l'article Eau du Dictionnaire). Le lac asphaltique, en Palestine, est appelé mer morte; le lac de Tibériade , dont l'eau paroît être douce, est pour les Hébreux la mer de Galilée ou de Genezareth , etc. Les Allemands disent même dans leur langue la mer de Constance, la mer de Genève. (^Constanzer-See , Genfer-See) , en parlant des grands lacs de la Suisse que traversent le Rhin et le Rhône.
L'étymologie ne sauroit servir à indiquer la distinction que l'on voudroit établir entre le sens propre des mots mer et océan.
Mer vient , suivant les uns , de l'hébreux marah ou mar, qui signifie amertume , salé, et suivant d'autres, du celtique mor.
Océan dérive du grec ClKOiotvoç -, formé de a'icosoç, vite, ra- pidement , et de vctm , couler.
11 seroit sans doute aussi philosophique , qu'il seroit utile pour les sciences exactes, d'attacher à chaque mot une idée précise, différente de celle qu'expriment d'autres mots. Mais, lorsque le langage habituel a étendu et confondu le sens de plusieurs expressions, ne peut -il pas résulter de graves in- convéniens, si, pour établir ce qui devroit être d'après la raison, on s'écarte entièrement de l'usage reçu P C'est dans la crainte de rencontrer ces inconvéniens que nous prenons l'usage pour guide.
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Les anciens paroissent avoir employé , comme nous le faisons souvent , les mots mare ou oceanus sans épitliète , pour désigner d'une manière générale le réservoir commun des eaux; ils se servoient plus spécialement de nare, en y ajoutant un nom de pays, pour les portions de la mer voi- sines des côtes, attachant à oceanus l'idée de la pleine ou grande mer, qu'ils appeloient quelquefois aussi mare oceanu-n, en opposition du mare mfernum , qui pour eux étoit la Mé- diterranée. 11 nous semble que dans le plus grand nombre de cas notre langue a consacré les mêmes applications : ainsi nous disons simplement La mer ou l'océan, pour désigner l'u- niversalité des mers; nous appelons grand océan, océan at- lantique, mer océane, etc., les vastes plaines liquides qui séparent les continens; et pour les parties de la mer géné- rale qui bordent les côtes ou qui pénètrent dans l'intérieur des terres, nous disons plutôt mer d'Allemagne, mer des Indes, mer Baltique, mer Rouge, etc.
Quant aux amas d'eau salée qui ne communiquent pas avec la mer générale, et ceux d'eau douce qui en sont éga- lement séparés , ou bien qui seulement reçoivent des fleuves, ce sont des lacs, quelle que soit leur étendue, et c'est im- proprement et par exception qu'on leur donneroit le nom de mer dans notre langue , comme nous l'avons dit précé- demment.
Nous ne saurions donc, sans vouloir innover, tracer une ligne de démarcation entre le sens que l'on doit attacher au mot mer^ et celui que l'on devroit attribuer au mot océan; nous regardons ces deux expressions comme synonymes, en les prenant dans une acception géné-rale. Aussi , dans l'in- tention de rendre l'histoire des mers la plus complète qu'il nous sera poss ble, et de la renfermer dans un même cadre, nous nous bornerons, dans le présent article, à exposer les généralités qui sont relatives à la mer actuelle, en la consi- dérant seulement dans ses rapports avec le globe et avec les terres qui s'élèvent au-dessus de sa surface. Nous croyons pouvoir renvoyer au mot Océan tout ce qui est relatif à l'examen des propriétés physiques et chimiques de ses eaux : nous étudierons alors les mouvemens réguliers et irréguliers dont elles sont douées, les phénomènes auxquels elles don-
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Tient lieu ; nous examinerons leur action sur les continens , leurs productions et les êtres qu'elles renferment , l'influence qu'elles exercent sur les plantes, sur les animaux, sur l'homme, et le rôle important qu'elles jouent dans l'élat de civilisation auquel il est parvenu.
Ces recherches préliminaires, appuyées sur tout ce que l'observation a appris relativement aux mers, telles qu'elles existent, depuis les traditions les plus anciennes jusqu'à nos jours, nous permettront peut-être, à l'aide de l'analogie et des documens que nous fournit la géologie, de remonter à une époque plus ancienne de leur histoire. Nous recherche- rons : quelle peut avoir été leur origine et leur état pri- mitif; quels changemens peuvent s'être opérés dans le vo- lume et la nature de leurs eaux : nous constaterons les phé- nomènes et les effets produits à la surface du globe par le déplacement , la diminution et la rapidité des mouvemens de celles-ci ; nous comparerons par son action l'ancien océan avec le nôtre , et nous verrons en quoi les êtres qui le peu- ploient à ses divers âges différoient de ceux qui l'habitent aujourd'hui.
Rapport de la mer avec le glohe et les terres.
La surface totale du globe étant évaluée à 5, 100,000 my- riamétres carrés, 3,700,000 myr. carr. , c'est-à-dire, un peu moins des trois quarts, sont recouverts par les mers. Elles sont réparties sur le globe d'une manière très -inégale : l'hé- misphère austral en contient plus que le boréal, dans la proportion à peu près de 8 à 5 , et dans chaque zone le rap- port des terres à celui des mers est très-différent.
Dans la zone glaciale du Nord on compte sur 1000 m. c. Terre 400, Mer, 600
Dans la zone tempérée N id. n T. 559, ^' 44'
Dans la zone torride N id, i: T. 197, M. 8o3
Dans la zone torride du Sud id. s T. 3 12, M. 688
Dans la zone tempérée S id. s T. 75, M. gaS
Dans la zone glaciale S id. s T. o, M. 1000
%' 1." Figure générale des terres et des mers.
Les continens, qui ne diffèrent des îles que par la dimen- sion, sont, comme elles, entourés de tous côtés parla mer?
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les uns et les autres sent les parties saillantes de l'enve- loppe solide ou globe, qui, plus élevées que le niveau gé- néral des eaux, ne sont point inondées par elles. Les con- tinens paroissent comme groupés autour du pôle nord de la terre : en effet, l'ancien et le nouveau mon^e sont très-peu éloignés l'un de l'autre dans la zone glaciale, et ce n'est qu'en s'approchant de l'équateur qu'ils laissent entre eux deux vastes bassins, qui, avant d'arriver au 60° sud, se réunissent pour n'en plus former qu'un seul.
Un fait des plus remarquables , et dont plusieurs philoso- phes ont cherché à tirer de grandes conséquences, c'est, i." que les terres continentales sont découpées par les mers de manière à présenter des pointes ou caps saillans dirigés vers le sud, et 2.° que, dans le rapport des continens et des groupes d'iles entre eux et avec la mer, les angles saillans formés par les uns semblent correspondre aux angles rentrans que présentent les autres. On peut citer pour exemple de la première disposition la forme de l'Amérique méridionale, celle de l'Afrique, de la presqu'île de l'Inde , de la Nouvelle- Hollande, du Groenland : et si Ton observe d'une manière générale un globe terrestre ou une mappemonde , on ne peut se refuser à voir, en considérant seulement les masses, que la saillie de l'ancien continent, formée par l'Europe occidentale et l'Afrique du 6° au So" latitude nord, corres- pond exactement à l'enfoncement qui sépare les deux Amé- riques sous les mêmes latitudes; qu'au contraire, l'angle saillant produit par le Brésil entre l'équateur et le tropique du capricorne, est vis-à-vis le golfe de Guinée, qui s'enfonce dans les terres d'Afrique , également entre l'équateur et le même tropique sud; et, enfin, que les archipels du grand, océan , dont la réunion semble former un tout que l'on a compris sous le nom d'Océanie, s'avancent en pointe vers la vaste échancrure dessinée par les bords occidentaux de l'A- mérique.
§. 2. Division des mers.
Quoique la mer soit une, et que l'on puisse pour ainsi dire communiquer d'un point quelconque de sa surface à un autre sans discontinuité, on a jugé nécessaire de diviser, au moins par la pensée , l'espace immense qu'elle remplit ,
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et l'on a distingué par des dénominations générales ses ré- gions principales.
Le grand enfoncement que laissent entre eux l'ancien et le nouveau continent, c'est-à-dire, celui qui est entre l'Eu- rope et l'Afrique d'un côté, et l'Amérique de l'autre, est occupé par Vocéan atlantique; le vaste goufre qui sépare l'Asie du même continent américain , contient le grand océan, qui en longitude occupe environ 240 degrés, c'est-à-dire, les deux tiers de la circonférence totale du globe.
L'océan atlantique et le grand océan sont chacun subdivisés en boréal, équinoxial et austral, suivant les zones qu'ils oc- cupent; les mers qui entourent l'un et l'autre pôle, prennent les noms d'océan glacial arctique et d'océan glacial antarctique.
Ces divisions n'établissent encore que de grandes coupes, dont il seroit impossible de tracer les limites , et elles se rapportent le plus ordinairement aux espaces de la mer qui sont éloignés des terres; car, ainsi que nous l'avons déjà dit, les portions qui se rapprochent de celles-ci, emprun- tent souvent le nom des côtes qu'elles baignent, et cela sans autre règle que celle déterminée par l'usage, qui varie sui- vant les localités : c'est ainsi que l'on dit la mer d'Allemagne, la mer d'Ecosse, la mer d Espagne, etc.
§. 3. Bords de la mer.
11 résulte de l'inégalité de la surface des terres et du ni- veau constant que prennent les eaux, que la ligne de con- tact extérieure des unes et des autres est découpée et comme déchirée d'une manière irrégulière et plus ou moins profon- dément, la mer s'avançant sur les parties basses des terres, et les points élevés de celles-ci se prolongeant au contraire dans la mer. Cette disposition particulière donne lieu à ce que l'on appelle àes, méàitcrranées , des golfes, des haies, des rades, des porfs , des anses, etc., des caps, des plages , des falaises.
Les mers méditerranées sont celles qui , entourées par les terres dans la presque- totalité de leur circonférence, ne communiquent avec la mer générale que par un canal ou détroit : telles sont la Méditerranée proprement dite , par rap- port à laquelle on peut encore considérer la mer Adriatique ,
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Ja mer de Marmara, la mer Noire, comme des méditerra- nées; telles sont encore la mer Baltique, la mer Blanche du Nord, la mer Rouge, et la mer qui s'avance entre l'Arabie et la Perse et que l'on appelle improprement golfe persique.
On appelle encore quelquefois mers méditerranées celles qui sont en partie circonscrites par la terre ferme et en partie par des rangées d'îles rapprochées les unes des autres, comme la mer des Antilles , la mer de la Chine, la mer du Japon , la mer d'Okotsk.
Les golfes sont plus grands que les baies : ce sont des échan- crures plus ou moins profondes que forme la mer en s'avan- çant dans les terres : on peut citer le golfe de Gascogne entre la France et l'Espagne, le golfe de Guinée sur les côtes d'A- frique, et dans les Indes orientales les golfes d'Oman et du Bengale.
Les rades, les ports et les anses sont des découpures de même sorte , mais de dimensions graduellement inférieures, et qui offrent en outre par leur disposition un abri aux vaisseaux.
Les rivages ou cèles sont les points de la terre découverte qui sont frappés et baignés par la mer. On remarque que, dans un grand nombre de lieux, les rivages opposés d'un même bassin présentent la même structure géognostique, et souvent les couches des terrains se correspondent d'une ma- nière si exacte qu'il semble qu'une rupture récente les a séparés : les côtes de la France et de l'Angleterre en offrent un exemple bien remarquable , ainsi que les rives de la Médi- terranée et de l'Adriatique ; et si sur une plus grande échelle on comparoit avec soin les côtes du Nord de l'Europe avec celles correspondantes de l'Amérique septentrionale , on trouveroit peut-être les mêmes rapports , comme , au surplus, les connoissances déjà acquises sur la structure de ces deux pays paroissent l'indiquer.
Lorsque les côtes sont escarpées, elles forment des récifs ou des falaises que la mer vient battre avec violence; lors- qu'au contraire les terres s'approchent de la mer par une pente douce et insensible, elles donnent lieu à de longues plages , le plus souvent sablonneuses, que les eaux recouvrent et abandonnent périodiquement avec tranquillité.
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Les caps sont les pointes de terre qui s'avancent dans la mer (le cap de Bonne -Espérance , à l'extrémité de l'Afrique; le cap Horn, au sud de la Terre de feu).
Noi'S avons dit que les mers méditerranées n'étoient en communication avec la mer générale que par un canal res- serré ou un détroit. On donne encore le nom de canal, de manches ou de détroits, à des portions de la mer qui séparent des îles ou des continens peu éloignés les uns des autres. La France est séparée de l'Angleterre par le canal de la Manche; l'Irlande est de même isolée de l'Angleterre par le canal de Saint-Georges : l'ancien et le nouveau continens seroient en communication sins le détroit ou canal de Behring; la Terre de feu est une portion de l'Amérique méridionale coupée par le canal ou détroit de Magellan.
Profondeu7\
La mer, h. ce que l'on présume, n'a dans aucun point une profondeur indéfinie, quoique dans plusieurs endroits, no- tamment entre \ts tropiques et dans le Nord, on n'ait pu atteindre son fond avec des sondes de 1,800 mètres ; mais, indépendamment de la difficulté de s'assurer que celles-ci sont bien descendues perpendiculairement et qu'elles n'ont pas été entraînées par des courans, une profondeur de 2 à 3,000 mèlres seroit encore à peine appréciable par rapport au diamètre de la terre. Dans le plus grand nombre des cas on rencontre le sol à des distances variables, depuis quelques mètres jusqu'à 5oo ou 400. Ce n'est que dans la pleine mer, et plus rarement, que les sondes descendent jusqu'à 1,000 ou 1,200 mètres. La théorie déduite des connoissances les plus exactes sur les lois générales qui régissent l'univers , a conduit M. de Laplace à démontrer que la profondeur moyenne ne pouvoit être qu'une fraction de la différence qui existe entre les deux axes de la terre, et qu'elle ne pou- voit excéder 8,000 mètres. Si l'on compare la forme que doit avoir le fond de la mer avec la surface des continens que nous habitons, l'analogie et les faits nombreux recueillis par le sondage portent plutôt à diminuer cette profondeur qu'à l'augmenter , et à faire présumer que les abymes les plus profonds de la mer s'enfoncent à peine autant au-dessous
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de sa surface que les hautes montagnes des contlnens s'élè-- vent au-dessus de son niveau. Il n'est pas plus facile de pré- ciser quel peut être le volume des eaux de la mer, et de juger si, comme l'ont avancé plusieurs auteurs, elles for- meroient , étant réunies, une sphère de 5o ou de 60 lieues de diamètre, et si, en supposant la surface du globe parfaite- ment unie , elles la submergeroient de 600 pieds ou de plus. Il est certain que, quelles que soient les profondeur et volume que l'on puisse supposer aux mers actuelles sans s'écarter des inductions tirées des faits constatés et de l'analogie , la masse de leurs eaux est bien peu considérable, comparée à la masse totale de la planète dont elles humectent quelques points de la surface extérieure; car, en admettant par sup- position cette surface unie et enveloppée de toute part d'une couche d'eau de 10,000 mètres ou 5o,ooo pieds environ d'é- paisseur, un globe auquel on donneroit un mètre de diamètre ne seroit pas , dans la même proportion, recouvert d'un mil- limètre d'eau, puisqu'en effet 10,000 mètres sont la 1275.* partie du diamètre de la planète terrestre.
Fond de la mej\
La structure géologique des continens actuels et des îles, l'origine présumée de leur formation , la nature des subs- tances qui composent le fond des mers , la connoissance acquise sur les profondeurs relatives d'un grand nombre de points dans un espace donné, tout porte à croire que le fond des mers présente une configuration en tout analogue à celle de la surface des terres habitées ; de longues chaînes de montagnes le traversent et semblent même se continuer avec celles que nous gravissons. Si les sommités escarpées de ces alpes sous- marines s'approchent de la surface extérieure des mers, ou s'élèvent au-dessus, elles forment ou des lignes de récifs dangereux pour les vaisseaux , ou des groupes d'îles, comme cela arriveroit si nos Alpes, si nos Pyrénées étoient inondées jusqu'à leur sommet ou jusqu'aux trois quarts de leur hauteur. Ces grandes chaînes principales se divisent, se ramifient; des chaînes latérales et secondaires les bordent; de larges et profondes vallées les découpent ; à leur pied sont d'immenses plaines ou des collines plus ou moins élevées
^4 MER
et arrondies, qui sont, ainsi que nous l'avons dit pouf les chaînes <^le montagnes, en rapport avec la nature du sol des côtes contiguës. En effet, l'observation démontre aux naviga- teurs que, tels sont les rivagps, tel est, jusqu'à une grande dis- tance , le fond des mers qui les baignent; si les côtes sont escarpées ou à pic , si la pente du sol est rapide, la mer sera profonde; elle sera basse, au contraire, si elle s'avance sur une plage presque horizontale. Cette concordance entre la forme du fond de la mer el celle des terres voisines se fait bien remarquer sur les deux bords opposés de l'Amérique méridionale ; mais le principe paroit être vrai pour toutes les côtes.
Le fond des mers doit éprouver des changemens analogues à ceux qui s'opèrent journellement sur la terre; car, bien que les masses minérales qui en composent le sol soient à l'abri de l'influence de l'atmosphère . l'action continuelle de l'eau, les chocs qui résultent de ses divers mouvemens , doi- vent dégrader les points élevés et remplir les profondeurs, qui reçoivent en outre les matériaux chariés continuelle- ment par les fleuves, ou qui sont enlevés aux rivages par les vagues : de sorte qu'en dernière analyse , sous les eaux , comme à la surface des continens, le sol tend à se niveler. Les éruptions volcaniques, qui ont lieu sous les eaux comme à la surface de la terre, produisent des modifications analo- gues à celles que les volcans occasionnent autour de nous. Mais un changement dont nous ne voyons pas d'exemple sur la terre , c'est celui qui résulte de la formation de masses calcaires solides et immenses, dont le volume augmente chaque jour dans certains parages, et qui sont l'ouvrage de myriades d'animaux dont elles sont l'habitation.
Pour les propriétés physiques et chimiques de l'eau de la mer, pour l'histoire des marées, courons, etc., et des phé- nomènes géologiques dus à la mer ancienne et à la mer ac- tuelle, voyez Océan. (Const. Prévost.)
MERA. (Bot.) Arbre de Madagascar, cité par Flacourt, ayant la dureté du buis , le cœur jaune et les feuilles sem- blables à celles de l'olivier. Cette description pourroit se rapporter au securinega de Commerson, genre de la famille des euphorbiacées. (J.)
MER 65
MERAN. {Mamm.) Nom des lièvres chez quelques races deTartares. (F. C. )
MÉRANGÈNE ou MÉRINJEAUNE. {Bot.) Noms vulgaires de la morelle mélongène. (I„ D.)
MERASPERMA. {But.) Ce genre dé la famille des con- fervesj établi par Rafinesque , comprend des conferves apla- ties, inarticulées, ayant les semences adhérentes dans l'in- térieur des tubes dont elles sont formées.
Rafinesque ne fait que citer les merasperma dicliotoma, bi- furcala, cjdindrica, etc., qui se rencontrent en Pensylvanie. (Lem. )
MÉRATIE, Meratia. (Bot.) Le professeur Curt. Sprengel , de Halle, a publié, dans le Bulletin des sciences d'Avril 1823, la description et la figure d'un genre de plantes de l'ordre des synanthérées, dédié à M. Delile, l'un des auteurs de la Description de l'Egypte, et nommé Delilia, Mais un autre genre avoit déjà été dédié long-temps auparavant au même botaniste , par M. Bonpland , qui le nomme Lilœa (PI. équin. , pag. 223). Obligé par conséquent de changer le nom donné par M. Sprengel à son genre , nous proposons celui de Meratia , dérivé du nom de l'auteur d'une Flore des environs de Paris.
Le genre dont il s'agit appartient à notre tribu naturelle des Hélianthées, et à la section des Hélianthées-Millériées , dans laquelle nous le plaçons entre les deux genres Milleria et Elvira. Quoique nous n'ayons point vu le Meratia, nous croyons pouvoir le décrire tout autrement que l'auteur de ce genre, en combinant la description et la figure qu'il a données, avec nos propres observations faites sur les deux genres voisins, et en nous fondant sur les lois de l'analogie, que ce botaniste nous paroit avoir tout-à-fait méconnues. Voici donc, selon nous, les vrais caractères génériques du Meratia.
Calathide triflore, discoïde : disque biflore, régulariflore, masculiflorc ; couronne uniflore, liguliflore, féminiflore. Pé- ricline double : Pextérieur beaucoup plus grand, un peu inférieur aux fleurs, formé de trois squames libres, inégales, suborbiculaires, échancrées à la base, mucronées au som- met, membraneuses, triplinérvées, veinées en réseau, his- pidules; l'une d'elles plus grande; les deux autres à peu près
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égales entre elles, presque superposées, et opposées a la pre- mière ; péricline intérieur beaucoup plus petit , très-inférieur aux fleurs j plécolépide, probablement composé de trois squames égales, unisériées, oblongues, coriaces, glabres, eutregreffées par les bords d'un bout à l'autre, et formant par leur réunion un étui obovoïde-oblong, triquètre, qui en- gaine étroitement l'ovaire ou le fruit de la fleur femelle et les deux faux-ovaires des fleurs mâles. Clinanthe ponctiforme, probablement nu. Fleurs du disque : Faux-ovaire long, grêle, filiforme. Corolle à tube long et grêle; à limbe obconique, à cinq divisions. Cinq étamines à anthères foiblcment cohé- jentcs. Style à deux faux-stigmatophores courts, hispidules, exscrts, très-divergens. Fleur de la couronne ; Ovaire obo- voïde-oblong, triquètre, inaigretté, étroitement engainé, avec les faux-ovaires du disque, par le péricline intérieur. Corolle longue à peu près comme celles du disque, à tube surmonté d'un limbe liguliforme , encornet, non étalé, élargi de bas en haut, arrondi au sommet, fendu sur la face inté- rieure. Style à deux stigmatophores grêles, très-longs, arqués en dehors.
M. Sprengeî ne connoît qu'une espèce de ce genre.
Mératie de Sprengel : Meratia Sprengelii , H. Cass. ; Delilia Bertcrii , Spreng. , Sull. des sciences, Avril 1823, p. 64. C'est une plante herbacée, annuelle, hispidule sur toutes ses par- ties, ayant, selon M. Sprengel, quelque ressemblance exté- rieure avec le Melampodium ; ses feuilles sont opposées, pé- liolées , oblongues-lancéolées, triplinervées, un peu créne- lées; les calathides, très-courtement pédonculées, sont ras- semblées en faisceaux terminaux et axillaires ; les corolles sont jaunes. Cette plante a été découverte dans l'Amérique méridionale, près la rivière de la Magdeleine, par M. Ber- iero, jeune Piémontois , élève de M. Balbis, et qui en a en- voyé des graines.
M. Sprengel, qui paroit avoir observé des individus vi- vans nés de ces graines, prétend que chaque ovaire porte sur son sommet trois fleurs, dont unr femelle et deux her- maphrodites ; en conséquence il croit que sa plante doit constituer une tribu particulière dans l'ordre des synanthé-- rées , et il propose d'intituler cette tribu Sjnanthœ.
MER 67
Cavanillcs , en décrivant son genre Lagasca , avoit pris le vrai péricline pour la surface de l'ovaire ou du fruit. L'er- reur de M. Sprengel est encore bien plus grave, et il est surprenant qu'un botaniste aussi instruit se soit persuadé sérieusement que trois corolles de synanthérées, contenant chacune des organes génitaux, pouvoient naître ensemble immédiatement sur le sommet d'un seul et même ovaire liroprement dit. II n'est pas moins surprenant que ce bota- niste n'ait point aperçu la très-grande et très-évidente affi- nité qui existe entre sa plante et la Milleria bijlora de Linné : la ressemblance est telle que nous avons été tenté de croire qu'il y avoit réellement identité, et que M. Sprengel avoit commis quelque erreur d'observation, d'où pouvoient résulter des différences imaginaires.
Le genre Milleria de Martyn se compose de deux espèces, qui ne sont pas réellement congénères, et qui doivent cons- tituer deux genres distincts , mais voisins, et séparés seule- ment par l'interposition du Meratia, qui nécessite absolument cette distinction générique. Nous conservons le nom de Mil- leria à la Milleria quinquejlora de Linné; et nous nommons Elvira le genre ayant pour type la Milleria liftora, et offrant les caractères suivans , que nous avons observés sur un échan- tillon sec.
Elvira. Calathide biflore , quasi-radiée : disque uniflore, régulariflore, masculiflore ; couronne uniflore, liguliflore , féminillore. Péricline simple, plécolépide; formé de trois squames entregreffées à la base, unisériées, très-inégales, dressées, appliquées, planiuscules , membraneuses-foliacées, minces, vertes, demi- transparentes, hispides, munies de nervures réticulées : la plus grande squame à peu près égale à la fleur femelle, suborbiculaire, ayant la base cunéiforme, trinervée, accompagnée de deux oreillettes, les bords un peu crénelés, et le sommet terminé par une pointe courte, tuberculiforme ; la squame moyenne opposée à la plus grande , à peu près égale à la fleur mâle, elliptique-obovale, terminée au sommet par une pointe saillante ; la plus petite squame lancéolée, acuminée, cachée entre les deux autres, et réu- nie inférieuremcnt avec la squame moyenne, dont elle semble être une division. Clinanthe petit, plan, portant ordinaire-
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ment deux fimbrilles inégales, filiformes, très-peu apparentes- Fleur du disque, correspondant à la jonction de la petite squame avec la moyenne : Faux-ovaire long, grêle, filiforme. Corolle articulée sur le faux-ovaire, à tube cylindrique, grêle , long comme le limbe , qui est pyriforme ou obconique , à cinq divisions courtes, munies chacune d'un long poil. An- thères noirâtres, foiblement cohérentes; articles anthérifères longs et grêles. Style ayant deux faux stigmatophorcs his- pides. Fteur de la couronne, correspondant au milieu de la grande squame : Ovaire obovoïde-oblong , subtriquètre , inai- gretté, lisse, parsemé de très-petits poils. Corolle articulée sur Fovaire, à tube long, grêle, à languette courte, large, elliptique, bidentée au sommet. Style à deux stigmatophores longs et grêles.
Si l'on adopte notre genre Elvira, il sera juste et conve- iiable de nommer Eh'ira Martjmi l'espèce sur laquelle ce genre est fondé.
Quoique nous n'ayons pu observer les caractères généri- ques de la Millcria quinquejlora que sur des calathidcs sèches en fort mauvais état, nous avons néanmoins reconnu avec certitude des différences essentielles qui ne permettent pas de confondre en un seul genre le Milleria et VElvira. En effet, le péricline du Milleria s'accroît après la fleuraison , devient subglobuleux, brun ou noirâtre, s'épaissit, s'endur- cit, et acquiert à la maturité la consistance du cuir: indé- pendamment de ce péricline extérieur, comparable au pé- ricline simple de l'Elvira, il y a un péricline intérieur, plus court, composé de plusieurs squames unisériées, libres, iné- gales, oblongues, subraembraneuses ; et en outre nous avons cru voir, sur le clinanthe , des squamelles séparant la fleur femelle unique des fleurs mâles, qui sont au nombre de quatre au moins : la corolle de la fleur femelle est aussi dif- férente de celle de VEhira; le fruit, d'après Gajrtner, n'offre pas tout-à-fait les mêmes caractères: enQn. selon lànné, le style masculin seroit simple dans la Milleria qninqueflora.
Le Meralia est intermédiaire entre VEUira et le vrai Mil- leria. Il ressemble à YEUnra par la disposition des calathides et par leur aspect général, qui représente assez bien les ap- parences extérieures des fruits de l'orme ; il lui ressemble
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aussi par tous les détails de la structure, excepté sur les quatre points suivans : i." le disque est composé de deux fleurs; 2.° le péricline est double, s'il est vrai, comme nous en sommes convaincu , que la partie considérée par M. Spren- gel comme le péricarpe de l'ovaire soit un péricline inté- rieur en forme d'étui engainant l'ovaire et les faux-ovaires ; 3." le péricline extérieur , analogue au péricline unique de VEl\>ira, a ses trois squames entièrement libres jusqu'cà la base; 4.° les deux squames opposées à la plus grande paroissent être égales entre elles. Le Meratia ressemble beaucoup moins au vrai Milleria ; et cependant il s'en rapproche plus que YEl- viva, puisqu'il a le disque composé de deux fleurs, et le péricline double : mais les squames du péricline intérieur, qui sont entièrement libres dans le Milleria, seroient, selon nous, entregreffées par les bords d'un bout à l'autre dans le Meratia. (H. Cass.)
MERCADONIA. {Bot.) Voyez Mecakdonia, tom. XXIX, p. 58o, qui auroit dû être écrit Mercadonia. (Poir.)
MERCANETTE. {Ornith.) Un des noms vulgaires de la sarcelle commune, anas querquedula , Linn. (Ch, D.)
MERCOIA. [Bot.) Voyez Marigouia. (J.)
MERCOLFUS. ( Ornith. ) Un des noms latins employés par Aldrovande pour désigner le rollier commun, coracias gar-. rula , Einn. ( Ch. D.)
MERCORET. {Bot.) Un des noms vulgaires de la mercu- riale annuelle. (L. D.)
MERCURE, vulgairement Vif- Argent. {Min.) Tout le monde connoît la fluidité naturelle du mercure , son éclat argentin et son extrême mobilité ; aussi ne peut-on confondre ce métal avec aucun des corps qui nous entourent habituel- lement.
La pesanteur spécifique du mercure coulant est de i3,5 à 14,1 ; 960 livres le pied cube, ou environ treize fois plus forte que l'eau à volume égal : il reste fluide sous la tempé- rature ordinaire de l'Europe ; mais, outre que l'on parvient à le fixer et à le solidifier par un froid artificiel de 3i à 32" du thermomètre de Réaumur, Pallas , Gmelin , Patrin et d'autres naturalistes voyageurs l'ont vu se congeler par l'effet (iu froid naturel de la Sibérie , entre les 55.^ et 57." degrés
lo MEP.
de latitude. On conçoit alors que , s'il existe des dépôts de mercure vers l'extrémité des zones polaires , ce métal, que nous sommes habitués à rencontrer fluide et coulant, doit être là tout aussi solide que les autres métaux mous , tels que le plomb, rétain, etc. Il ne faut donc voir dans le mercure liquide dont nous nous servons habituellement, qu'un métal excessivement fusible, qui se fond dès Tinstant où le froid n'est plus de 3 2 degrés; et, malgré celte grande fusibilité, il n'y a peut-être pas autant de différence entre la température oïl le mercure se liquéfie et celle où l'amalgame fusible de Darcet cesse d'être solide , qu'entre la température de l'eau bouillante, qui suffit pour fondre cet alliage, et celle qu'exige le platine pour entrer en fusion.
Le mercure, en se solidifiant, cristallise en octaèdre, et dans ce nouvel état il s'aplatit sous le marteau en rendant un son sourd, analogue à celui du plomb. Sa cassure est grenue, et lorsqu'on vient à le toucher, il blanchit la peau et fait éprouver une cuisson qui ne peut être comparée qu'à la dou- leur causée par la brûlure. Le mercure, enfin, en passant de l'état fluide à l'état solide, augmente de pesanteur dans le rapport de plus de q à lo, puisque dans ce nouvel état il pèse jusqu'à 1090 livres le pied cube, au lieu de 960 livres que nous avons vu qu'il pesoit dans son état ordinaire de fluidité ; effet qui est absolument contraire à ce qui se passe dans la congélation de l'eau , puisqu'on sait que l'eau glacée flotte à la surface de celle qui est restée liquide.
Le mercure a la propriété de s'amalgamer avec plusieurs métaux, et particulièrement avec l'or, l'argent, le zinc , l'é- lain et le bismuth ; de les dissoudre, pour ainsi dire, et de les abandonner ensuite, quand une haute chaleur le force à se volatiliser. Les arts ont su tirer le plus grand parti de cette propriété, soit pour extraire l'or et l'argent des subs- tances avec lesquelles on les trouve mélangés (voyez Amal- gamation, Argent, Or), soit pour dorer ou argenter les métaux communs, pour oonner aux glaces la propriété de répéter tous les objets qui passent devant elles, etc. C'est même l'euiploi du mercure dans l'art d'extraire les métaux précieux qui absorbe la plus grande partie du produit des mines que nous exploitons journellement ; car, malgré tous
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les soins apportés à le recueillir, il s'en perd toujours une quantité énorme. M. de Humboldt estime à seize mille quin- taux, le mercure qui est employé annuellement au traitement des mines d'argent de la Nouvelle -Espagne, dont les trois quarts proviennent des exploitations européennes.
Les anciens ont parfaitement connu ce singulier métal, ainsi que plusieurs de ses usages actuels, entre autres celui de servir à la dorure du cuivre, et des autres métaux communs.
1/* Espèce. Mercure natif. Le mercure coulant, tel que nous venons de le décrire, se trouve natif dans la plupart des mines où l'on exploite les difl'érens minerais qui le con- tiennent à l'état de combinaison ou d'amalgame ; mais il ne s'y présente ordinairement que sous la forme de gouttelettes attachées sur les roches, ou logées dans les cavités des autres minerais dont elles se détachent, lorsqu'on vient à les briser ou à les secouer fortement. Ce mercure natif s'amasse quel- quefois dans les cavités des roches qui le contiennent dissé- miné, et alors il y forme des dépôts, que l'on épuise d'autant plus facilement qu'ils sont peu considérables; car le mercure natif seul ne forme nulle part l'objet d'une exploitation suivie. Quand on en rencontre aes quantités notables, il suffit de le filtrer à travers une peau de chamois pour le dé- barrasser des Corps étrangers qui altèrent sa pureté, et cette seule préparation suffit pour l'amener à l'état de pouvoir être versé dans le commerce. On conçoit que l'extrême fluidité du mercure lui permet de se faire jour à travers les plus légères fissures des roches, et que par cette raison-là même il ne peut en exister de grands amas dans le sein de la terre , puisqu'il doit toujours tendre à gagner les parties les plus profondes des cavités ou des crevasses, et parvenir même, en raison de sa grande pesanteur, à se faire jour à travers les terrains meubles. La malveillance, toujours habile à saisir les circonstances qui lui permettent d'exercer son esprit diabolique, a, dit-on, mis le mercure en usage pour pratiquer des voies d'eau dans les digues des étangs et des usines, en y jetant à la dérobée quelques livres de mercure qui, à la longue, parvient à se frayer un passage à travers le pied des barrages et à causer les plus grands dommages dans ces sortes d'ouvrages*
73 MER
2." Espèce. Mercure ahgental, vulgairement Amalgame NATIF. Cet amalgame est d'un blanc d'argent -. il est plus ou moins mou, ou plus ou moins solide, suivant que l'argent ou le mercure y domine; il en existe même qui est un peu fluide , ou qui a la consistance d'une pâte épaisse. Lorsqu'il contient un tiers d'argent, il se présente sous la forme de lames, de grains ou de cristaux curvilignes, dont les fa- celtes sont quelquefois très-]multipliées. Sa pesanteur spéci- fique est de 14,11. Il se brise sous le marteau, blanchit le cuivre sur lequel on vient à le frotter , et , soumis au feu du chalumeau, il se décompose : le mercure se volatilise , et l'argent se fond en un bouton métallique.
Le mercure argental, analysé par Klaproth, a donné
Argent 56
Mercure ....... 64
lOO;
tandis que M. Cordier l'a constamment trouvé composé de
Argent 27,5
[Mercure 72,5
100.
Les variétés cristallines du mercure argental dérivent d'un dodécaèdre à plans rhombes , qui est considéré comme sa forme primitive; les plus simples sont :
].' Mercure argental primitif .• un dodécaèdre à plans rhombes.
2." Mercure argental unitaire : le dodécaèdre primitif, dont huit angles solides, composés de trois plans, sont tronqués et remplacés par huit faces triangulaires. Cette forme res- semble à un octaèdre dont toutes les arêtes seroient abattues.
3.° Mercure argental hiforme : le dodécaèdre primitif tronqué sur ses six angles solides, composés de quatre plans.
4." Mercure argental triforme ; le précédent, dont toutes les arêtes appartenant au noyau sont abattues.
L'on cite encore la variété nommée sextiforme, qui offre l'assemblage des quatre précédentes; plus de deux autres qui ne se sont point encore rencontrées : ce qui forme un assemblage de cent vingt-deux facettes, qui donnent à ce
MER 73
polyèdre un aspect curviligne et sphéroïdal , augmenté par le peu de vivacité des arêtes.
Comme ces variétés pourroient aussi dériver de l'octaèdre, tout aussi bien que du dodécaèdre à plans rhombes , Haiiy a eu soin , dans la nouvelle édition de son Traité de minéra- logie, de donner le double signe représentatif. Ainsi, pour la variété sextiforme le signe relatif au dodécaèdre seroit:
PBBA 'E- ^£»
I 2 1 P s l r z t; et dans l'hypothèse de l'octaèdre il s'exprimeroit ainsi ; I 3 BBA^A^ (A^A^B^B'\ PA'A' (A^A^B^B\ B^ B^
A ces variétés cristallines il faut ajouter:
Le mercure argental granuUforme , qui n'est autre chose .que le produit d'une cristallisation imparfaite.
Le mercure argental lamelliforme -. qui se présente sous la forme de lames excessivement minces, appliquées à la sur- face d'une lithomarge dure, blanche, tachetée de rouge et de violet. Je l'ai observé également sur une gangue ferru- gineuse en petits filamens entrelacés : quant aux grains et aux cristaux, on les voit assez souvent attachés dans les ca- vités d'un grès qui a beaucoup de rapports avec le psam- mite. Il est ordinairement associé au mercure sulfuré, dont nous allons nous occuper immédiatement.
Le mercure argental ne paroît point appartenir à toutes les mines oîi Ton exploite ce métal ; car on n'en cite ni à Almadeiï en Espagne , ni à Idria en Carniole. Les mines du pays de Deux-Ponts semblent être celles qui en fournis- sent les plus beaux échantillons; mais on le cite également à Rozenau et à Niderstana, en Hongrie, ainsi que dans un canton du Tyrol , à Sahlberg en Suéde , à Kolyvan en Sibé-; rie, et même à Allemont en Dauphiné.
Nous avons fait remarquer, en parlant de la congélation du mercure, qu'en passant de l'état fluide à l'état solide il augmentoit de densité : ici le phénomène est encore le même; car, en cessant d'être fluide par son association avec i'argcnt, il augmente aussi de pesanteur, puisque, d'après les
74 MER
proportions (roi>vécs par l'analyse de M. Cordier, Famal- game ne devroit peser que 12, 5 , tandis qu'il pèse 14,11 , et cette différence est d'autant plus frappante , que l'argent , avec lequel le mercure est allié pour un tiers, est beaucoup moins lourd que lui.
3.*" Espèce. Mercure sulfura, vulgairement Cinabre. On ne peut point dire que la couleur rouge soit le caractère distinctif du mercure sulfuré, puisqu'il y a plusieurs autres minerais rouges; mais cependant il est certain que cette couleur, plus ou moins altérée et plus ou moins modifiée, est la livrée constante de ce minéral. Le mercure sulfuré pur brûle avec une flamme bleue au chalumeau, et se volatilise entièrement en répandant une odeur de soufre : il en est de même quand on l'expose sur un charbon ardent; le soufre brûle et le mercure se volatilise de telle sorte , qu'en plaçant une lame de cuivre au-dessus ^e sa surface, elle devient d'un blanc d'argent par l'effet du mercure qui s'y attache. La poussière du cinabre, passée avec frottement sur un morceau de cuivre, y laisse aussi un enduit argentin.
La pesanteur spécifique du cinabre varie de 6.9 à 10,2 ; il s'électrise résineusement par le frottement et quand il est isolé. Rarement il est cristallisé, et ses cristaux, qui sont or- dinairement fort petits, dérivent d'un rhomboïde aigu qui leur sert de forme primitive ou de noyau, et non d'un prisme hexaèdre. Comme le mercure sulfuré s'écrase facilement , sa poussière plus ou moins rouge , et sans mélange de jaune ou d'orange , offre un caractère qui lui est commun avec l'argent rouge seulement, puisque le plomb chromaté et l'arsenic sulfuré rouge ont une teinte d'orangé qui devient de plus en plus sensible, à mesure qu'on les pulvérise, et qu'il suffît d'avoir l'œil tant soit peu exercé pour distinguer ces teintes composées d'avec le rouge pur du cinabre. Il ne peut donc y avoir d'incertitude qu'entre l'argent rouge et le mercure sulfuré: or, il suffit de l'action du chalumeau, ou plus simplement d'un charbon ardent, pour lever toute espèce de doute à cet égard, le mercure se volatilisant, et l'argent rouge se réduisant en un bouton métallique, si le coup de feu est assez violent.
Le mercure sulfuré de la Chine, analysé par Klaproth , a donné
MER 7^^
Mercure 8/|,5o
Soufre i4?75
Perte 0,76
100,00
Les principales variétés de forme du mercure sulfuré sont:
Mercure sulfuré prismatique : un prisme hexaèdre régulier, plus ou moins comprimé, et passant quelquefois à la tabla hexagonale.
Mercure sulfuré octoduodécimal, progressif, mixtiunitaire et lisalterne : quatre variétés qui dérivent de la variété pris- matique, dont trois bords des bases, pris alternativement, sont remplacés par des facettes additionnelles plus ou moins inclinées, ce qui leur donne l'aspect de prismes triangu- laires, ordinairement comprimés. M. Léman, d'après Jamc- son , cite encore le mercure sulfuré rhomboïdal primitif, lo même dont les angles obtus sont tronqués ; le prismatique , terminé par une pyramide trièdre , etc. Haiiy et d'autres minéralogistes avoient pensé que le prisme hexaèdre étoit la forme primitive du mercure sulfuré : de nouvelles observa- tions le firent changer d'avis, et le déterminèrent à consi- dérer le rhomboïde aigu comme le vrai noyau des cristaux de ce minéral". Après les formes cristallines déterminables viennent celles qui en dérivent, telles que les suivantes.
Mercure sulfuré curviligne : il appartient à des cristaux dont les faces et les arêtes ont subi un arrondissement ou une sorte de flexion, qui s'observent dans beaucoup d'autres mi- néraux , qui ne présentent souvent qu'une surface hérissée d'angles solides couchés, pour ainsi dire, à la suite les uns des autres.
Mercure sulfuré laminaire, flabelliforme ou divergent, com- posé de lames aplaties ou de prismes minces qui divergent en partant d'un même point.
Viennent ensuite les variétés où toute trace de cristallisa- tion a disparu.
Le mercure sulfuré écailleux;
— — — fibreux, étoile;
— — — granulaire ;
j Haiiv, Traita de min'iralogie, 2." «.'dit., tooi. III, p. 324 et suiv.
7S MER
Le mercure sulfuré concrétionné ;
— — — massif;
— — — amorphe-,
— — — pulvérulent.
C'est à ce dernier que Ton a souvent donné le surnom de vermillon natif; il se présente en poudre impalpable , rem- plissant les cavités des gangues ferrugineuses qui contiennent les autres variétés de ce minerai. Les plus beaux cristaux de mercure sulfuré viennent de la Chine, et d'Almaden en Espagne : les premiers sont surtout remarquables par leur volume et la pureté de leurs faces. Ils contiennent, d'après Rlaproth , près de 85 pour cent de mercure.
Les deux variétés suivantes nous paroissent mériter une place distincte , l'une par son abondance , et l'autre par son aspect particulier.
Mercure sulfuré hituminifère. Ce minerai de mercure, qui paroît être la base de la grande exploitation d'Idria, est d'un rouge sombre hépatique ; sa contcxture est plus ou moins schisteuse , à feuillets droits ou contournés. 11 y en a de testacé , c'est-à-dire qu'il est alors composé de feuillets très-minces qui se détachent les uns des autres, à la manière des tuniques de l'oignon; d'autres qui sont parfaitement com- pactes et dont la couleur sombre tire sur le noir. 11 se trouve en grandes masses dans le schiste bitumineux d'Idria ; mais on le cite aussi , quoique en moindre quantité , dans la plu- part des autres mines de mercure. M. Beurard a décrit celui de Munsfer-Appel , dans le duché de Deux-Ponts, qui ren- ferme des empreintes de poissons, mouchetés agréablement par du cinabre. On jugera par l'analyse suivante, que l'on doit à Klaproth, combien ce minéral est mélangé de subs- tances étrangères. C'est la variété la plus compacte prove- nant des mines d'Idria.
Mercure , • • 8 1 ,8o
Soufre i3,75
Carbone ^,3o
Silice o,65
Alumine o.,55
Fer oxidé 0,20
Cuivre o,o:>
Eau ";73
100,00
MER 77
M. Beurard en cite une autre variété, du Palatinat , qui donne une grande quantité de bitume par la distillation. L'on voit cependant que, malgré son peu de pureté, il doit être considéré comme un minerai de mercure très-riche.
Mercure sulfuré fer r if ère. M. Lucas est le premier qui ait signalé cette variété remarquable de mercure sulfuré, qui se trouve à Moschellandsberg, dans le Palatinat, sous la forme de petits cristaux d'un gris d'acier, qui deviennent attirables à l'aimant quand on les expose à la simple flamme d'une bougie. Leur gangue est le grés, sur lequel nous re- viendrons en parlant du gisement général des minerais de mer- cure, et des principales mines qui sont exploitées en Europe, en Asie et en Amérique.
4.* Espèce. Mercure MDRiATÉ, vulgairement Mehcube corné. Ce minéral, peu apparent, se présente en très-petits cristaux d'un gris perlé ou d'un gris verdàtre , ou en petits mamelons qui tapissent, comme les premiers, les cavités, les fissures ou les géodes qui se trouvent particulièrement dans les gan- gues ferrugineuses des autres minerais de mercure : c'est ainsi que cette roche couleur de rouille doit servir de pre- mier indice , quand on cherche à se procurer des échantil- lons de ce minéral sous les haldes du Landsberg , où on le trouve avec le plus d'abondance. Le mercure muriaté se vo- latilise enlièrement au chalumeau et se brise facilement : deux caractères qui suffisent pour le faire distinguer d'avec l'argent muriaté, qui lui ressemble assez à l'extérieur, puisque ce dernier reçoit l'impression des corps durs, à la manière de la cire, et qu'il se réduit au chalumeau en un graiu d'ar- gent métallique. On ne connoit qu'une seule variété de forme régulière; c'est le trioctonal, qui rappelle la figure du zircon dioctaèdre : ces cristaux sont rares et petits. Le plus ordinairement le mercure muriaté se trouve en concré- tions mamelonnées.
On le trouve particulièrement à Moschellandsberg en. Palatinat , à Almaden en Espagne.
Il nous manque une bonne analyse du mercure muriaté naturel, en sorte que l'on ne sait point encore si l'on doit l'associer au mercure doux ou au sublime corrosif, qui, comme on le sait, sont deux préparations pharmaceutiques.
73 MER
]M. ScT^e a décrit et analysé un mercure oxidé trouvé à Idria. H étoit, suivant lui, d'un rouge très-foncé ; sa cassure étoit fine et terreuse, et il sufilsoit de Texposer à une foible chaleur pour en voir suinter des gouttelettes de mercure roulant, dont il contenoit 90 pour cent. Depuis lors il n'a plus été question de cette espèce, qui sembloit se distin- guer du mercure sulfuré hépatique par sa plus grande pe- santeur spécifique qui étcif , suivant Brisson, de 9,25. (Journ. de phys. , 1784.)
Gise7?ie/2L
Les minerais de mercure se trouvent particulièrement dans les terrains secondaires , et irès-rarement dans les roches primordiales. C'est ordinairement dans les grès quarzeux et dans les grès analogues aux psammitcs houillers, ainsi que parmi les schistes bitumineux et les argiles endurcies, qu'on les rencontre en abondance ; ils sont quelquefois même ac- compagnés de débris de corps organisés, tels que des em- preintes de poissons, des coquilles fossiles, des bois silicifiés et de la houille proprement dite. J'ai observé ce dernier fait au Potzberg dans l'atelier de Drey-Kœnigszug. Ces grès , ces schistes bitumineux , ces argiles durcies , plus ou moins ferrugineuses, contiennent le mercure à l'état de sulfure et à Tétat natif; ils en sont plus ou moins pénétrés, suivant leur richesse , et ils forment quelquefois des bancs ou des couches multipliées d'une très-grande épaisseur, tandis que dans les terrains anciens et même primitifs, puisque Ton en cite qui accompagnent l'étain , ces mêmes minerais ne se ren- contrent qu'en très-petite quantité. En général, le mercure est un métal peu répandu dans la nature, et les mines qui le fournissent sont assez rares.
Les principales exploitations sont celles d'Idria en Frioul, au comté de Goritz. Elles furent découvertes en 1497 , et le principal minerai qu'on y exploite , est le sulfure bitumi- neux, que nous avons décrit à la' suite du mercure sulfuré pur. Les travaux de cette mine sont poussés jusqu'à la pro- fondeur de deux cent soixante mètres, plus de huit cents pieds. Le produit en mercure métallique ou coulant peut îï'éîever jusqu'à six mille quintaux métriques; mais, pour t-u
xMER 79
maintenir la valeur, le gouvernement autrichien en a res- treint le produit à quinze cents quintaux métriques. L'in- cendie mémorable de i8o3 fut si funeste à ces mines, que l'on ne parvint à éteindre le feu qu'en submergeant tous les travaux souterrains, et le mercure sublimé, dans cette ca- tastrophe , occasiona des maladies et des trembleniens ner- veux à plus de neuf cents personnes des environs.
Après les mines d'idria viennent celles d'Almaden, prc- vince de la Manche en Espagne, qui sont peut-être même plus riches que les premières, mais dont l'exploitation est moins active. L'on y exploite six filons de quatre à six mè- tres de puissance : leur produit moyen est de cinq mille quintaux métriques de mercure coulant; mais il s'est élevé, dit-on , jusqu'au double. Ces célèbres mines, près desquelles sont encore celles de Las Cuebas let à'Almadenejos , étoient connues des Romains : on présume même que ce sont elles que Pline désigne sous le nom de mines du territoire de Sisa- pone. Le nom d'Almaden, donné par les Maures au chef-lieu actuel des exploitations, signifie dans leur langage puits des mines. Ces belles mines, après avoir fait partie de l'apanage des chevaliers religieux de Calatrava, qui avoient aidé à chasser les Maures , furent affermées aux fameux Fugger , négocians d'Augsbourg, puis exploitées au compte du Gou- vernement, à partir de 1645 jusqu'à nos jours. Leur pro- duit est entièrement appliqué au traitement des minerais d'or et d'argent du nouveau monde.
Les mines du Palatinat , situées sur la rive gauche du Rhin , sans approcher de la richesse et de l'importance de celles d'idria et d'Almaden , méritent cependant toute l'at- tention du gouvernement qui s^ les possède; elles sont nom- breuses et variées dans leurs gisemens, et l'on y remarque particulièrement celles de Drey-Kœnigszug au Potzberg près Kussel , dont les travaux atteignent à plus de deux cents mètres, et dont le minerai est un grès très-pénétré de mer- cure sulfuré. J'ai trouvé moi-même au fond de cette mine et parmi le minerai des veinules de houille très- caractéri- sées , celles du Stahiberg et du Landsbcrg , près Obermoschel , etc. Le produit de ces mines est estimé à environ trois cents quintaux métriques par an.
So MER
Il existe encore en Hongrie, en Bohème et dans pluileur,* autres parties de l'Allemagne, quelques foibles exploitations de mercure, dont le produit total est évalué à environ trois à quatre cents quintaux métriques , année commune.
Quant au territoire François, l'on n'y connoît que de légers indices de ce métal, entre autres en Normandie, près de Saint-Lô, aux environs de La Mure, en Dauphiné, et dans l'ancienne mine d'Allemont près Grenoble. Celui de Mont-^ pellier est contesté par plusieurs naturalistes, et je suis de ce nombre; car j'ai vu dans la collection de feu Draparnaud un échantillon de ce prétendu minerai de mercure qui n'é- toit, bien certainement, qu'un morceau de mortier ou de dé- cembre, dans lequel il existoit en effet quelques gouttelettes de mercure.
Les mines de Guanca-Velica , au Pérou, sont d'autant plus intéressantes que les produits en sont directement em- ployés dans le traitement des minerais d'or et d'argent qui abondent dans cette partie de l'Amérique. Ces mines de mercure, exploitées depuis 1670, ont produit jusqu'en 1800 cinq cent trente-sept mille quintaux métriques de ce métal; mais le produit actuel des exploitations de ces contrées est par an de dix-sept à dix-huit cents quintaux métriques.'
On connoît beaucoup d'autres gîtes de mercure en Amé- rique, soit au Chili, soit au Mexique: mais il paroît que l'exploitation en est totalement négligée, puisque les mines d'Europe versent la plus grande partie de leurs produits en Amérique, et qu'on avoit eu recours, en 1782, au mercure qu'on extrait en Chine dans la province de L'Yun-nan. Nous ne parlerons point ici du mercure que l'on prétend retirer, à la Chine, des feuilles du poi/rpicr sauvage, quoique le père Dentrecolles prétende s'être assuré du fait près des lettrés et des savans chinois : il décrit même les manipula- tions ; mais ces procédés sont des plus absurdes. '
Le traitement métallurgique des minerais de mercure est assez simple. En général, quand le mercure sulfuré, qui est le plus commun, a été pulvérisé et quelques fois lavé, on
\ Helms , Itinéraire du Pérou.
7. De la Chine, par l'abbé Grosierj toni. 11. p. 214.
MER 81
l'introduit dans des cornues de fonte , de tôle ou même de grès, en le mêlant avec une égale proportion de chaux vive ; on place ces cornues dans des fourneaux à galère, qui en contiennent deux rangées; elles sont lutées à des récipiens extérieurs qui contiennent de l'eau, et, à mesure que le soufre abandonne le mercure pour se porter sur la chaux avec laquelle il a plus d'afïinité, le métal se condense dans les récipiens. Tel étoit le procédé employé aux mines du Palatinat, lorsque je les visitai en 1808. A Almaden et à Idria , la distillation se fait plus en grand , mais aussi d'une manière assez imparfaite; car on assure qu'il se perd une si grande quantité de mercure, qu'il tombe aux environs de l'usine et qu'on en trouve sur terre à une assez grande dis- tance. Le fourneau se compose de deux espèces de pavillons, séparés par une terrasse qui s'incline vers le milieu en forme de toit renversé. L'un des pavillons fait l'office de cornue ; on y chauffe le minerai sur une sole percée, qui donne pas- sage à la flamme du combustible placé au-dessous, et le mercure sublimé est conduit dans le pavillon opposé, qui sert de récipient, par plusieurs files d'aludèles en terre, lutées les unes aux autres , qui remplacent les tubes des petits appareils ordinaires : on voit que le tout consiste en une dis- tillation très en grand.
Quant au mercure natif, comme il n'est jamais fort abon- dant, il ne forme point seul l'objet d'une exploitation pro- prement dite; lorsqu'on en rencontre quelques amas, on se contente de le purifier en le filtrant à travers une peau de chamois.
Les procédés chinois, décrits dans l'Encyclopédie japo- noise, ont quelques rapports avec ceux des mines d'Europe: le cinabre (yn-tchu) est })lacé dans des vases clos que l'on chauffe, et le mercure natif ou coulant s'y purifie, en le filtrant aussi à travers une peau.
L'essai en petit des minerais de mercure se fait ordinaire- ment en mêlant de la limaille de fer avec le minerai pulvé- risé, et en chauffant le tout dans un creuset au-dessus du- quel on place un corps froid. Si le minerai en épreuve con- tient effectivement du mercure , ce métal se sublime eï s'attache à la lame de cuivre, par exemple, que l'on aur^ 3o. 6
82 MER
placée au-dessus du creuset. D'autres exploitans se servent d'un petit creuset de fer que Ton fait rougir, dans lequel on verse le minerai pulvérisé : on recouvre le tout d'une cloche de verre, et le mercure s'attache à sa surface inté- rieure sous la forme de gouttelettes.
La quantité de mercure métallique importée en France, pour les années 1816 et 1817 réunies, s'éleva à soixante-trois mille trois cent douze kilogrammes , dont la plus grande partie est consommée par les ateliers de bronze doré, dont il existe à Paris un grand nombre en pleine activité. A l'égard du vermillon , dont nous possédons aujourd'hui une fabrique à Paris même , l'importation s'est élevée, pour les deux mêmes années, à dix-sept mille deux cent soixante et dix-sept kilogrammes , et l'on sait cependant que son principal usage est de servir à colorer la cire à cacheter.
Le mercure a encore d'autres usages aussi répandus que variés. Il entre dans la construction de plusieurs instrumens d'observations de chimie, de physique et de météorologie. Sa pesanteur, la pureté et l'homogénéité auxquelles on peut l'amener facilement, et sa liquidité, lui donnent des pro- priétés qu'aucun autre corps ne présente à un degré aussi éminent ou aussi commode.
Il a une puissante action sur l'économie animale. Le mer- cure agit fortement sur le système nerveux , et occasionne des Iremblemens , difficiles à guérir, sur les ouvriers qui l'em- ploient dans leurs travaux et sur ceux qui travaillent dans les mines au traitement métallurgique de ce métal. La médecine a su profiter de cette puissante action pour le faire entrer dans un grand nombre de médicamens très- efficaces , lors- qu'on sait les employer avec les précautions convenables. (Brard.)
MERCURE. (Chim.) Corps simple compris dans la 5." sec- tion des Métaux. (Voyez Corps, tomeX, page 5ii.)
Le mercure est solide à — Zjo^, la pression de l'atmosphère étant égale à celle d'une colonne de mercure de o™,76o ; Àl entre en ébuUition à 3Co : il est donc liquide dans un espace de température de 4oo'\
Suivant MM. Dulong et Petit, de o à loo*^, il se dilate de 7^7 de son volume à zéro, ou pour chaque degré centigrade
MER 83
A zéro , sa densité est de 13,598207.
Lorsqu'on veut opérer la congélation du mercure , on prend deux kilogrammes d'hydroclilorate de chaux cristallisé et réduit en poudre : on les mêle dans une terrine avec un kilogramme de glace pilée ou de neige. Le sel, la glace ou la neige et la terrine doivent avoir été préalablement refroidis à quelques degrés au-dessous de zéro. On plonge dans le mé- lange 25°" de mercure renfermés dans un petit matras de verre. La congélation s'opère. Si on n'attend pas qu'elle soit complète, et qu'on décante la portion qui est restée liquide, on obtient le mercure cristallisé en octaèdres. Le mercure à l'état solide, mis sur la peau , produit une sensation analogue à celle d'un corps brûlant; il gèle les parties sur lesquelles il est appliqué. Le mercure solide a une ductilité sensible, lorsqu'on le frappe sur une enclume refroidie et avec un marteau également refroidi.
Au moment où le mercure se congèle, il éprouve une contraction de volume assez forte ; c'est ce qui a fait croire aux premiers observateurs qu'il exigeoit, pour se geler, une température inférieure à 40 .
Le m.ercure liquide a un éclat vif. Sa couleur est le blanc tirant très-légèrement au bleuâtre. C'est un excellent miroir.
Quoiqu'il n'ait aux températures ordinaires qu'une tension très-foible, cependant on démontre que, si on met une cen- taine de grammes de ce métal dans un flacon d'un litre, et qu'on suspende une feuille d'or dans l'atmosphère du vaisseau, cette feuille finit par se convertir en amalgame , suivant l'observation de M. Faraday.
C'est un excellent conducteur de la chaleur et de l'élec- tricité.
Il n'a ni odeur ni saveur sensibles.
Il existe deux oxides de mercure.
A la température ordinaire, le mercure sec et en masse tranquille ne se combine point sensiblement à l'oxigène ; cependant il paroît qu'il est susce|)tible d'en dissoudre une petite quantité, soif que l'oxigène soit dans le même état que l'air dissous dans l'eau, soit qu'il ait formé, avec une portion de mercure , un oxide qui est dissous dans la por- tion du métal qui ne s'est pas oxidée.
84 MER
Le mercure agité continuellement, pendant plusieurs joUrs, dans un flacon avec de l'air, se convertit en une poudre noire, appelée éthiops per se. Cette matière a été considérée par beaucoup de chimistes comme un protoxide , tandis qu'elle l'a été par d'autres comme un métal simplement divisé.
A une température voisine de celle où le mercure entre en ébullition , il se combine à l'oxigéne de l'air et se con- vertit en petites paillettes rouges de peroxide.
L'eau n'a aucune action sur le mercure ; cependant elle favorise la conversion de ce métal en poudre noire, surtout si elle est unie à une matière organique qui lui donne de la viscosité. L'eau qu'on a fait bouillir sur le mercure , acquiert des propriétés vermifuges; cependant, si on pèse le mercure après l'opération , on ne trouve pas qu'il ait diminué sensi- blement de poids.
A la température ordinaire le mercure s'unit au chlore; à une température suflisamment élevée, ces corps se combi- nent en dégageant une lumière rouge pâle : le produit est du perchlorure.
L'iode s'unit au mercure à la température ordinaire en deux proportions: le protoiodure est jaune, le periodurc est rouge.
L'azote ne s'y unit pas.
Le mercure s'unit au soufre en deux proportions, suivant la plupart des chimistes, et en une seule, suivant M. Gui- bourt.
Lorsqu'on triture 4 parties de soufre et 1 partie de mer- cure dans un mortier, on obtient une poudre noire , que les anciens nommoient éthiops minéral par trituration. Dans l'état actuel de la science , Il est assez diflicile de dire s'il y a du sul- fure de mercure tout formé dans ce produit. Il est certain qu'il contient une très-grande quantité de soufre à l'état desimpie mélange , ainsi que du mercure divisé.
Si on fait tomber une ]^luie de mercure sur une masse de soufre égale à la sienne , tenue en fusioif dans un vaisseau de terre non vernissé ; si on remue les substances avec une spatule de fer, et qu'on les chauffe ensuite doucement, on obtient une matière qui étoit connue des anciens sous le
MER SS
nom d'éthiops par fusion. Il est vraisemblable que cette ma- tière est du sulfure de mercure, plus du soufre. Par la subli- mation elle donne du cinabre.
Le phosphore ne s'unit pas au mercure métallique. Il en est de même du bore, du carbone et de Thydrogène.
La plupart des métaux forment, avec le mercure, des com- binaisons qui sont appelées des amalgames. Le manganèse , le fer, le cobalt, le nickel, le rhodium, ne s'y combi- nent pas.
Le mercure n'éprouve aucune action de la part des acides borique et carbonique , quel que soit l'état dans lequel on les lui présente. Il en est de même des acides hydrophtorique, hydrochlorique , phosphorique et sulfureux.
A froid , l'acide sulfurique concentré n'a pas d'action sur le mercure ; mais, à chaud, il se dégage de l'acide sulfureux. Si le mercure est en excès , et si l'ébullition n'est pas prolon- gée, on obtient du sulfate de protoxide. Dans le cas con- traire , on obtient du sulfate de peroxide.
L'acide nitrique, à 3o'', dissout le mercure à froid; il se dégage du gaz nitreux , et le métal s'oxide au minimum.
L'acide nitrique, à '5ç^, bouillant, et l 'cide nitrique plus concentré , forment avec le mercure du nitrate de peroxide.
L'acide hydriodique , à froid , est décomposé par le mer- cure. Celui-ci, en se combinant à l'iode, met l'hydrogène en liberté.
L'acide hydrosulfurique est aussi décomposé, mais plus len-. tement. On observe que, si on bat le mercure avec de l'eau hydrosulfurée , il faut un temps assez long pour décomposer la totalité de l'acide, parce que la portion qui se, réduit en hydrogène, entraîne avec elle une certaine quantité d'acide hydrosulfurique.
L'ammoniaque n"a pas d'action sur le mercure. Seulement , lorsque celui-ci est mal-propre, il le rend brillant. Fourcroy pense que dans ce cas l'hydrogène d'une portion d'ammO" Iliaque réduit de l'oxide de mercure.
J'ai observé que l'eau de potasse concentrée, mise sur du mercure qui est renfermé dans du gaz oxigène,. détermine Voxidation du métal.
86 MER
OxiDES DE MERCURE.
Protoxide.
Cuibourt. Serstroem.
Oxigène 4,5 0,99
Mercure 100 1 00.
Cet oxide ne peut être séparé de ses combinaisons salines au moyen de la potasse ou de la soude, sans se réduire en peroxide et en mercure coulant, qui reste interposé entre les parties du peroxide ; c'est parce que le peroxide est mêlé avec du mercure , que le précipité qu'on obtient , en traitant par la potasse le nitrate de protoxide de mercure ou le pcrchlo- rure de ce métal, est d'un brun noir. Il suffit de presser ce précipité lavé dans un mortier d'agate avec un pilon , pour apercevoir des globules de mercure. C'est à M. Guibourt que nous devons cette observation intéressante.
Peroxide de mercure.
|
Sefstroein. |
||
|
Oxigène. . . . Mercure |
8 .. . 100 .. |
••• 7,99 ... 100. |
On peut le préparer,
1.° En chauffant le mercure dans desmatras ouverts à fond plat , qui sont placés dans une galère : ces matras étoient appelés autrefois enfer de Boyle. L'oxidation se fait aux dé- pens de l'air, mais elle exige de vingt jours à un mois. L'oxide préparé par ce procédé est le mercure précipité per se des an- ciens. Ils lui avoient donné ce nom , parce qu'il avoit perdu son état métallique sans l'addition apparente d'aucun corps.
2." En chauffant au bain de sable du protonitrate ou du pernitrate de mercure dans des matras ou des fioles à mé- decine, jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de gaz rutilant. L'oxide préparé de cette manière étoit connu autrefois sous le nom de précipité rouge. Suivant que les nitrates sont en poudre ou en petits feuillets cristallins, l'oxide de mercure est en poudre jaune tirant plus ou moins sur l'orangé , ou en petites paillettes cristallines d'un rouge orangé plus ou moins vif, ainsi que M. Vauquelin et M. Gay-Lussac l'ont observé.
MER 87
3." En décomposant les sels de peroxide de mercure par la potasse, la soude, etc., le précipité est un hydrate jaune.
Cristallise , il est rouge-orangé ; pulvérisé , il est jaune.
Il a une saveur métallique très-prononcée qu'il coramu- 'nique à l'eau, dans laquelle il est légèrement soluble. Cette solution verdit le sirop de violette ; elle devient brune par son mélange avec l'eau hydrosulfatée. L'ammoniaque y fait un précipité d'amnoniure.
L'ammoniure de peroxide de mercure, exposé à la chaleur, donne, i." de l'ammoniaque ; 2." de l'eau; 3.° de l'azote ; 4.° du mercure ; 5.° de l'oxigène. 11 paroît que, dans l'ammoniure de mercure, l'ammoniaque contient une quantité d'hydrogène capable de neutraliser l'oxigène du peroxide ; car M. Gui- bourt, qui a observé les faits précédens, a vu que 108 par- ties de peroxide donnent 114,7 parties d'ammoniure : par ie calcul, on trouve ii3,7.
Le peroxide de mercure , exposé à une chaleur insuffisante pour le décomposer, devient d'un rouge violet brun. Par le refroidissement il reprend sa première couleur.
Il se réduit en mercure et en oxigène quand il est chauffé au rouge -brun.
Il est réduit avec une grande facilité par l'hydrogène, le carbone, le soufre , le phosphore, etc. Il faut opérer ces ré- ductions avec prudence, parce qu'il y a souvent détonation - c'est ce qui arrive eu particulier avec le soufre et le phos- phore.
Il réduit les hydrosulfates en sulfites.
Il est soluble dans l'acide hydrochlorique; mais, en éprou- vant une altération , il se produit de l'eau et du perchlorure de mercure.
Avec l'acide hydrocyanique il se conduit d'une manière analogue , car il se produit de l'eau et du cyanure de mercure.
Chlorures de 31ercure« Protochlorure de mercure. — Mercure doux.
Chlore 18
Mercure 1 uo
On peut préparer ce composé en précipitant le nitrate de protoxide de mercure dissous dans l'eau par une solution
88 MER
de chlorure de sodium, aiguisée d'acide hydrochlorique. On décante le liquide qui surnage sur le précipité, et on lave celui-ci avec de Teau.
II existe un autre procédé, que nous ferons connoître à l'article du perchlorure de mercure.
I.e protochlorure de mercure qui a été sublimé, est d'un blanc très-brillant; mais il brunit très-promptcnient par son exposition a la lumière.
Réduit en poudre, il est de couleur citron pâle.
Il est presque insipide.
Il est légèrement purgatif.
Rouelle estime qu'il faut 1 162 parties d'eau bouillante pour en dissoudre 1 de protochlorure ; mais il paroit qu'une por- tion est réduite en mercure et en perchlorure.
Il est volatil.
l,e chlore, en s'y combinant, le couA^ertit en perchlorure.
L'acide nitrique bouillant le dissout avec effervescence. Par le refroidissement on obtient du perchlorure, et il reste du nitrate en dissolution.
Le protochlorure d'étain le réduit en mercure, en s'empa- rant de son chlore.
La potasse, la soude humectée le réduisent en matière noire formée d'un mélange de peroxide et de mercure. Ces bases sont converties en chlorure.
Perchlorure de mehcure. — Sublimé corrosif.
Chlore 56
Mercure. 100
Il y a un grand nombre de procédés pour préparer ce com-^ posé; mais les deux suivans sont préférables aux autres.
1.° On remplit un matrasau tiers de sa capacité d'un mélange de parties égales de nitrate de mercure sec , de sulfate de ïet' sec et de chlorure de sodium. On élève graduellement la tem- pérature du mélange jusqu'au rouge. On obtient du gaz azote et du gaz nitreux , du perchlorure de mercure sublimé, et un résidu de sulfate de soude et de peroxide de fer. Dans cette opération le sodium et le protoxide de fer s'oxident aux dé- pens de l'acide nitrique et de l'oxide de mercure ; le chlore s'unit au mercure, tandis que la soude produite se combinff à l'acide sulfurique.
MER 89
2.* On fait bouillir 5 parties d'acide sulfiirique concentré sur 4 parties de mercure , jusqu'à ce qu'il reste 5 parties de sul- fate de mercure. On mêle ce sulfate avec 4 parties de chlo- rure de sodium et 1 partie de peroxide de manganèse. On introduit 1 Vl kilog. de ce mélange dans un matras à fond plat de trois litres de capacité, et ou chauffe au bain de sable , pendant quinze à dix-huit heures; à la lin de l'opération , le fond du matras doit être porté au rouge. Par ce moyen le perchlorure de mercure sublimé éprouve un commen- cement de fusion , qui lui donne le degré de compacité exigé par le commerce. Dans cette opération le sodium s"oxide aux dépens d'une portion de l'oxigène du manganèse et aux dépens de l'oxigène du mercure ; la soude produite s'unit à l'acide sulfurique, tandis que le chlore et le mercure réduit se subliment à l'état de perchlorure.
Le perchlorure de mercure sublimé est en pains lamelleux ou en aiguilles d'un beau blanc , qui ne s'altèrent pas par le contact de la lumière, ainsi que cela arrive au protochlorure de mercure.
Réduit en poudre il est blanc.
Il a une saveur métallique astringente excessivement forte. C'est un violent poison ; il corrode l'estomac et les intestins.
Par une sublimation lente il cristallise en prismes acicu- laires. Sa vapeur est excessivement délétère.
Il exige 5 parties d'eau bouillante et 20 parties d'eau froide pour se dissoudre. Lorsqu'il se sépare lentement de l'eau , il est sous la forme de belles aiguilles satinées.
Il est soluble dans l'alcool , surtout dans l'alcool bouillant.
Les acides sulfurique, nitrique, hydrochlorique le dissol- vent sans le décomposer.
Le charbon ne l'altère pas.
A chaud, l'hydrogène en sépare le chlore, ainsi que la plupart des composés organiques hydrogénés.
Le phosphore se comporte de la même manière : c'est même un moyen de se procurer le chlorure de phosphore, eu supposant que le phosphore soit en excès.
Plusieurs métaux lui enlèvent le chlore : tels sont l'arsenic , Vétain, le bismuth, l'antimoine.
La potasse, la soude, la baryte, la strontiane , la chaux
90 MER
décomposent le perchlorure de mercure dissous dans l'eau. Si les alcalis sont en excès, le précipité est un hydrate de per- oxide qui est jaune. Dans ce cas le mercure s'oxide aux dé- pens de l'oxigène de la base alcaline , ou aux dépens de l'oxigène de l'eau , suivant qu'il se produit un chlorure ou un hydrochlorate alcalin soluble. Si les alcalis ne sont pas employés en excès , le précipité , au lieu d'être jaune , est rouge de brique. On peut le considérer comme une espèce de sel dans lequel du perchlorure de mercure fait fonction d'acide, et du peroxide de mercure fait fonction de base.
La solution de perchlorure de mercure , précipitée par l'eau de chaux, en excès, présente un mélange de peroxide de mercure hydraté et de solution d'hydrochlorate de chaux et de chaux , qui étoit appelé par les anciens eau plwgédé- nique.
L'ammoniaque précipite le perchlorure de mercure en une poudre blanche, qui, d'après l'examen de M. Guibourt, paroîtroit une espèce de sel double, formé, i.° d'am- moniaque, qui est neutralisée par du perchlorure de mer- cure , faisant fonction d'acide ; 2.° d'ammoniaque unie à du peroxide de mercure, faisant fonction d'acide. Suivant M. Guibourt, les deux sels contiennent des quantités égales de mercure et d'ammoniaque : une conséquence de ces propor- tions est que les compositions équivalentes de cette espèce de sel double sont : i.'' protochlorure de mercure —I— oxi- gène -f- ammoniaque ; 2.° protoxide de mercure -+- chlore -4- ammoniaque ; 3.° eau -f- acide hydrochlorique -+- mer- cure-f- azote.
La chaleur appliquée au composé précédent le convertit en ammoniaque, en eau, en azote , en protochlorure mêlé d'une petite quantité de perchlorure , en oxigène et en mercure.
L'iiydrochlorate d'ammoniaque peut se combiner avec le perchlorure de mercure ; c'est cette union qui rend le per- chlorure plus soluble dans l'eau qui contient de l'hydro- chlorate d'ammoniaque, que dans l'eau pure.
Lorsqu'on chaufie convenablement parties égales de per- chlorure de mercure et d'hydrochlorate d'ammoniaque dans une fiole, on obtient, suivant M. Thénard . 1.° un sublimé
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très-soluble dans l'eau , qui contient de l'hydrochlorate d'am- moniaque et du perchlorure de mercure; 2." un résidu qui exige plus de chaleur pour se volatiliser que le sublimé pré- cédent, et qui en diffère en ce qu'il est moins soluble dans l'eau et qu'il contient plus de perchlorure de mercure.
Lorsqu'on ne verse qu'une petite quantité d'acide hydro- sulfurique dans la solution de perchlorure de mercure, on obtient un précipité d'un blanc grisâtre , dans lequel MM. Fourcroy et Thénard ont trouvé du soufre et de l'acide mu- riatique. M. Guibourt regarde ce précipité comme un chloro- sulfure de mercure,
Phtorure de mercure.
Voyez tome XXII, p. 267.
lODURES DE MERCURE.
Ils sont au nombre de deux.
Protoiodure de mercure.
Iode X
Mercure 1 00
On le prépare en versant de l'hydriodate de potasse dans le nitrate de protoxide de mercure. L'acide nitrique s'unit à la potasse, tandis que l'acide hydriodique et le protoxide de mercure forment de l'eau et du protoiodure de mercure. Il est jaune et insoluble dans l'eau et l'alcool. Si on le chauffe lentement, il se convertit en mercure et en periodure.
Periodure de mercure.
Iode 2x
Mercure 100
On le prépare en décomposant la solution de perchlorure de mercure par l'hydriodate de potasse. Dans ce cas le chlore s'unit au potassium , tandis que l'hydrogène de l'acide hydrio- dique s'unit à l'oxigène de la potasse.
Il est d'un très -beau rouge : ce qui est remarquable, c'est que par la chaleur il devient jaune.
il est fusible et susceptible de se sublimer en lames rhom- boidales.
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Il est insoluble dans l'eau.
II est soluble dans Thydriodate de potasse, les sels mercii- riels, les acides et Falcool.
Sulfures de mercure.
PROTOSULFUilE DE MERCURE. Guibourt.
Soufre 8,2
Mercure .... loo Telle est la proportion du soufre au mercure dans le pré- cipité noir qu'on obtient en versant de l'acide hydrosulfu- rique dans du nitrate de protoxide de mercure. M. Guibourt , qui a examiné ce précipité, le considère comme un mélange de mercure et de sulfure de mercure rouge, par la raison qu'en le comprimant on fait sortir de l'intérieur de la masse des globules de mercure. Ce précipité chauffé se réduit en mercure, et en sulfure de mercure rouge.
Persulfure de mercure. — Cinahre.
Guibourt.
Soufre ] 6
Mercure loo
Lorsqu'on décompose la solution de perchlorure de mer- cure par l'acide hydrosulfurique en excès, on obtient un précipité noir comme le précédent; mais il ne peut être confondu avec ce dernier, parce que la compression n'en fait pas suinter de mercure, çt que la sublimation le change complètement en sulfure rouge. M. Guibourt pense que, s'il n'est pas rouge avant la sublimation , cela tient à l'interpo- sition de quelques atomes de matières étrangères : car il dit avoir obtenu du sulfure rouge de la précipitation im- médiate du perchlorure de mercure par l'acide hydrosulfu- rique.
Il seroit curieux de rechercher si le sulfure noir, qui se produit dans la réaction du mercure sur un hydrosulfate de potasse sulfuré, et qui est susceptible de se dissoudre dans i'hydrosulfate de potasse pur, est du protosulfure de mer- cure ou du persulfure : quel que fût le résultat, il seroit
MER 93
important, 1.° parce que, si c'étoit un protosulfure comme on l'a cru jusqu'à M. Guibourt, il ne seroit pas exact de dire, avec ce chimiste, qu'il n'existe qu'un seul sulfure; 2.° parce que, dans le cas où il seroit un persulfure, cela prouveroit que ce composé, lorsque ses molécules sont disposées de ma- nière à absorber la lumière blanche, jouit d'une propriété chimique différente de celle du sulfure de mercure rouge : car, suivant M. Proust, le sulfure de mercure noir est soluble dans les hydrosulfates alcalins, tandis que le sulfure rouge y est insoluble. Dans ce cas, ce seroit un exemple à ajouter à ceux qui prouvent combien la disposition des molécules peut exercer d'influence sur les propriétés des combinaisons.
Pour fabriquer le persulfure de mercure en grand, on fait fondre 1 partie de soufre dans une chaudière en fonte, puis on presse au-dessus une peau de chamois qui contient 4 parties de mercure; le métal tombe en pluie fine à la sur- face du soufre : on agite, pour faire un mélange intime; et, enfin , on recouvre la chaudière d'un chapiteau dans lequel on reçoit la combinaison, que l'on échauffe assez pour la sublimer.
En chauffant du mercure avec du sulfure hydrogéné de potasse, on peut encore préparer du persulfure de mercure rou^e.
l,e cinabre sublimé est en aiguilles parallèles, brillantes, d'un violet pourpre. Quand il est réduit en poudre fine, qu'il a été traité par l'eau, puis séché, il présente une belle poudre rouge, qui est employée en peinture et comme cos- métique sous le nom de vermillon.
Sa densité est de 10.
Le cinabre est volatile, comme je l'ai dit; mais, s'il est ex- posé à une température trop élevée, il détone et se réduit en soufre et en mercure.
Il est insipide et inodore.
L'eau et les acides sulfurique et hydrochlorique n'ont point d'action sur lui.
L'oxigène froid ne l'altère pas; mais, si la température est élevée, le soufre se convertit en acide sulfureux, et le mer- cure est mis en liberté.
Le chlore l'enflamme.
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L'eau régale bouillante le convertit en acide sulfurique et en perchlorure de mercure.
Le cinabre distillé avec la moitié de son poids de limaille de fer se décompose, le mercure se dégage, et il se pro- duit dii sulfure de fer : le plomb-, l'antimoine le décomposent également par la distillation ; il en est de même de la po- tasse, de la soude, de la chaux.
Phosphure de mercure.
Pelletier dit avoir formé du phosphure de mercure en chavffant dans une cornue de l'oxide rouge de mercure avec du phosphore : une portion du phosphore fut employée à désoxider le mercure.
Ce composé est noir, assez solide, susceptible de se cou- per au couteau. Il répand à l'air des vapeurs qui ont l'o- deur du phosphore.
M. H. Davi a obtenu du phosphure de mercure en chauf- fant fortement du phosphore avec du protochlorure de mer- cure : suivant lui, le phosphure de mercure est couleur de chocolat, et infusible à 36o degrés.
Hydrure de mercure ammoniacal.
Pour former cette combinaison , on met du mercure dans une coupelle d'hydrochlorate d'ammoniaque humectée, qui repose sur une lame de platine; on met le fil positif de la pile en communication avec le platine, tandis qu'on fait plonger le fil négatif dans le mercure. Peu à peu le mer- cure augmente de volume et s'épaissit, en conservant son brillant métallique. Le maximum de l'effet est produit, quand le volume du mercure est quintuplé ou sextuplé. Dans cette opération il se dégage du chlore et de l'oxigéne au pôle positif.
Le même composé est produit avec tous les sels ammo- niacaux humectés, et lors même qu'ils sont dissous dans l'eau.
C'est M. Séebeck qui observa le premier ces phénomènes en 1.808; on les a expliqtiés de deux manières.
1.° On regarde Pammoniaque comme l'oxide d'un métal appelé ammonium. Dans Pexpérience précitée le sel ammo-
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iiiacal est décomposé; le chlore de Tacide hydrochlorique c£ i'oxigène de Tammoniaque A^ont au pôle positif, tandis que l'ammonium réduit va au pôle négatif, oii il s'amalgame avec le mercure. Cette explication est de MM. Berzelius et Pontin.
2° Dans la seconde manière d'expliquer les faits, on dit que sous l'influence électrique le sel ammoniacal est décom- posé , le chlore de l'acide et I'oxigène de l'eau qui humecte le sel ammoniacal vont au pôle positif, tandis que l'ammo- niaque et l'hydrogène de l'eau décomposée vont au pôle né- gatif, où , à l'état naissant, ils s'unissent au mercure. Cette ex- plication est de MM. Gay-Lussac et Thénard.
Entre 21 et 26 , l'hydrure de mercure ammoniacal a la consistance du beurre: à zéro, il est dur et cristallisé en cubes : sa densité est généralement inférieure à 5 ; il occupe 5 fois plus' de volume que le mercure qu'il contient.
Exposé à l'air, il se recouvre d'une poudre de pur car- bonate d'ammoniaque.
Si on le verse dans un petit flacon long et étroit, parfaite- ment sec, et si on l'y agite après avoir fermé le vaisseau, le composé est réduit en mercure , en gaz hydrogène et en gaz ammoniacal. MM. Gay-I.ussac et Thénard ont observé qu'il ne disparoit pas d'oxigène atmosphérique pendant l'ac- tion. Le composé ne peut subsister que sous l'influence élec- trique.
Pour expliquer le dégagement d'hydrogène , dont nous venons de parler , dans l'hypothèse 011 l'on admet l'ammo- nium, il faut nécessairement supposer que l'hydrure de mer- cure ammoniacal contient assez d'eau pour que celle-ci, en oxldant l'ammonium, forme l'ammoniaque, et donne lieu au dégagement d'hydrogène qu'on observe dans la décomposition de l'hydrure. Or, toutes les tentatives que MM. Gay-Lussac et Thénard ont faites pour reconnoître l'existence de l'eau dans l'hydrure, ont été absolument infructueuses.
L'alcool, Téther, dont les molécules sont très- mobiles, décomposent sur-le-champ l'hydrure de mercure ammoniacal : ce qui prouve que c'est à l'extrême mobilité des particules de ces liquides qu'il faut attribuer la décomposition instan- tanée, c'est que l'hydrure reste quelques minutes au milieu de l'air, quand celui-ci est en repos absolu; tandis que, s'il
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est agité, il se décompose instantanément. Les mêmes phé- nomènes ont lieu avec l'eau et l'acide sulfurique , suivant l'observation de MM. Gay-Lussac et Thénard.
Il est remarquable que l'hydrogène de ce composé ne se brûle pas, lors même que l'hydrure se décompose au milieu du chlore liquide.
MM. Gay-Lussac et Thénard pensent que 1800 p. en poids de mercure sont combinées à 1 partie d'hydrogène et d'am- moniaque.
Amalgames.
AmALGAjME de MAGNESIUM, AMALGAME DE CALCIUM, AMALGAME DE STRONTIUM, AMALGAME DE BARIUM, AMALGAxME DE LITHIUM.
On prépare tous ces amalgames en exposant aux pôles d'une pile énergique des mélanges humides de 1 p. de per- oxide de mercure , de 3 p. de magnésie ou de 3 p. de chaux, 5 p. de strontiane, 5 p. de baryte, 3 p. de lithine, de manière que le fil négatif plonge dans une cavité du mélange qui a été préalablement remplie de mercure, tan- dis que le fil positif est en contact avec une lame de platine sur laquelle ce mélange est immédiatement placé. (Voyez, pour les détails, le Supplément du volume II, pag. 18, au mot Barium.)
Tous ces amalgames sont blancs, brillans, plus denses que l'eau, qu'ils décomposent avec effervescence; le métal alcalin seul s'oxide : ils sont décomposés par la chaleur; le mercure se volatilise , et le métal alcalin reste fixe.
Amalgame de sodium.
On peut préparer cet amalgame, i." en décomposant, par l'électricité voltaïque de l'eau de soude très-concentrée qui surnage du mercure dans lequel plonge le pôle négatif de la pile; 2." en chauffant du sodium avec du mercure dans un tube de verre fermé à un bout : au moment de la combi- naison il y a un dégagement de chaleur et de lumière.
Il est remarquable qu'une partie de sodium suffit pour former un amalgame solide avec 80 p. de mercure.
Amalgame de potassium. Il se prépare de la même manière que le précédent.
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MM. Gay-Lussac et Tliénard ont observé qu'en chauffant 1 partie de potassium avec iZj5 p. de mercure dans un tube de verre, l'amalgame se fait dès que le potassium entre en fusion, et qu'il se dégage beaucoup de chaleur sans lumière.
Cet amalgame est liquide ; il ressemble au mercure : il se décompose, par la chaleur, en mercure et en potassium. A la température ordinaire il absorbe l'oxigène de l'air, qui se combine seulement au potassium.
Une partie de potassium et 72 p. de mercure font un amal- game blanc , solide à la température ordinaire, très-fusible, cristallisable, et qui a des propriétés analogues à celles du précédent (Gay-Lussac etThénard).
L'amalgame liquide de potassium, mis dans une coupe d'hydrochlorate d'ammoniaque humectée d'eau, présente les phénomènes suivans, qui ont été observés pour la première fois par M. H. Davy. L'amalgame s'épaissit, prend un volume 6 à 7 fois plus grand que celui qu'il avoit avant l'expérience. Le nouveau composé est, pour M. Berzelius, un amalgame de potassium et d'ammonium, et, pour MM. Gay-Lussac et Thénard , un hydrure de mercure ammoniacal uni au potas- sium.
M. Berzelius explique ainsi les phénomènes. Une portion, de potassium de l'amalgame s'empare de l'oxigène de l'am- moniaque-, il en résulte d'une part de la potasse, et d'une autre part de l'ammonium, qui s'unit au mercure et à la portion de potassium qui ne s'est pas brûlée.
MM. Gay-Lussac et Thénard expliquent autrement les mêmes phénomènes. Une portion de potassium s'oxide aux dépens de l'eau ; la potasse produite décompose une partie du sel ammoniacal; l'ammoniaque mise en liberté, ainsi que l'hydrogène provenant de l'eau décomposée , s'unissent simul- tanément au mercure et à la portion de potassium qui n'a pas brûlé.
Le composé dont nous parlons, diffère de l'hydrure de mercure ammoniacal, en ce qu'il est stable. 11 conserve sa stabilité tant qu'il contient du potassium. MM. Gay-Lussac et Thénard ayant mis ce composé, parfaitement sec, dans tine petite cloche presque entièrement pleine de mercure qui avoit bouilli, et dans laquelle un amalgame de potassium 3o. 7
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pouvoît être agile sans se décomposer; puis ayant fermé la cloche avec un obturateur, et l'ayant renversée dans du mer- cure bien sec , ont vu qu'en agitant la cloche l'amalgame étoit décomposé en amalgame de potassium, qui resloit dissous dans le mercure, et en gaz ammoniaque et hydrogène. Ces gaz éloîcnt l'un à l'autre :: 2,5 : i.
Dans l'expérience précédente, on conçoit que la décom- position de l'hydrure s'opère, parce que le potassium, qui le rend stable, perd son énergie en se dissolvant dans une grande quantité de mercure.
Amalgame d'étain.
Une partie d'étain et i p. de mercure forment un amal- game blanc , brillant , solide.
Une partie d'étain et 5 p. de mercure forment un amal- game mou , qui est susceptible de cristalliser.
Une partie d'étain et lo p. de mercure font un amaîgame liquide, ayant l'éclat du mercure ; mais il en diffère par moins de mobilité.
Tous ces amalgames se préparent en exposant les deux mé- taux à une douce chaleur.
Tous sont décomposables par une chaleur rouge suffisam- ment élevée pour vaincre l'affinité mutuelle des métaux. On doit considérer les amalgames blancs liquides comme des dissolutions d'un amalgame cristallisable à proportions fixes dans un excès de mercure.
C'est avec l'amalgame d'étain qu'on rend les glaces capa- bles de réfléchir les images des objets placés devant la sur- face qui n'est pas étamée. Pour cela , on met une feuille d'étain sur un plan horizontal , on la recouvre d'une couche de mercure, qui s'y amalgame par sa surface inférieure ; on fait ensuite glisser horizontalement une glace sur la feuille d'étain : par ce moyen on expulse la plus grande partie du mercure non amalgamé de dessus la feuille d'étain ; on achève d'expulser le reste en chargeant la glace de poids. L'amalgame adhère bientôt très-fortement au verre. Pour réussir, le verre doit être bien sec; car l'humidité est une cause qui. non -seulement s'oppose à l'adhésion de l'amal- game, mais qui peut détacher celui qui a été appliqué sur un verre sec,
MER 99
Amalgame de zinc.
Si Ton verse tlu mercure sur du zinc chauffé à 3oo envi- ron, la combinaison s'opère.
Une partie de zinc et un huitième de mercure donnent un amalgame cassant.
Une partie de zinc et 2,5 p. de mercure donnent un amal- n-amc solide, cassant, susceptible de cristalliser.il est employé, comme l'or musif , pour augmenter le développement de l'é- lectricité par frottement. C'est Higgins qui l'a pi-escrit le premier, en 1778, pour cet usage.
Amalgame d'arsenic. Bergman dit avoir obtenn un amalgame d'arsenic formé d'une p. d'arsenic et de 5 p. de mercure , de couleur grise , en tenant pendant plusieurs heures sur le feu du mercure avec de l'arsenic réduit en poudre fine.
Amalgame d'antimoine. L'antimoine fondu, versé dans du mercure chauffé à 540 , s'y combine. Cet amalgame paroît se décomposer facilement.
Amalgame de bismuth.
Ces deux métaux s'unissent à froid par trituration ; mais la combinaison est plus rapide si la température est élevée.
L'amalgame d'une partie de bismuth et de 2 p. de mer- cure est mou au moment où il vient d'être fait; mais avec le temps il prend de la consistance : il est susceptible de cristal- liser.
Une partie de bismuth et 5 p. de mercure font un amal- game liquide, qui a la faculté de dissoudre 1 p. de plomb. Cet amalgame triple peut être passé à travers la peau de chamois; mais il diffère du mercure, en ce qu'il fait la queue, c'est-à-dire qu'il ne forme plus de globules sphériques quand on le divise sur un plan de verre.
Amalgame de tellure. Cet amalgame se prépare en triturant les deux métaux dans un mortier de silex.
Amalgame de cuivre. A froid, le cuivre ne s'amalgame que difficilement au
loo MER
mercure; maïs à chaud l'union se fait bien. Elle réussit, en mettant du mercure dans une capsule de porcelaine, avec une solution de sulfate de cuivre et des lames de fer; celles- ci précipitent du cuivre très-divisé , qui s'unit facilement au jncrcure à la température de 80 à 100 .
Cet amalgame est blanc ; il est mou d'abord , mais il prend à la longue beaucoup de consistance : c'est ce qui le rend propre à recevoir des empreintes.
Amalgame de floaib. L'union de ces deux métaux se fait facilement à froid, et à plus forte raison à chaud ; l'amalgame est blanc , brillant : il est susceptible de cristalliser quand le mercure n'est pas en excès.
Amalgame d'argent.
L'argent rouge de feu , plongé dans du mercure égale- ment chaud , s'y combine très-bien. L'amalgame est suscep- tible de donner des cristaux qui paraissent formés de 1 p. d'argent et de 8 p. de mercure. Ces cristaux sont peu solu- bles dans le mercure : aussi observe-t-on qu'en pressant dans une peau de chamois l'amalgame d'argent qui est avec excès de mercure, celui-ci se sépare en entraînant un peu d'argent, et l'amalgame reste dans la peau à l'état d'une ma- tière molle.
On peut préparer cet amalgame par la voie humide , en précipitant l'argent du nitrate par le mercure en excès.
Amalgame de platine.
Le mercure bouillant s'allie au platine, ainsi que Guyton l'a prouvé. Pour obtenir cet amalgame , le meilleur procédé consiste à chauffer avec le mercure de la mousse de platine. Cet amalgame est blanc, brillant : au moyen de la peau de chamois on peut en séparer le mercure en excès. L'amal- game mou qui reste dans la peau, prend à la longue de la consistance.
Amalgame d'or.
Quoique le mercure s'unisse à l'or aussitôt qu'il est en con- tact avec ce métal à la température ordinaire, cependant, pour préparer l'amalgame d'or, il est préférable de plonger
MER loi
de l'or rouge de feu dans du mercure chaud. On sépare l'a- malgame du mercure en excès au moyen de la peau de cha-r mois, comme on le fait pour l'amalgame d'argent. On ob- serve que le mercure filtré retient plus d'or ou plutôt d'a-f malgame d'or, que le mercure séparé de l'amalgame d'argent par le même procédé ne retient d'argent ou plutôt d'amal- game d'argent.
L'amalgame d'or qui reste dans la peau de chamois, est formé de i p. d'or et de '/, p. de mercure environ : il est blanc 5 il prend peu à peu de la dureté.
Cet amalgame est employé pour dorer l'argent et le laiton. Le procédé consiste essentiellement à appliquer l'amalgame sur des surfaces métalliques bien décapées, à chasser le mer- cure par la chaleur, et a donner ensuite à la dorure la cou^ leur qu'elle doit avoir : pour cela on la recouvre d'une bouil-r lie de nitre, d'alun , de chlorure de sodium ; on la fait chauft fer; on la lave à l'eau bouillante, et on l'essuie ensuite,
Usages.
Le mercure est un des métaux les plus précieux pour le physicien et le chimiste; car il seroit bien difficile de le remplacer dans la construction des baromètres, et s'il n'exis- toit pas, on ne pourroit obtenir les gaz solubles